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Le streaming ['stri:mIng][1] (du verbe anglais transitif to stream, << transferer en mode continu >>), flux[2], lecture en continu, lecture en transit, diffusion en continu[3] ou diffusion en mode continu[4], est un procede de diffusion d'un flux audio ou video en ligne en << direct >> ou en leger differe.
Tres utilise sur Internet et sur les reseaux de telephonie mobile, le streaming permet la lecture d'un flux audio ou video (cas de la video a la demande) a mesure qu'il est diffuse. Il s'oppose ainsi a la diffusion par telechargement de fichiers qui necessite de recuperer l'ensemble des donnees d'un morceau ou d'un extrait video avant de pouvoir l'ecouter ou le regarder.
Les flux audio et le flux video se distinguent de la radiodiffusion et de la telediffusion par leurs caracteristiques techniques : stricto sensu, la lecture en continu reste un telechargement car il y a un echange de donnees brutes entre un client et un serveur, mais le stockage est provisoire et n'apparait pas directement sous forme de fichier sur le disque dur du destinataire. Les donnees sont telechargees en continu dans la memoire vive, sont analysees a la volee par l'ordinateur ou le smartphone et rapidement transferees vers un ecran ou un lecteur multimedia (pour affichage), puis remplacees par de nouvelles donnees. Les flux audio ou video de streaming sont generalement fournis par des plateformes qui proposent des films, series (videos a la demande) ou morceaux musicaux.
Histoire
[modifier | modifier le code]Dans les annees 1920, le scientifique George O. Squier depose un brevet pour un systeme de transmission et de diffusion de signaux sur des lignes electriques qui se nommera plus tard Muzak. C'est la premiere technologie permettant d'ecouter de la musique en streaming[Information douteuse] sans l'usage de la radio[5]. Les decennies qui suivent ne voient que tres peu de progres se realiser en la matiere, la technologie etant tres couteuse et donc difficile a developper.
Dans les annees 1990, du fait de l'elargissement de la bande passante et l'amelioration de l'acces aux reseaux, ainsi que la generalisation de l'utilisation de protocoles tels que le http et le html et la commercialisation d'Internet, les tentatives de streaming sont nombreuses. Le , le groupe Severe Tire Damage (en) est le premier groupe a se produire en direct sur Internet depuis le Xerox PARC[6],[7],[8],[9],[10]. La bande est diffusee en direct en Australie notamment. En parallele, Microsoft developpe l'application Microsoft TV, testee avec Connectix QuickCam. En 1995, RealNetworks[11] diffuse un match de baseball entre les Yankees de New York et les Mariners de Seattle sur Internet. Le de cette meme annee, le cinema Paramount a Seattle accueille le premier concert symphonique diffuse sur Internet. En 2000, la premiere projection publique de cinema numerique d'Europe, par Philippe Binant, en France[12].
Developpement commercial
[modifier | modifier le code]En 1995, Microsoft developpe un lecteur multimedia connu sous le nom ActiveMovie, premiere version de ce qui sera plus tard la plateforme de diffusion de streaming Windows Media Player 6.4, elle-meme lancee en 1999. En , Apple se lance dans le streaming avec l'application QuickTime 4. Le streaming est ensuite generalise sur Internet avec des formats tels que RealPlayer et Windows media, faisant ensuite place a des sites specialises tels que YouTube et Dailymotion dans les annees 2000[13].
Apparition du live streaming
[modifier | modifier le code]La demande croissante des consommateurs de streaming conduit l'industrie a developper un certain nombre de technologies, dont le streaming en direct, aussi appele live streaming. En 2008, YouTube annonce l'arrivee de video en live streaming sur son site Internet : << le live streaming est quelque chose que nous souhaitions developper depuis de nombreuses annees, mais nous n'avions jamais eu les ressources pour le faire correctement. Desormais, avec Google, nous esperons pouvoir le faire cette annee >>[13]. En 2014, une etude de l'AISP denonce les derives du live streaming, apparemment cible privilegiee des hackers qui profiteraient des sites illegaux pour voler les donnees bancaires et personnelles des internautes[14].
Selon l'OCDE, fin 2014, le streaming video devait representer bientot 90 % du trafic Internet mondial[15].
Utilisation du streaming
[modifier | modifier le code]Une etude[16] a ete publiee en par Hadopi a partir de questionnaires en ligne sur la consommation journaliere des participants en biens culturels dematerialises : musique, films, series, jeux video, livres electroniques. Les resultats de cette etude montrent que le streaming est devenu la principale source de consommation des biens culturels.
Le streaming est devenu une methode de piratage tres repandue. Une grande partie du developpement des logiciels necessaires et de sites Internet a lieu en Europe, ou les frontieres nationales entre les pays permettent aux utilisateurs de capter les signaux de television de pays voisins sans pouvoir se rendre dans le site officiel des chaines TV en raison des restrictions contractuelles des diffuseurs. Notamment en raison des droits tele d'evenements sportifs comme la coupe du monde de football. Il peut aussi etre utilise pour regarder des films gratuitement.
<< D'une facon generale, les resultats mettent en valeur l'importance du streaming, pratique par 84 % des consommateurs (contre seulement 49 % pour le telechargement). La musique est de loin le bien culturel le plus consomme (plus de 23 titres par semaine et par consommateur, soit plus de 60 000 titres). Les films, les series, les livres et les jeux video sont consommes dans des proportions comparables entre elles : entre 2,4 et 5,7 biens par semaine et par consommateur. Les livres et les jeux video correspondent a une consommation plus isolee, pratiquee par bien moins d'internautes. Globalement, c'est la consommation gratuite qui s'impose significativement >>[17].
Pour la musique, 92 % des internautes interroges pour cette etude effectuee par Hadopi declarent etre alles sur un site licite ou/et labellise (YouTube, Deezer, Spotify, Dailymotion). Pour visionner les series, les internautes interroges ont aussi cite des plateformes francaises legales comme M6replay (13 %) et Pluzz/France TV replay (13 %). Pour les films en streaming, YouTube (18 %) tient une nouvelle fois la corde, suivi par Canal+ (7 %)[16].
En cinq ans, la croissance des plateformes d'ecoute musicale (gratuites ou non, sans telechargement requis pour l'acces a la musique) telles que Spotify ou Deezer, a explose, passant de 8 millions d'abonnes en 2010 a 68 millions en 2015 (selon l'IFPI et Le Monde[18]) et ce nombre ne cesse de se multiplier. Cette evolution entraine la creation de nombreuses nouvelles plateformes.
Ce fort developpement du streaming musical genere des recettes desormais prises en compte par certaines maisons de disques et labels independants. Ces derniers portent un interet plus grand aux plateformes et s'adaptent a ces nouvelles formes de distribution musicale innovantes en evaluant l'impact et les perspectives qu'elles peuvent offrir. En effet, fin des annees 2010, le streaming musical est percu comme un des facteurs potentiels pour relancer l'industrie musicale face au declin des ventes de disques. Cependant, en 2019, selon une etude de l'Association of European Performers' Organisations, 90 % des artistes diffusant leurs oeuvres musicales sur les plates-formes de streaming percoivent une remuneration annuelle d'un montant inferieur a mille euros. Selon une etude americaine publiee la meme annee, parmi 1,6 million d'artistes dont la production musicale est proposee en telechargement, 0,1 % accumule pres de 90 % des ecoutes[19].
Dans le cadre du streaming de livres, Amazon reste un acteur majeur avec la Kindle[20] et son offre d'abonnement illimite.
L'explosion de l'utilisation des plateformes offrant du streaming entraine une augmentation sensible du trafic sur les reseaux des operateurs et pourrait amener des risques de saturation pour les reseaux mobiles a haut debit.
Concernant le marche francais, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, confie, en , une mission de mediation a Marc Schwartz, dont l'objectif est de trouver un terrain d'entente entre les plates-formes de streaming musical (Spotify, Deezer, Apple Music, Tidal, Fnac Jukebox, Qobuz, Napster, etc.) et l'industrie de la creation, sur le partage de la valeur[21]. Mais dans les faits, les plateformes de streaming commencent deja a apporter des revenus plus importants a ce marche. D'apres des chiffres diffuses en 2017 par le Syndicat national de l'edition phonographique (le SNEP), la consommation de streaming payant se developpe de plus en plus. Vingt-huit milliards de titres sont diffuses en flux continu en 2016 contre dix-huit milliards un an plus tot, et un tiers des Francais consomment desormais de la musique sous cette forme au moins une fois par mois[22].
Possibilites de fraude
[modifier | modifier le code]Debut 2017, le Syndicat national de l'edition phonographique (SNEP) detecte des anomalies dans le nombre de lectures pour certains artistes de rap, soit un gonflement artificiel du nombre de streams[23]. Un logiciel relativement simple permet de generer 20 000 lectures par semaine. Le groupe de funk californien Vulfpeck appelle ses fans a faire jouer leurs morceaux en boucle depuis leur compte Spotify pour augmenter artificiellement le nombre d'ecoutes et financer une tournee.
Poids dans le trafic mondial
[modifier | modifier le code]Selon le rapport The Global Internet Phenomena, publie par la societe americaine Sandvine en 2018, le streaming pese 58 % de la bande passante mondiale[24].
Logiciels et formats de la lecture en flux
[modifier | modifier le code]Les principaux formats utilises actuellement sont :
- Advanced Streaming Format, concu pour le logiciel Windows Media Player ;
- Adobe Flash, concu pour Adobe Flash Player ; Pour des raisons de securite, et de popularite de plus en plus execrable au fil du temps[25], en grande partie due a sa grande facilite de propagation de menaces et virus de toutes sortes, le protocole Flash est deja rendu obsolete par Adobe, qui ne le maintient plus que par des mises a jour de securite jusqu'en 2020[26]. Son successeur, le HTML5[27], ne s'est pas encore impose sur la toile - les habitudes de programmation, les descripteurs multimedia et d'accessibilite n'etant pas encore optimises debut 2012[28] - s'ajoute a cela une controverse concernant les verrous numeriques DRM au sein meme du code. Cela explique que Flash soit toujours en sursis, surtout du fait de sa grande popularite passee aupres des developpeurs de sites Internet ;
- RealMedia, concu pour le logiciel Real Player ;
- QuickTime, framework de transport de donnees concu pour QuickTime Player et lu par plusieurs logiciels ;
- SHOUTcast, protocole cree initialement pour Winamp.
Les nouveaux formats emergent utilisant la technologie de streaming adaptatif sont :
- HTTP Live Streaming, concu pour le lecteur Quicktime (a partir de la version X) et le iPhone OS (a partir de la version 3) ;
- MPEG-DASH, un format standardise en 2012 par la norme ISO/IEC 23009.
- Microsoft Smooth Streaming, concu pour le plugin Silverlight ;
- Adobe Dynamic Streaming, concu pour Adobe Flash Player (a partir de la version 10) ;
D'autres solutions de lecture de flux en continu existent sur la base de plugins. Streamplug permet la lecture en continu audio, eventuellement par chiffrage et un modele de securite base sur Open Digital Rights Language (en).
Aspects juridiques
[modifier | modifier le code]En France
[modifier | modifier le code]Statut juridique du flux continu
[modifier | modifier le code]Le flux continu fait aujourd'hui l'objet de debats quant a son statut juridique et a sa legalite, malgre le developpement considerable qu'il connait depuis quelques annees ainsi que la progression de la consommation de musique en ligne sans telechargement qu'il a engendree.
En effet, le silence legislatif concernant le sujet a mene a certaines tentatives jurisprudentielles pour clarifier le regime juridique applicable au flux continu, mais celui-ci pose toujours des problemes relatifs au respect du droit d'auteur, notamment a travers le droit de representation d'un auteur.
D'apres l'article L.122-2 du Code de la Propriete Intellectuelle, << la representation consiste dans la communication de l'oeuvre au public par un procede quelconque, et notamment : 1deg Par recitation publique, execution lyrique, representation dramatique, presentation publique, projection publique et transmission dans un lieu public de l'oeuvre telediffusee ; 2deg Par telediffusion. La telediffusion s'entend de la diffusion par tout procede de telecommunication de sons, d'images, de documents, de donnees et de messages de toute nature. Est assimilee a une representation l'emission d'une oeuvre vers un satellite. >>
Or, le flux continu peut etre defini comme un procede de representation d'une oeuvre via une telediffusion par support numerique. Ainsi, pour etre legal, il necessite un accord prealable de l'auteur de l'oeuvre pour sa diffusion, a travers le droit de representation qui lui appartient.
Le flux continu se caracterise principalement par le fait que le fichier diffuse sur le site source n'est en principe pas stocke definitivement sur le disque dur de l'ordinateur du destinataire, mais seulement de facon temporaire dans la memoire vive de son ordinateur. Par consequent, le droit de reproduction doit etre ecarte des moyens de protection envisageables d'un auteur contre la mise en ligne de son oeuvre sur un site de lecture directe. En effet, la reproduction temporaire dans la memoire vive d'un ordinateur repond aux exceptions au droit de reproduction prevues par l'article L.122-5 du Code de Propriete Intellectuelle.[Interpretation personnelle ?]
D'apres ce dernier, << Lorsque l'oeuvre a ete divulguee, l'auteur ne peut interdire :
(...) 6deg La reproduction provisoire presentant un caractere transitoire ou accessoire, lorsqu'elle est une partie integrante et essentielle d'un procede technique et qu'elle a pour unique objet de permettre l'utilisation licite de l'oeuvre ou sa transmission entre tiers par la voie d'un reseau faisant appel a un intermediaire ; toutefois, cette reproduction provisoire qui ne peut porter que sur des oeuvres autres que les logiciels et les bases de donnees ne doit pas avoir de valeur economique propre.
Toutefois, l'oeuvre est reproduite sur le serveur du fournisseur de service et, a ce titre, une autorisation de l'auteur doit etre obtenue. >>
Sanctions de l'absence d'autorisation de l'auteur de l'oeuvre diffusee sur le site source
[modifier | modifier le code]Par consequent, lorsque l'auteur ou ses ayants droit n'a pas donne l'autorisation de mettre en ligne son oeuvre sur un site source, celui qui la diffuse, et qui donc l'heberge sur le site, se rend coupable de contrefacon, punissable penalement par l'article L.335-3 du Code de Propriete Intellectuelle. En effet, ce dernier dispose qu'<< est egalement un delit de contrefacon toute reproduction, representation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont definis et reglementes par la loi >>.
En outre, la mise en ligne d'un simple lien hypertexte diffusee en flux de facon non autorisee donc illegale et qui serait hebergee sur un site different est egalement punissable pour le diffuseur comme de la complicite a la contrefacon, prevue et sanctionnee a l'article 121-7 du Code penal. En effet, selon ce dernier, << Est complice d'un crime ou d'un delit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilite la preparation ou la consommation >>.
Jurisprudence
[modifier | modifier le code]La jurisprudence est actuellement assez floue en la matiere, les lois concernees etant assez archaiques, elles ne pourraient que donner cours a des mesures de repression qui denatureraient une grande partie des utilisateurs de lecture en continu. Le legislateur n'intervenant pas de facon claire, il se montre toutefois de plus en plus contentieux et apparait aujourd'hui en raison de l'absence d'autorisation de l'auteur ou de ses ayants droit pour la mise en ligne de son oeuvre sur un site source (YouTube, Dailymotion, Megavideo, etc.). Le site internet << Chacal Stream >>, dont l'objet etait de repertorier des liens permettant de regarder des videos a notamment ete ferme et sanctionne pour ne pas avoir demande l'accord prealable des auteurs et producteurs de films mis a la disposition du public grace a son repertoire. Il en est de meme pour Videotribe qui accuse d'une fermeture du site pour << contexte actuel de criminalisation du webmaster, des utilisateurs et meme des visionneurs >>, si on en croit leurs mots. Aussi, le site Blogmusik qui proposait une ecoute en ligne de musique de facon gratuite et illimitee, a ete ferme par ses createurs en 2007 sur pression de la SACEM en raison de l'absence d'autorisation de diffusion des oeuvres musicales par leurs auteurs ou ayants droit.
Ses createurs ont alors cree le site Deezer, premier site francais de lecture seule permettant une ecoute de musique en ligne via une inscription gratuite, a avoir negocie la diffusion legale par remuneration en proportion des recettes publicitaires avec les societes de gestion des droits d'auteur et maisons de disques. Enfin, le site americain de streaming legal de videos Hulu, tout comme le site de flux continu musical suedois Spotify, font aujourd'hui figures d'exemple par leur capacite a offrir un service gratuit et illimite au public grace a un modele de financement public par la publicite.
La fraude des fausses ecoutes
[modifier | modifier le code]Une etude du Centre national de la musique publiee en janvier 2023 montre que d'apres les indications de trois plateformes de streaming musical (Spotify, Qobuz et Deezer), entre un milliard et trois milliards de << streams >> en France << au moins >> seraient faux en 2021, ce qui concerne entre 1 % et 3 % des ecoutes en ligne (des fake streams)[29]. Des societes vendant en effet a des labels ou des artistes << des nombres d'ecoutes gonfles par des robots ou personnes physiques, dans le but de generer un revenu, d'ameliorer la performance d'un titre dans les palmares et/ou d'orienter un systeme de recommandation (playlists, recherche)[30] >>.
Autorite
[modifier | modifier le code]En 2022, l'ARCOM est creee en France. L'une des missions de cette autorite est de lutter contre le streaming illicite, notamment sportif[31].
Union europeenne
[modifier | modifier le code]Dans l'union europeenne, la notion de online audio and video streaming services et la notion de services de diffusion audio et video en flux continu est notamment abordee dans les versions anglaise et francaise de la directive (UE) 2019/790 du 17 avril 2019 sur le droit d'auteur et les droits voisins dans le marche unique numerique[32],[33].
Ailleurs dans le monde
[modifier | modifier le code]Le streaming, comme toute application utilisant les infrastructures internet, est international : une requete lancee depuis un ordinateur ou un smartphone dans un pays peut s'executer sur un serveur dans un centre de donnees dans un autre pays (souvent les Etats-Unis). Les questions juridiques, deja complexes a l'echelle d'un pays, notamment sur les aspects de propriete intellectuelle et de droit d'auteur, devraient donc etre envisagees a l'echelle internationale, et tenir compte de l'etat du droit sur la question dans d'autres pays que la France.
Impact environnemental
[modifier | modifier le code]Streaming audio
[modifier | modifier le code]Les emissions de gaz a effet de serre (GES) de la musique en ligne sont estimees entre 200 et 350 millions de kilogrammes par an aux Etats-Unis, selon une etude de 2019[34]. Cela represente une hausse significative par rapport a l'ere pre-numerique, dont la consommation de plastique pour les supports d'enregistrement s'accompagnait d'emissions estimees aux alentours de 140 millions de kilogrammes en 1977 (ere du vinyle), 136 millions de kilogrammes en 1988 (ere de la cassette) et 157 millions en 2000 (ere du CD)[35].
Ces emissions de GES liees au streaming musical peuvent etre diminuees, par exemple en alimentant les centres de donnees par des energies renouvelables, dans les pays dont l'electricite est fortement carbonee. Au niveau individuel, une solution consiste a telecharger la musique afin de l'ecouter hors-ligne, ce qui reduit la necessite d'une connexion constante[36]. Le service de musique en ligne Spotify utilise a ce propos un systeme de cache qui permet de reduire le debit necessaire au streaming de pistes audios lorsqu'elles sont ecoutees plusieurs fois[37]. Une autre solution est l'achat de CD physiques, qui s'avererait plus ecoresponsable s'ils sont lus plus de 27 fois[36].
Streaming video
[modifier | modifier le code]Dans un rapport de , l'association The Shift Project estime l'impact du visionnage de videos a la demande a 300 millions de tonnes equivalent CO2 par an (MtCO2eq/an), soit 1 % des emissions de dioxyde de carbone mondiales, dont 27 % seraient imputables aux videos pornographiques. La cause principale de ces emissions serait, selon le rapport, la consommation d'electricite des centres de donnees utilises pour le stockage des videos, principalement produite a partir de combustibles fossiles. L'association juge en consequence le modele insoutenable dans le futur et defend une regulation par les Etats dans une logique de sobriete numerique[38]. Au cours d'une interview, le rapporteur affirme par ailleurs que << regarder une emission de 30 minutes [sur Netflix] revient a emettre 1,6 kg de dioxyde de carbone, l'equivalent d'un trajet en voiture de 3,9 miles [6,28 km] >>[39], information par la suite diffusee par les medias[40].
Ces chiffres sont cependant contestes[41]. En 2019, une etude menee par Chris Preist, de l'universite de Bristol estime l'impact environnemental de la plateforme YouTube a 10 MtCO2eq/an, soit six fois moins que celle issue du rapport du Shift Project[41],[42]. En , George Kamiya, analyste de l'International Energy Agency, releve des erreurs de conversion et de failles dans les hypotheses de modelisation retenues par le rapport. Sans pretendre calculer les emissions totales de gaz a effets de serre dues a la video a la demande, il produit une estimation pour le visionnage de videos sur Netflix inferieure d'un facteur 90. L'une de ses critiques du rapport porte sur les modalites d'integration au calcul des emissions liees aux infrastructures fixes et appareils electroniques[43].
The Shift Project reconnait une erreur de calcul pour l'equivalence donnee entre visionnage de videos sur Netflix lors de l'interview, mais defend sa methodologie et soutient en consequence que les resultats du rapport sont inchanges[39]. Ainsi, sur la question de la prise en compte des emissions liees aux infrastructures fixes, l'organisme ecrit dans son rapport de 2020 Deployer la sobriete numerique qu'<< inclure la partie fixe dans le comptage permet de comprendre comment se developpent et pourquoi sont deployees nos infrastructures, en lien avec les usages qu'elles supportent et rendent possibles >>[44]. Cependant, il admet egalement que << reduire la quantite de donnees n'influe pas directement sur la consommation des reseaux de maniere significative, parce que la partie fixe de la consommation est tres importante >>[44].
Notes et references
[modifier | modifier le code]- | Prononciation en anglais standard retranscrite selon la norme API.
- | Commission d'enrichissement de la langue francaise, << flux (en) >>, sur FranceTerme, ministere de la Culture (consulte le ).
- | Suggestions de l'Office quebecois de la langue francaise destinees a remplacer le mot anglais << streaming >>. Voir << lecture en continu >>, Grand Dictionnaire terminologique, Office quebecois de la langue francaise (consulte le ) et << diffusion en continu >>, Grand Dictionnaire terminologique, Office quebecois de la langue francaise (consulte le ). L'OQLF propose egalement la locution adverbiale << en continu >> pour qualifier les procedes de lecture en continu. Voir << en continu >>, Grand Dictionnaire terminologique, Office quebecois de la langue francaise (consulte le ).
- | << Lexique >>, sur AFNIC (consulte le ).
- | (en) << US patent 1,641,608 >>, sur patents.google.com.
- | << Musical Events >>, sur savetz.com (consulte le ).
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- | << Infographie : quels sont les dangers du live-streaming illegal ? >>, sur Le journal du geek, .
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- | Annabelle Laurent, << Netflix consomme 15% de la bande passante mondiale (et ca veut dire beaucoup) >>, sur Usbek & Rica.com, (consulte le ).
- | << Tout le monde veut la mort d'Adobe Flash Player >>, sur rti.ci (consulte le ).
- | Corentin Durand, << Enfin : Adobe programme la mort de Flash Player pour 2020 >>, Numerama, (lire en ligne, consulte le )
- | << HTML 5 : Qu'est ce qui change ? >>, sur CommentCaMarche (consulte le )
- | ipvincent, << Etat des lieux de l'accessibilite de HTML5 >>, mensuel, (lire en ligne, consulte le )
- | << Streaming : entre 1 et 3 milliards d'ecoutes sur les plateformes musicales considerees comme frauduleuses en France, selon un rapport >>, sur francetvinfo.fr, .
- | << Streaming musical : une etude evoque les fausses ecoutes >>, sur lemonde.fr, .
- | << Television : 6 choses a savoir sur l'Arcom >>, Les Echos, (lire en ligne, consulte le ).
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- | Climat : l'insoutenable usage de la video en ligne [PDF], The Shift Project, juillet 2019.
- | a et b << Le Shift Project a-t-il vraiment surestime l'empreinte carbone de la video ? >> [PDF], sur The Shift Project, (consulte le ).
- | Arthur Vera, << Savez-vous combien de CO2 vous emettez en regardant une serie en streaming ? >>, sur presse-citron.net, (consulte le ).
- | a et b (en-US) Michael Le Page, << Binge watching TV isn't as bad for the climate as some reports suggest >>, sur New Scientist, (consulte le ).
- | (en-US) Chris Preist, Daniel Schien, Paul Shabajee, Proceedings of the 2019 CHI Conference on Human Factors in Computing Systems, ACM, (ISBN 978-1-4503-5970-2, DOI 10.1145/3290605.3300627, lire en ligne), << Evaluating Sustainable Interaction Design of Digital Services: The Case of YouTube >>.
- | (en-US) George Kamiya, << Factcheck: What is the carbon footprint of streaming video on Netflix? >>, sur carbonbrief.org, (consulte le ).
- | a et b Deployer la sobriete numerique, (lire en ligne [PDF]), p. 93.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Plateforme de videos en ligne
- Directive sur les services de medias audiovisuels (directive SMA), revisee en 2018
- Video a la demande
- Videaste (Web)
- Live shopping
- Impact environnemental du numerique
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressource relative a l'audiovisuel :
- Dossier << La video sur les reseaux sociaux >> sur Balises, magazine de la Bibliotheque publique d'information.