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Marie Stuart

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Marie Ire (reine d'Ecosse)

Pour les articles homonymes, voir Marie Stuart (homonymie) et Marie Ire.

Marie Ire

Marie Stuart entre 1558 et 1560.
Titre
Reine d'Ecosse
-
(24 ans, 7 mois et 10 jours)
Couronnement
Regent James Hamilton (1542-1554)
Marie de Guise (1554-1560)
Predecesseur Jacques V
Successeur Jacques VI
Reine de France
-
(1 an, 4 mois et 25 jours)
Predecesseur Catherine de Medicis
Successeur Elisabeth d'Autriche
Dauphine de France
-
(1 an, 2 mois et 16 jours)
Predecesseur Catherine de Medicis
Successeur Marie-Anne de Baviere
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Nom de naissance Mary Stuart
Date de naissance
Lieu de naissance Palais de Linlithgow
(Ecosse)
Date de deces (a 44 ans)
Lieu de deces Chateau de Fotheringhay
(Angleterre)
Nature du deces Decapitation
Sepulture Abbaye de Westminster
Pere Jacques V
Mere Marie de Guise
Fratrie Jacques, duc de Rothesay
Arthur, duc d'Albany
Conjoint Francois II de France (1558-1560)
Lord Darnley (1565-1567)
Lord Bothwell (1567-1578)
Enfants Jacques VI
Religion Catholicisme
Residence Chateau de Blois
Chateau d'Amboise
Palais de Holyrood
Palais de Linlithgow


Monarques d'Ecosse
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Marie Stuart ou Marie Ire d'Ecosse (en anglais Mary, Queen of Scots, en gaelique ecossais Mairi, Banrigh na h-Alba), nee le et morte le , executee sur l'ordre de la reine d'Angleterre Elisabeth Ire, est reine d'Ecosse de 1542 a 1567. Elle est la fille du roi d'Ecosse Jacques V et de Marie de Guise, et l'arriere-petite fille du roi d'Angleterre Henri VII. Par son mariage avec Francois II, elle est aussi reine consort de France du au .

Devenue reine d'Ecosse a la mort de son pere, alors qu'elle n'a que six jours (sous la regence de James Hamilton, comte d'Arran), elle est fiancee des 1543 avec le prince Edouard d'Angleterre, mais ce rapprochement avec l'Angleterre echoue. Fiancee au dauphin Francois, elle est elevee en France a partir de 1548 et leur mariage a lieu en 1558. Elle devient reine de France l'annee suivante, mais Francois II meurt prematurement en 1560 et Marie rentre en Ecosse en 1561.

Reine catholique d'un pays largement protestant, Marie est consideree avec defiance, meme si elle mene d'abord une politique moderee. Quatre ans apres son retour, elle se remarie avec un cousin, Henry Stuart (Lord Darnley), mariage dont nait un fils, futur roi d'Ecosse (Jacques VI) et d'Angleterre (Jacques Ier). Darnley etant assassine en 1567, des soupcons se portent sur la reine et son amant, James Hepburn, comte de Bothwell ; celui-ci ayant ete acquitte par la justice, elle l'epouse, mais est peu de temps apres emprisonnee, puis contrainte a abdiquer au profit de son fils, age d'un an.

Elle s'evade en 1568 et tente de retrouver son trone avec l'appui de sa cousine Elisabeth Ire d'Angleterre. Mais celle-ci la percoit comme une menace, car Marie est aussi consideree par les catholiques comme une heritiere legitime du trone d'Angleterre. Elle fait donc emprisonner Marie quelques jours apres son arrivee en Angleterre.

Au bout de dix-neuf ans de captivite, Marie Stuart est executee en 1587, alors que le roi d'Espagne Philippe II, veuf de la reine d'Angleterre Marie Tudor, prepare une grande expedition contre l'Angleterre. Le motif precis de l'execution est l'implication de Marie dans un complot contre Elisabeth Ire, la conspiration de Babington.

Marie Stuart est tres connue en raison de son destin tragique qui a inspire des ecrivains, des compositeurs et plus recemment des cineastes.

C'est une des rares reines d'un Etat donne (le royaume d'Ecosse) a avoir ete simultanement reine d'un autre Etat (le royaume de France), a l'instar de Marie Ire d'Angleterre, aussi reine d'Espagne du fait de son mariage avec Philippe II. Marie etait de surcroit pretendante au trone d'un troisieme Etat, le royaume d'Angleterre.

Premieres annees (1542-1543)

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Naissance ()

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Jacques V, le pere de Marie Stuart, decede lorsqu'elle a six jours. Huile, vers 1579, 41,3 x 33 cm, Edimbourg, Galerie nationale d'Ecosse.

Marie est la troisieme enfant de Jacques V et de Marie de Guise, qui ont precedemment eu deux fils morts peu apres leur naissance, Jacques (1540-1541), duc de Rothesay, et Arthur (1541-), duc d'Albany[1]. Marie nait le 7 ou le au chateau de Linlithgow, dans le West Lothian. Le registre officiel du Lothian donne la date du 7, mais le 8 est considere par la suite comme date officielle de son anniversaire, peut-etre en raison de sa concordance avec la date de l'Immaculee Conception[2]. Elle est baptisee presque aussitot dans l'eglise de Saint-Michel (en) de Linlithgow[3].

La mort du roi Jacques V (13 decembre)

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Le roi, gravement malade, se trouve au chateau de Falkland, lorsqu'un messager lui annonce que la reine a accouche d'une fille. Selon la legende, il aurait dit : << It cam wi' a lass and it will gang wi' a lass! >>, c'est-a-dire << Elle [la couronne] nous [les Stuart] est venue par une femme, elle s'en ira par une femme >>, evoquant Marjorie Bruce[note 1], et predisant ainsi un funeste destin a sa fille. La prophetie se revele fausse en ce qui concerne Marie Stuart, puisque son fils lui succedera, perpetuant la dynastie, qui s'eteindra cependant a la mort d'une autre reine, Anne, en 1714[4],[5],[note 2].

Le 13 decembre, a la mort du roi, victime du cholera[6], des rumeurs circulent a propos de la faible sante de sa fille, comme celle affirmant qu'elle est une enfant prematuree[7], ce qui est faux. Par exemple, Eustache Chappuis, ambassadeur du Saint-Empire romain germanique, ecrit le 23 que Marie de Guise et sa fille sont tres malades, bien que Sir George Douglas (en) ait constate le 19 que l'enfant est bien portante[2].

Etablissement de la regence du comte d'Arran

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La reine douairiere et mere de Marie Stuart, Marie de Guise.

Le plus proche heritier apres Marie est James Hamilton, comte d'Arran. Mais << Arran n'avait pas les talents qu'exigeait une aussi haute charge : il etait indolent, irresolu, et se laissait gouverner par ceux qui l'approchaient >>[1]. Le cardinal David Beaton, chef du parti catholique, pense que la nomination d'Arran n'irait pas dans les interets du pays en une periode de crise, durant laquelle un homme fort serait necessaire. Il s'oppose donc a la designation d'Arran, faisant valoir un testament que le roi aurait signe sur son lit de mort et confie pour execution au reverend Henry Balfour du diocese de Dunkeld : selon ce document, la regence doit etre partagee entre Beaton, James Stuart, comte de Moray, George Gordon, comte de Huntly et Archibald Campbell, comte d'Argyll[8].

Finalement, le 3 janvier, Arran est proclame regent tandis que Marie de Guise conserve la garde de sa fille. Le cardinal est arrete le 28 janvier au cours du conseil, puis est conduit au palais de Dalkeith (en), puis au chateau de Blackness[9], a la suite de quoi << les eglises furent fermees et les pretres refuserent d'administrer les sacrements et d'enterrer les morts >>[10].

Projets d'union entre les royaumes d'Ecosse et d'Angleterre

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Dans le meme temps, le roi d'Angleterre Henri VIII envisage une nouvelle facon de reunir les couronnes d'Ecosse et d'Angleterre : plutot que de s'emparer de l'Ecosse par les armes comme du temps de Jacques V, il souhaite maintenant marier son fils Edouard avec Marie. Pour ce projet, il dispose de l'avantage de sa victoire a la bataille de Solway Moss : de nombreux nobles ecossais restes prisonniers d'Henri sont contraints de demander publiquement que Marie soit confiee a Henri et la principale forteresse transferee sous sa garde.

Parmi ces nobles, on compte Gilbert, 3e comte de Cassilis (en), Alexander, 5e comte de Glencairn, James, 6e lord Somerville (en), Patrick, lord Gray (en), Robert, 4e lord Maxwell (en), Laurence, lord Oliphant (en) et Malcolm, 3e lord Fleming (en)[1].

Les deux principaux autres agents d'Henri en Ecosse sont Archibald Douglas, comte d'Angus, et son frere, George. Cependant, celui-ci joue un double jeu, faisant son possible pour faire obstruction a la politique de Henri en obtenant notamment, le 18 janvier, une lettre du regent pour Henri, dans laquelle Arran exprime son desir de forger de nouvelles relations avec l'Angleterre, mettant l'accent sur une approche diplomatique au moment meme ou Henri ordonne la prise de la forteresse et de Marie[pas clair][2].

Les relations avec l'Angleterre (1543-1547)

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Le traite de Greenwich ()

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Le cardinal David Beaton, meneur du parti catholique en Ecosse, et principal opposant a Henri VIII d'Angleterre.

Le cardinal Beaton est finalement assigne a residence dans son chateau de St Andrews, mais son influence politique redevient forte. Avec l'appui du parti francais, il fait rentrer le comte de Lennox de France, le presentant comme heritier de la couronne face a Arran. Celui-ci se trouve dans une situation difficile : il ne peut plus continuer de soutenir le protestantisme sans dependre entierement du soutien de Henri VIII, dont les vues sur l'Ecosse sont claires, mais il ne peut pas non plus appeler la France a son secours sans l'aide du cardinal.

Celui-ci ne s'oppose cependant pas aux negociations de mariage entre Marie Stuart et le prince Edouard, qui aboutissent le au traite de Greenwich, par lequel leurs fiancailles sont confirmees, Henri VIII y etant invite sur les conseils de son secretaire d'Etat Ralph Sadler[pas clair]. Ce traite satisfait nombre des demandes des Ecossais, notamment : que Marie restera en Ecosse jusqu'a son dixieme anniversaire et que, par la suite, le pays conservera ses lois propres.

Cependant, Henri n'entend pas respecter ce traite, pas plus qu'il ne peut s'accommoder du cardinal.[pas clair]

Le couronnement de Marie (9 septembre 1543)

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Afin de mettre les choses au point, Beaton rassemble six a sept mille de ses partisans a Stirling le 26 juillet 1543, et marche le jour suivant sur Linlithgow ou se trouve Marie. Le cardinal ne veut pas renverser le regent ni s'opposer a la ratification du traite, mais s'assurer de la securite de l'enfant et de sa mere en les transferant au chateau de Stirling, sous la protection de quatre gardiens (les lords Graham (en), Lindsay (en), Erskine et Livingstone (en)[11])[2].

La position d'Arran devient intenable face a Henri qui entend prendre l'enfant de force. Arran quitte Edimbourg et rencontre Beaton. Ils se rendent ensemble a Stirling, ou Marie de Guise et sa fille sont transferees sous l'escorte de 2 500 cavaliers et d'un millier de fantassins[12]. Le 8 septembre, Arran revient au sein de l'Eglise catholique, recevant l'absolution du cardinal.

Le lendemain, Marie Stuart est couronnee par le cardinal Beaton dans la chapelle du chateau de Stirling ; Arran porte la couronne, Lennox le sceptre et le comte d'Argyll l'epee de l'Etat[11],[12].

La rupture avec l'Angleterre

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Article detaille : Rough Wooing.
James Hamilton, comte d'Arran et regent d'Ecosse, portant autour du cou la distinction de l'ordre de Saint-Michel.

Apprenant la reconciliation d'Arran avec le cardinal, Henri VIII se lance alors dans une politique de guerre connue sous le nom de Rough Wooing.

Il suggere tout d'abord a Henry Grey, duc de Suffolk un raid sur Edimbourg, mais ce projet est reporte a l'automne par George Douglas.

Le 23 septembre, le cardinal se plaint a Sadler d'une violation du traite puisque Henri avait, quelques mois plus tot, saisi des navires ecossais naviguant vers la France. De plus, le cardinal declare que par le refus d'Henri de ratifier le traite, celui-ci cesse de prendre effet sur l'Ecosse. Ces deux raisons ne signifient pas qu'il y avait une faute exclusive de l'Angleterre dans ses engagements, puisque les Ecossais n'avaient pas non plus respecte leur part en ne renvoyant pas les otages promis a Henri : cela marque une rupture volontaire du traite et un changement de politique.[pas clair]

Ce changement se traduit tres vite en Ecosse : le Parlement renouvelle l'alliance avec la France et le cardinal est confirme dans sa charge de grand chancelier (Lord High Chancellor). Angus et Cassilis (en), qui soutenaient jusque la Henri, signent un document par lequel ils accordent leur soutien a Arran contre l'Angleterre et s'engagent a defendre l'Eglise catholique. Ces evenements marquent un tournant essentiel pour Marie : elle va desormais etre sous influence francaise et catholique, et non plus anglaise et protestante[2].

Conflits entre factions ecossaises

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Lennox et Glencairn sont pousses par Henri a prendre les armes contre Arran, mais sont vaincus le dans la region de Glasgow ; Glencairn se refugie au chateau de Dumbarton tandis que Lennox s'enfuit en Angleterre.

Cependant, George Douglas continue de mener double jeu ; afin de calmer Henri, il est l'instigateur de la convention des nobles[ref. necessaire] qui aboutit a retirer a Arran la charge de regent[note 3], au motif que, sur les conseils du cardinal, il a brise la paix etablie a Greenwich et le contrat de mariage de Marie, aboutissant donc a la situation delicate dans laquelle se trouve le pays. Cette convention renverse egalement le cardinal, qui a perdu la confiance de la reine mere. En effet, celle-ci comptait sur le cardinal pour defendre les interets de Marie face a Arran, mais, a la suite de la reconciliation du cardinal et du regent, ils sont desormais d'accord pour marier Marie au fils d'Arran.

Les oncles de Marie Stuart, le duc Francois (ici peint par Francois Clouet) et le cardinal Charles auront une influence decisive sur le nouveau roi de France, Henri II.

La reine mere s'engage alors dans une alliance avec Angus, qui est promu lieutenant-general au sud du Forth. Le 12 decembre, Angus et son frere George sont pardonnes pour leurs trahisons passees : Henri cesse de les considerer comme agents de l'Angleterre et accorde a Ralph Eure (en) toutes les terres qu'il pourrait conquerir sur Angus, ce qui conduit a la bataille d'Ancrum Moor le .

Par la suite, l'Ecosse recoit des renforts francais (3 000 fantassins et 500 cavaliers), mais les Douglas tentent de renouer avec leur double jeu et laissent Henri devaster le sud de l'Ecosse (soit 43 villages et 16 places fortes en ruine), pensant que cela va effrayer les Ecossais et qu'ils se montreront plus favorables a un accord de mariage.

Relations avec la France apres la mort d'Henri VIII et de Francois Ier (1547-1548)

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Un renouvellement des acteurs politiques a lieu en 1546-1547 : le cardinal Beaton est assassine le ; Henri VIII meurt le et Francois Ier de France le 31 mars, laissant le trone a son fils Henri II.

La politique d'Henri II

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Plus fortement oppose aux Anglais que son pere, Henri II se trouve de plus sous l'influence des freres Francois et Charles de Guise, dont la niece Marie Stuart devient clairement l'enjeu d'un mariage avec le dauphin de France, Francois[2].

Henri Cleutin, seigneur d'Oysel et de Villeparisis[note 4] est envoye en Ecosse comme ambassadeur de France afin de confirmer l'alliance entre les deux pays et, comme signe de la bonne volonte du roi de France, des galeres sont envoyees pour prendre le chateau de Saint-Andrews, ou les meurtriers du cardinal Beaton se sont retranches.

Un resultat inattendu de la prise du chateau est la decouverte d'un registre d'Henry Balnaves, ancien secretaire du gouvernement de Marie, qui se revele etre un agent paye par l'Angleterre. Le registre contient les noms de nombreux nobles favorables a l'Angleterre, parmi lesquels Gray, Cassilis, Lennox et Glencairn, mais aussi Patrick Hepburn, comte de Bothwell (en), pere du futur troisieme epoux de Marie Stuart.

Poursuite des attaques anglaises sous Edouard VI

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Les incursions anglaises en territoire ecossais ne prennent pas fin avec la mort d'Henri VIII, mais sont poursuivies par le regent Edward Seymour, duc de Somerset.

Apres leur victoire a la bataille de Pinkie Cleugh le , les Anglais avancent jusqu'a Leith sur le Firth of Forth. La reine mere et Marie quittent discretement[note 5] le chateau de Stirling pour se refugier dans le monastere de l'ile d'Inchmahome, puis rentrent a Stirling apres le retrait des Anglais. Devant la poursuite des invasions anglaises, Marie est transferee en 1548 au chateau de Dumbarton.

Le traite franco-ecossais (7 juillet 1548)

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Le , des envoyes francais et ecossais signent au couvent d'Haddington un traite promettant de marier Marie Stuart au dauphin de France et placant l'Ecosse sous la protection du roi de France[13].

Deux elements permettent de lever les objections initiales a l'envoi de Marie en France. D'une part, l'aide de la France est devenue necessaire a l'Ecosse lorsque Haddington, importante ville ecossaise, est occupee par les Anglais. D'autre part, des titres francais sont offerts a plusieurs nobles ecossais : Arran recoit le titre et les benefices du duche de Chatellerault, tandis que les comtes de Huntly, Argyll et Angus sont faits chevaliers de Saint-Michel.

Depart de Marie pour la France

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L'Arrivee de Marie Stuart, Eugene Isabey (1803-1886), palais des beaux-arts de Lille.

En , Marie embarque a Dumbarton sur un navire de la flotte envoyee par Henri II de France, comprenant le navire royal d'Henri, sous le commandement de Nicolas Durand de Villegagnon. Marie de Guise ne s'embarque pas avec sa fille. Elle reste en Ecosse pour representer le parti pro-francais et jouir de la faveur politique, utilisant ses propres finances pour la guerre et se montrant plus impartiale qu'Arran[pas clair][13].

Naviguant le long des cotes d'Irlande pour eviter la flotte anglaise, Marie Stuart accoste en France a Roscoff[note 6], puis a Morlaix[pas clair].

Elle rend ensuite visite a sa grand-mere maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendome, duchesse douairiere de Guise, sur ses terres de Joinville, en Champagne, puis arrive a Carrieres-sur-Seine le 16 octobre[3].

Personnes accompagnant Marie Stuart en France

Jeunesse en France (1548-1560)

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La famille royale de France, avec, en haut a gauche, Marie Stuart et Francois II.
Marie Stuart en 1555, agee de treize ans, par Francois Clouet.

Entourage et education (1548-1557)

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La maison de Marie Stuart

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L'intendance de l'education des enfants royaux, c'est-a-dire la gestion des gouvernantes et le choix des precepteurs, revient a Diane de Poitiers.

La gestion du personnel au service de Marie est d'abord devolue a Jean de Humieres puis, apres sa mort en juillet 1550, a Claude d'Urfe jusqu'en 1553.

A la cour de France, Marie Stuart partage sa chambre avec Elisabeth, fille du roi Henri II[note 7]. Les nombreux Ecossais qui ont accompagne Marie sont renvoyes, excepte, a la demande de Marie de Guise, sa gouvernante, Jane Stuart, et sa nurse, Jean Sinclair. Henri prefere en effet l'entourer de Francais pour lui faciliter l'apprentissage de la langue. Par ailleurs, la cour trouve que << les compatriotes de Marie etaient assez laids, frustes et mal laves et, ainsi, des compagnons inadaptes pour la future femme du Dauphin >>[12]. Les quatre Marie sont envoyees dans un couvent de soeurs dominicaines afin de recevoir une education francaise[14].

Henri II ne payant que pour l'education de Marie, les fonds destines aux domestiques et a l'intendance viennent de sa mere et sont limites. La grand-mere de Marie s'alarme ainsi du faible nombre de domestiques, qui quittent frequemment leur poste pour des emplois mieux remuneres. Le cardinal suggere des economies sur le train de vie, mais Marie refuse, afin de ne pas se couper de la mode.

Lady Fleming etant devenue la maitresse du roi lui donne un fils, Henri d'Angouleme, et est renvoyee en Ecosse. Marie devenant une jeune femme, ses oncles decident de lui donner pour gouvernante une catholique fervente, Francoise d'Estamville.

L'opposition a Francoise d'Estamville est le seul acte d'autorite dont Marie ait fait preuve dans sa jeunesse[12]. A la fin de 1555, Marie ayant decide de donner des robes qui ne sont plus a sa taille a ses tantes abbesses, qui souhaitent utiliser le tissu pour leurs autels, Francoise d'Estamville s'oppose a elle, demandant les robes pour elle-meme. Confrontee a ce conflit, elle retourne a Paris avant de demissionner ou d'etre renvoyee en 1557.

Marie recoit des cours de litterature, de geographie et d'histoire. Elle apprend plusieurs langues vivantes (espagnol, anglais, italien) outre ses langues maternelles, le scots et le francais[15].

Parmi ses precepteurs, on trouve mademoiselle de Curel[16], Claude Millet (ou Millot)[17], Antoine Fouquelin et Ronsard.

Fouquelin lui enseigne la rhetorique, tandis que Ronsard la forme a la poesie. Selon Michel de Castelnau Mauvissiere, Marie apprecie particulierement les oeuvres de Ronsard, mais aussi de Joachim du Bellay et d'Etienne de Maisonfleur.

Elle lit Plutarque, Plaute et Ciceron en latin, ainsi qu'Erasme, notamment ses Colloques, et des extraits de La Republique de Platon en francais ; bien qu'elle possede ses oeuvres completes en grec, sa maitrise de cette langue est insuffisante pour lui en permettre la lecture.

En mai 1555, elle fait un discours en latin devant la cour dans la grande salle du Louvre, dans lequel elle affirme qu'une education aux lettres est adequate pour une femme (de haut rang).

Education religieuse

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Selon Joseph Stevenson[18], l'education religieuse de Marie aurait ete assuree par sa grand-mere maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendome[note 8] ; l'etude plus recente de Henderson[15] conclut cependant que, quel qu'ait ete le personnage prodiguant l'education religieuse, elle etait en arriere-plan de son oncle, le cardinal de Guise.

Divertissements de cour

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Marie est aussi initiee aux divertissements en vogue a la cour de France, comme la fauconnerie et l'equitation (elle apprend a monter a califourchon[ref. necessaire] plutot qu'en amazone, contrairement aux usages de l'epoque en Ecosse). Elle est egalement formee a la broderie, enseignee par le brodeur personnel du roi[ref. necessaire], et a la musique (l'ecrivain Brantome rapporte qu'elle chantait en s'accompagnant du luth ; d'autres auteurs ont ecrit qu'elle jouait egalement de la cithare, de la harpe et du virginal).

Henri II demontre son habilete de danseuse a la fin de 1548 en la faisant evoluer devant l'ambassadeur d'Angleterre lors des fetes du mariage de Francois de Guise avec Anne d'Este. Pour de telles occasions, Marie dispose d'une garde-robe consequente, contenant des << robes damassees dorees et satin venitien pourpre sur de la soie pourpre et un riche taffetas noir, tandis que les coiffes sont brodees minutieusement, ses gants faits du meilleur cuir >> et ses trois coffres en cuivre pouvaient a peine contenir tous ses bijoux[12].

Sejour de Marie de Guise en France (1550-1551)

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En septembre 1550, la reine douairiere d'Ecosse, Marie de Guise, vient en France, accompagnee d'une escorte de nobles, dont certains soutiennent la cause ecossaise, alors que d'autres sont infeodes au roi d'Angleterre. Elle retrouve sa fille vers le 25 septembre, apres deux ans de separation. Elles assistent ensemble a l'entree royale d'Henri II a Rouen en octobre.

Nobles accompagnant Marie de Guise en France

Le but du voyage de Marie de Guise est essentiellement d'impressionner la noblesse ecossaise ; la mise en scene du pouvoir politique lors de l'entree a Rouen est probablement l'evenement le plus couteux organise en France en 1550 et les nobles de l'escorte recoivent des comtes et d'autres presents[note 9],[3]. L'ambassadeur venitien ecrit alors que << le roi acheta [les nobles] completement, de sorte qu'il n'y avait en France pas un duc, lord ou prelat ecossais [...] qui ne soit pas manifestement soudoye >>[15]. A Rouen, le roi se pose egalement en sauveur de l'Ecosse, avec dans le defile un groupe portant des bannieres qui representaient les lieux ou l'armee francaise etait intervenue en Ecosse[13] :

Spectacle nautique lors de l'entree royale de Henri II a Rouen.

<< Voici Dundee, Haddington, Broughty Craig,
Ou Thermes, avec Esse, recu l'honneur
De devenir chevalier de ton ordre.
Tout le pays ou la nation anglaise
Avait ose occuper le territoire ecossais
A ete rendu par la force francaise[note 10]. >>

Durant sa visite, Marie de Guise decouvre un complot mene par Robert Stuart (en), visant a eliminer Marie Stuart en soudoyant un cuisinier pour empoisonner son mets favori, les beignets aux poires[12].

Le , avant son voyage de retour en Ecosse[13], Marie de Guise perd son fils, demi-frere de Marie Stuart, Francois III d'Orleans, duc de Longueville.

L'accession de Marie de Guise a la regence d'Ecosse (1551-1554)

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Dans les mois qui suivent, la question de la regence du royaume d'Ecosse est debattue. La fonction de regent parait appelee a devenir permanente puisque Marie doit vivre en France aupres de son epoux. Une certaine inquietude est apparue face a l'attitude instable d'Arran, qui semble dispose a abandonner l'alliance francaise, et qu'il faudrait ecarter du pouvoir. Le parlement de Paris est d'avis que la majorite de Marie datera du commencement et non de la fin de l'annee de sa majorite, c'est-a-dire le .[pas clair]

Face a Arran, Marie de Guise a l'appui des Ecossais[pas clair] et de ses freres Guise, ce qui lui permet d'obtenir la regence. Arran se resigne compte tenu des offres que lui fait Henri II, notamment la jouissance du duche de Chatellerault ; il se laisse convaincre par des lettres que lui adressent des nobles, comme le comte de Huntly.

Marie de Guise est officiellement investie dans ses fonctions le .

Preparatifs et ceremonie de mariage (1557-1558)

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Procuration des prelats, des grands et des communautes d'Ecosse a l'archeveque de Glasgow pour negocier les termes du mariage de Marie avec le dauphin, . Archives nationales de France.

Le , Henri invite les Ecossais a envoyer des representants afin de discuter des termes du mariage. Le 14 decembre, le Parlement ecossais depeche neuf deputes, demandant des conditions avantageuses pour son independance nationale : si Marie Stuart venait a deceder sans descendance, la France devrait aider a la succession du trone d'Ecosse par l'heritier le plus proche par le sang. Henri accepte les conditions, et le Parlement de Paris naturalise tous les sujets ecossais comme francais le . En reponse, les Ecossais naturalisent tous les sujets francais. Les conditions seront ensuite changees en secret entre Marie Stuart et Henri II le : si elle venait a mourir sans descendance, tous les droits de Marie a la couronne d'Angleterre seraient transferes a la France sans contrepartie, et la France se rembourserait par les revenus ecossais de ses investissements dans la defense de l'Ecosse. Elle scelle egalement le contrat en renoncant a tout autre arrangement qui ne respecterait pas ces conditions. Selon Susan Doran, historienne a Christ Church (universite d'Oxford), il n'est pas certain que Marie ait lu ces documents puisqu'elle signait deja des documents vierges transmis a sa mere pour des actes officiels.

Francois II et Marie Stuart, Livre d'heures de Catherine de Medicis.
Medaille commemorative du mariage.

Le , la ceremonie du handfasting entre Marie et Francois a lieu au Louvre. Le mariage est celebre le 24 a la cathedrale Notre-Dame de Paris. L'evenement revet une importance particuliere pour la ville, car c'est en deux cents ans la premiere fois que le dauphin se marie a Paris. Les epoux sont recus a la porte ouest par le cardinal de Bourbon, puis l'eveque de Paris prononce un discours sous une voute en fleurs de lis et celebre la messe a l'interieur. Plusieurs observateurs notent une grande difference dans le physique des deux epoux, considerant parfois que cela confere un cote << grotesque >> a la ceremonie. En effet, Marie fait forte impression aux cotes de Francois, de sante fragile et de stature plus legere que son epouse, dont la tenue est particulierement riche[12] :

<< [Sa] robe blanche etait couverte de bijoux et decoree avec des broderies blanches, tandis que sa longue traine de velours gris etait tenue par deux jeunes filles. A son cou se trouvait un pendant etincelant orne de bijoux, un cadeau de son beau-pere, et sur sa tete une couronne en or specialement commissionnee, emaillee de rubis, saphirs et perles ; la rumeur disait que la pierre imposante au centre avait coute la somme enorme de plus d'un demi-million de couronnes. >>

Apres la ceremonie, la procession traverse les rues de Paris jusqu'au palais de justice, ou a lieu un grand banquet. Celui-ci se termine avec six galions pares de draps d'or qui traversent la salle de bal : chacun a un prince masque a son bord, et ils embarquent les six femmes de plus haut rang[15].

Le probleme de la succession de Marie Tudor (1558-1559)

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Henri II sur son lit de mort. De profil, a cote du barreau du lit, Marie Stuart et son epoux, Francois II.

Apres la mort d'Henri VIII (1547), son successeur Edouard VI d'Angleterre meurt en 1553. C'est alors sa demi-soeur Marie Tudor, fille de la princesse espagnole Catherine d'Aragon, qui lui succede.

Pour les catholiques, Marie Tudor est la derniere heritiere legitime d'Henri VIII : le divorce entre Henri et Catherine d'Aragon n'ayant jamais ete reconnu par le pape, son remariage avec Anne Boleyn, mere de la princesse Elisabeth, est considere comme illegitime. La succession de Marie Tudor revient selon eux a Marie Stuart, descendante de la soeur ainee d'Henri VII, Marguerite Tudor, morte en 1541.

Lorsque Marie Tudor meurt le , Marie Stuart peut donc pretendre a la couronne d'Angleterre. Le roi de France Henri II la reconnait d'ailleurs comme reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse ; elle-meme prend, avec son mari, les armes d'Angleterre. Cette proclamation prend place dans la rivalite entre la France et l'Espagne, pour qui l'Angleterre et l'Ecosse ne sont que deux pions dans leurs visees imperialistes. Le pape, bien que sollicite par les agents francais, refuse de prendre le parti de Marie, car il ne veut pas offenser Philippe II d'Espagne, determine a ne pas laisser l'Angleterre tomber sous le controle de la France.

En pratique, c'est Elisabeth qui monte sur le trone d'Angleterre, soutenue par la majorite protestante du royaume.

La situation entre la France et l'Espagne change ensuite rapidement, leurs finances ne permettant plus de soutenir des politiques imperialistes. La paix du Cateau-Cambresis entre l'Espagne et la France est signee au debut du mois d', et Philippe II epouse en troisieme noces Elisabeth de France.

Un tournoi donne le 30 juin en l'honneur de ce mariage (et du mariage entre Marguerite de France et le duc de Savoie) est marque par l'accident subi par Henri II lors d'une joute par Gabriel Ier de Montgommery, qui aboutit a sa mort le 10 juillet, ce qui a pour consequence, entre autres, de bouleverser le projet francais vers les iles Britanniques[19].

Reine de France (1559-1560)

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Moulage du sceau de Francois II et Marie Stuart, roi et reine de France. Archives nationales, SC/D100.
Marie Stuart representee en reine blanche (tenue de deuil blanc).
Portrait commande par la reine a la mort d'Henri II en 1559[20].

Apres le mariage celebre avec un faste inoui a Notre Dame de Paris, les jeunes epoux vont passer leur lune de miel a Amboise au palazotto de Chateau Gaillard, propriete de leur oncle le Cardinal de Guise Lorraine, detenteur du pouvoir.

Ensuite, Marie et son epoux habitent aux appartements royaux de Saint-Germain-en-Laye. Conformement a la coutume, Marie demande a Diane de Poitiers un inventaire des bijoux que cette derniere avait recus d'Henri II et les recupere.

Le temperament du jeune roi et sa sante ne lui permettant pas de faire face aux necessites de la vie quotidienne, il peut encore moins gouverner. Ainsi, son couronnement, initialement prevu le dimanche , doit etre exceptionnellement reporte d'un jour en raison de sa maladie. De ce fait, Francois II est le premier roi a n'etre couronne ni un dimanche, ni un jour saint. Ecoutant les conseils de son epouse, il confie le pouvoir a ses oncles de Guise. Francois indique au parlement qu'il donne au duc de Guise le controle de l'armee tandis que le cardinal prend en charge l'administration et les finances. En theorie, sa mere, Catherine de Medicis, doit toujours etre consultee, mais l'autorite reelle revient aux freres de Guise, devenus les dirigeants effectifs du royaume.

La situation est donc excellente pour les Guise, mais ils savent qu'elle est fragile : la mauvaise sante de Francois ne devant pas lui permettre de vivre longtemps, tous leurs espoirs sont qu'il ait un enfant avec Marie. Toutefois, la sante de Marie est alteree en raison de l'anxiete que lui cause la situation delicate de sa mere en Ecosse. Cependant, les dames d'honneur de la cour mettent les symptomes de Marie sur le compte d'une grossesse. Les Guise ne souhaitant que trop qu'elle soit enceinte, ils repandent ces rumeurs, et Marie finit par y adherer en adoptant les vetements flottants portes par les dames enceintes.

Elle comprend toutefois a la fin qu'il n'en est rien. Le 16 novembre, apres une chasse vers Orleans, Francois prend froid et se plaint de douleurs a la tete. La sante declinante du roi ne pouvant etre rendue publique par les Guise, en raison du conflit interieur avec les huguenots, ils la dissimulent a la cour et aux ambassadeurs. Cependant, la maladie de Francois, localisee dans l'oreille gauche, commence a s'etendre au cerveau et lui cause de frequentes crises de delire. Les Guise font tout leur possible pour sauver le roi, leur succes etant lie a son eventuelle descendance avec Marie. Sous l'influence du cardinal, des processions partent de toutes les eglises de la ville tandis que la cour entiere prie. Mais Francois meurt le .

A la mort de Francois II, son jeune frere Charles IX devient roi et sa mere, Catherine de Medicis, prend le pouvoir en tant que regente, et demande l'inventaire des bijoux. Marie se retire ensuite pour mener le deuil, en suivant la tradition de rester dans une chambre noire pour quarante jours. Elle choisit pour cela l'abbaye Saint-Pierre-les-Dames[note 11] dont sa tante, Renee de Lorraine, est abbesse. C'est aussi dans cette region, la Champagne-Ardenne, qu'elle recoit en douaire la ville et seigneurie d'Epernay. L'ensemble de ses proprietes figurant au contrat de mariage lui rapporte 60 000 livres tournois par an, ce qui permet de vivre confortablement, mais Marie et ses oncles poursuivent leurs ambitions[15].

Vers attribues a Marie Stuart sur la mort de Francois II[21]

En mon triste et doux chant
D'un ton fort lamentable,
Je jette un deuil tranchant,
De perte irreparable,
Et, en soupirs cuisants,
Passe mes meilleurs ans.

Fut-il un tel malheur
De dure destinee,
Ni si triste douleur
De dame infortunee
Qui mon coeur et mon oeil
Voit en biere et cercueil ?

Qui, en mon doux printemps,
Et fleur de ma jeunesse,
Toutes les peines sens
D'une extreme tristesse ;
Et en rien n'ai plaisir
Qu'en regret et desir.

Ce qui m'etait plaisant
Ores m'est peine dure ;
Le jour le plus luisant
M'est nuit noire et obscure ;
Et n'est rien si exquis
Qui de moi soit requis.

J'ai au coeur et a l'oeil
Un portrait et image
Qui figure mon deuil
En mon pale visage
De violettes teint,
Qui est l'amoureux teint.

Pour mon mal etranger
Je ne m'arrete en place ;
Mais j'en ai beau changer,
Si ma douleur n'efface,
Car mon pis et mon mieux
Sont les plus deserts lieux.

Si, en quelque sejour,
Soit en bois ou en pre,
Soit a l'aube du jour
Ou soit a la vespree,
Sans cesse mon coeur sent
Le regret d'un absent.

Si parfois vers ces lieux
Viens a dresser ma vue,
Le doux trait de ses yeux
Je vois en une nue ;
Ou bien le vois en l'eau
Comme dans un tombeau ;

Si je suis en repos,
Sommeillante sur ma couche
J'ois qu'il me tient propos,
Je le sens qu'il me touche.
En labeur, en recoy,
Toujours est pres de moi.

Mets, chanson, ici fin
A si triste complainte
Dont sera le refrain :
Amour vraie et non feinte
Pour la separation
N'aura diminution.

L'Ecosse est divisee sur la question religieuse. Du fait des troubles religieux en France, il devient plus difficile pour les Guise de secourir les partisans ecossais de Marie. Selon les termes du traite d'Edimbourg signe par les representants de Marie le , suivant la mort de Marie de Guise, la France decide de retirer ses troupes d'Ecosse et de reconnaitre les droits d'Elisabeth sur le royaume d'Angleterre. Marie refuse de ratifier ce traite.

Elle porte alors les deuils successifs de son mari et de sa mere, dont les restes viennent d'etre apportes d'Edimbourg a Reims. C'est de la, enfin, qu'elle part pour s'embarquer a Calais et quitter definitivement la France, le .

Le retour en Ecosse (1561-1568)

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Evolution de la politique interieure ecossaise sous Marie de Guise (1557-1561)

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John Knox, figure importante de la reforme ecossaise.

Bien que des nobles protestants fassent partie du gouvernement ecossais forme par Marie de Guise, un petit nombre d'entre eux ne lui font pas confiance et se rassemblent comme Lords de la Congregation en decembre 1557. En 1559, John Knox, figure de la Reforme ecossaise, rentre en Ecosse, recherchant le soutien des nobles pour promouvoir sa cause, et entreprend donc un tour du pays. Chez James Sandilands (en), il arrive a rallier deux personnages importants : Archibald Campbell et James Stuart, le demi-frere de Marie Stuart. Il continue son tour, gagnant d'autres nobles comme John Erskine, et sejourne a Edimbourg, Ochiltree (demeure de lord Ochiltree (en)) et chez le comte de Glencairn. Galvanises, les Lords de la Congregation emettent des revendications pour un changement religieux ; Marie de Guise doit faire appel a l'aide militaire de la France, recevant a la fin aout 1 800 soldats[19],[22].

Dans le meme temps, Marie de Guise enregistre des defections dans son gouvernement. William Maitland de Lethington, son secretaire d'Etat, se rend compte qu'elle oeuvre pour l'annexion de l'Ecosse a la France, menacant ainsi la souverainete nationale. Alors que les Lords de la Congregation occupent Edimbourg a la fin octobre, il y voit l'occasion ideale pour deserter de Leith (port d'Edimbourg ou la reine douairiere est refugiee) : quelques jours plus tard, apprenant que Marie de Guise desire l'annexion de l'Ecosse, les Lords la deposent.

Marie de Guise parvient a revenir brievement a Edimbourg, mais Elisabeth Ire s'implique dans le conflit : pensant que la presence de l'armee francaise et la defaite des protestants peuvent etre un plan pour installer Marie Stuart sur le trone d'Angleterre, elle decide d'envoyer des fonds aux Lords et demande a l'amiral Winter (en) de bloquer Leith[22]. Fin fevrier, Maitland est envoye en emissaire aupres d'Elisabeth, et ils signent le traite de Berwick par lequel Elisabeth envoie des troupes pour soutenir les protestants. L'armee conduite par lord Grey assiege Leith en mars. La situation en France ne permet plus l'envoi de renforts.

Les efforts diplomatiques de Maitland conduisent a la ratification, par un grand nombre de nobles, d'un document signant l'expulsion des troupes francaises et la defense de la reforme religieuse. Parmi les signataires figurent Huntly, Morton, Borthwick, et les Kerr (en).

Marie de Guise meurt le .

Reine d'Ecosse (1561-1567)

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Periode de rapprochement avec les protestants (1561-1565)

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La jeune veuve rentre en Ecosse l'annee suivante. Malgre son education, elle n'est pas preparee aux intrigues en cours a la cour d'Ecosse a cette epoque.

La question religieuse divise le peuple entre catholiques et protestants, ceux-ci (majoritaires) ont a leur tete le frere illegitime de Marie, James Stuart, comte de Moray. Catholique fervente, Marie est vue avec suspicion par une grande partie de ses sujets. Son gout pour la danse et les robes sophistiquees est denonce par des predicateurs protestants, dont le principal est John Knox.

Mais elle ne prend pas la tete du parti catholique, ce qui decoit ses membres. Au contraire, prenant acte du manque de forces militaires a opposer aux nobles protestants, elle conserve James Stuart comme principal conseiller. En 1561, elle invite Elisabeth Ire en Ecosse afin de rechauffer leurs relations diplomatiques, mais la reine d'Angleterre refuse et le desaccord se creuse encore entre elles.

En 1562, Marie soutient James Stuart dans la guerre contre les catholiques souleves, menes par Huntly, qui est vaincu et fait prisonnier lors de la bataille de Corrichie (28 octobre 1562), et meurt peu apres.

Mariage avec Darnley (1565) et conflit avec les protestants

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Henry Stuart, Lord Darnley, deuxieme epoux de Marie.

Le , Marie epouse sans preavis[pas clair] son cousin germain Henry Stuart, lord Darnley, petit-neveu du roi Henri VIII. Ce mariage avec un chef catholique suscite la rebellion de James Stuart et du parti protestant, qui sont mis en deroute lors du raid de Chaseabout (en) (26 aout 1565).

Marie tombe enceinte durant l'automne 1565. Darnley devient alors arrogant, exigeant les pouvoirs que lui donne le titre de roi consort. Il est aussi jaloux de l'amitie de Marie avec son secretaire David Rizzio. En mars 1566, Darnley entre dans une conspiration avec les nobles qui se sont rebelles precedemment[pas clair]. Le 9 mars, un groupe de conspirateurs, dont Darnley, assassine Rizzio pendant qu'il est en conference avec la reine au palais de Holyrood.

Darnley attaque Marie et tente sans succes de provoquer un avortement[pas clair], ce qui aboutit a une rupture de leur mariage.

Liaison avec Bothwell (1566) et mort de Darnley

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Jacques, fils de Marie et de Darnley.

En juin 1566, Marie s'engage dans une liaison avec James Hepburn, comte de Bothwell (1534-1578). Un complot est mis en place pour eliminer Darnley, deja malade (peut-etre de la syphilis), mais a qui Marie rend regulierement visite, ce qui peut laisser penser qu'une reconciliation est possible.[pas clair]

Le , elle accouche du fils de Darnley, prenomme Jacques, futur roi d'Ecosse (1567) puis d'Angleterre (1603).

En , les troubles nerveux et les crises de douleurs abdominales dont elle souffre depuis l'adolescence (les historiens les attribuent au stress mental, a des hemorragies dues a un ulcere gastrique ou a la porphyrie[23]) s'aggravent au point qu'elle perd la vue et la parole. Consideree un moment comme mourante, elle recouvre pourtant la sante grace a la competence de ses medecins francais[24].

En fevrier 1567, alors que Darnley se trouve en convalescence a Kirk o' Field a Edimbourg, une explosion detruit la maison. Darnley est retrouve mort dehors, etrangle ou etouffe avant l'explosion[25]. Cet evenement destine a sauver Marie ne fait que salir sa reputation. Bothwell, considere comme le coupable, est acquitte par un tribunal de complaisance.

Mariage avec Bothwell (avril 1567)

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Le , il fait enlever Marie et l'epouse peu apres. Selon certains historiens, il aurait abuse d'elle afin de la contraindre au mariage pour eviter le deshonneur[26]. En realite, il semble que Marie ait ete amoureuse de Bothwell ; le mythe du viol a ete enonce pour la premiere fois dans un ouvrage de l'eveque de Ross, John Lesley, Rhime in Defence of the Queen of Scots[27].

Arrestation et abdication de Marie (juin-juillet 1567)

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Ce mariage scelle le destin de Marie. Un groupe de nobles forme une ligue et, le , bat les troupes de Bothwell sur le domaine de Carberry Tower lors de la bataille de Carberry Hill. Bothwell reussit a s'enfuir et a quitter le royaume tandis que Marie est emprisonnee au chateau de Loch Leven.

Entre le 18 et le , elle fait une fausse couche. Selon Stefan Zweig[note 12] et Muhlstein[Qui ?], elle aurait perdu des jumeaux[28],[29], mais selon Mary[Qui ?], il n'y avait qu'un seul enfant[30].

Le 24 juillet, elle abdique le trone d'Ecosse en faveur de son fils[31], qui devient a l'age d'un an Jacques VI d'Ecosse.

Prisonniere d'Elisabeth 1re en Angleterre (1568-1587)

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Marie Stuart, d'apres Nicholas Hilliard.

Evasion de Marie et depart en Angleterre (mai 1568)

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Le , Marie Stuart s'evade et leve une petite armee. Trois jours apres sa defaite a la bataille de Langside le , elle s'enfuit en Angleterre.

Emprisonnement () et enquete sur la mort de Darnley

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Elle est emprisonnee par les officiers d'Elisabeth a Carlisle le . Elle prononce alors cette phrase celebre << En ma fin git mon commencement >>[note 13], qu'elle brode sur sa robe.

Chambre a coucher de Marie au chateau de Bolton ou elle fut detenue.

Apres quelques hesitations sur l'accusation du meurtre de Darnley, Elisabeth Ire ordonne une enquete plutot qu'un proces. Marie est detenue a Bolton d'octobre 1568 a janvier 1569 tandis qu'une commission d'enquete, chargee d'evaluer les preuves de sa culpabilite, siege a York[32],[33].

L'enquete est sous influence politique -- Elisabeth ne souhaite pas la condamner pour meurtre et Marie refuse de reconnaitre l'autorite de quelque cour que ce soit. Il suffit de la garder hors d'Ecosse et de controler ses partisans.

Le cas tient dans les huit lettres du coffret qui auraient ete ecrites par Marie a Bothwell et decouvertes par le comte de Morton. Marie n'est pas autorisee a les voir ni a parler pour sa defense. Elle refuse d'offrir une defense ecrite a moins qu'un verdict de non-culpabilite ne lui soit assure, ce que refuse Elisabeth. Bien qu'une analyse graphologique attribue ces lettres a Marie, le tribunal ne peut conclure a la culpabilite. Les lettres originales seront perdues en 1584 et les copies ne sont pas completes.

Assignee a residence chez le comte de Shrewsbury (1569-1586)

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Elisabeth considere les pretentions de Marie au trone d'Angleterre comme une menace : le 26 janvier 1569, elle l'assigne a residence dans les domaines du comte de Shrewsbury George Talbot, charge de sa surveillance, assiste par son epouse Bess de Hardwick. Ces domaines, situes autour de Sheffield et de Derby, sont a mi-chemin entre Londres et l'Ecosse et assez eloignes de la mer.

Elle dispose d'une domesticite importante, jamais inferieure a seize personnes, incluant notamment dames d'honneurs et de compagnies, secretaires, medecins et cuisiniers . C'est par une veritable cour en miniature que la reine s'entoure pendant sa captivite. Certaines personnes de sa suite y effectuent un service d'espionnage pour le compte des ministres William Cecil et de Francis Walsingham.

Bess de Hardwick, dont George Talbot est le quatrieme epoux, a eu precedemment une fille de William Cavendish, Elizabeth (1555-1582), qui epouse (en secret) en 1574 Charles Stuart, frere cadet de Lord Darnley (d'ou une fille, Arbella, 1575-1615). Ce mariage provoque la colere de la reine d'Angleterre, qui sanctionne Bess de Hardwick par un sejour a la Tour de Londres.

Marie vit dans ces conditions jusqu'en 1586. Durant cette periode, Bothwell, emprisonne au Danemark, devient fou et meurt en 1578 en prison.

Charles Bailly (1540-1596), son secretaire, apres avoir ete enferme a la tour de Londres[34], est libere et rejoint Bruxelles. Il est enterre au Sablon a Bruxelles, puis dans l'eglise Saint-Nicolas de La Hulpe. Une partie du monument funeraire se trouve encore dans l'eglise de ce village[35].

Accusations de complot contre Elisabeth

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Apres tant de chretiens dont les tourments affreux
Ont emu votre coeur et fait pleurer vos yeux,
La fille des Stuarts voici paraitre en scene,
Epouse, mere et soeur des plus illustres rois.
Contre une royaute plus heureuse cent fois,
Elle echange en mourant, sa couronne de reine.

-- Richard Verstegen, Theatre des cruautes des Heretiques, de France, d'Angleterre et des Pays-Bas.

Marie devient progressivement une charge qu'Elisabeth Ire ne peut plus tolerer, en raison de nombreux rapports de complots projetant de la tuer ; certains historiens[Qui ?] suspectent qu'ils etaient fomentes par les ennemis de Marie.

Marie Stuart est experte dans l'art du chiffre. En France, ses interets ont ete defendus des 1565 par le mathematicien et cryptologue Francois Viete avec qui elle partageait ce talent. Les lettres codees qu'elle echange avec ses partisans sont interceptees puis dechiffrees.

En 1586, un nouveau complot contre Elisabeth Ire est decouvert : la conspiration de Babington, impliquant quelques nobles catholiques, mais organisee par la cour de Madrid en liaison avec la Ligue catholique de France, dont le chef durant cette periode des debuts la huitieme guerre de religion (1585-1598) est le duc Henri de Guise, parent de Marie.

Un facteur diplomatique important est que, depuis aout 1585, l'Angleterre est en guerre contre l'Espagne, en raison du ralliement d'Elisabeth[36] a la cause de l'insurrection des Pays-Bas contre Philippe par le traite de Sans-Pareil (10 aout 1585), conclu avec les Provinces-Unies, qui recoivent l'appui d'un corps expeditionnaire anglais (Robert Dudley). En reaction, Philippe II prepare depuis cette date une grande expedition (dite << Invincible Armada >>) contre l'Angleterre : il s'agit de debarquer des troupes en Angleterre, d'arreter Elisabeth et de retablir un gouvernement catholique a Londres, permettant alors de soumettre facilement les provinces neerlandaises rebelles[37].

Arrestation (), proces et condamnation a mort (25 octobre)

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Walsingham a intercepte des lettres qui vont servir de pretexte a sa condamnation[38] comme suspecte de participation a la conspiration de Babington.

Elle est arretee le et emprisonnee a Tixal House, pres de Stafford, puis emmenee en septembre au chateau de Fotheringhay. En octobre, commence son proces pour trahison en vertu du Safety of the Queen Act (en) de 1584. Le tribunal est forme de trente-six gentilshommes, dont Cecil, Walsingham et Shrewsbury.

Elle est jugee coupable le 25 octobre et condamnee a mort, un seul juge refusant de donner sa voix, Lord Zouche (en).

Attente avant l'execution (novembre 1586-janvier 1587)

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Cependant, Elisabeth ne tient pas absolument a ce que la sentence soit executee, pour des raisons principalement politiques : creation d'un precedent et crainte de represailles de la part du roi d'Ecosse, Jacques VI, fils de Marie, en liaison avec les puissances catholiques (c'est-a-dire principalement l'Espagne). Mais elle s'oppose en cela au Parlement qui est favorable a l'execution.

Elisabeth aurait contacte le geolier de Marie, Paulet, pour lui demander s'il y aurait un moyen d'<< abreger sa vie >>, mais il refuse categoriquement de s'impliquer dans une telle action.

Elisabeth signe donc le decret d'execution le , et confie la mission a un membre du Conseil prive, William Davison. Mais William Cecil intervient a l'insu d'Elisabeth au Conseil prive, et le 3 fevrier, dix membres decident une execution rapide. Marie est informee le 7 fevrier au soir qu'elle sera executee le lendemain matin.

Execution de Marie et funerailles

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Lettre a Henri III ()

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Informee de sa prochaine execution, Marie envoie une lettre d'adieu a Henri III.

Lettre de Marie Stuart adressee a Henri III de France, le 8 fevrier 1587 :

<< Monsieur mon beau-frere, estant par la permission de Dieu pour mes peches comme je crois venue me jeter entre les bras de cette Roine ma cousine, ou j'ai eu beaucoup d'ennuis & passe pres de vingt ans, je suis enfin par elle & ses etats condamnee a la mort, & ayant demande mes papiers par eux ostes a cette fin de faire mon testament, je n'ai peu rien retirer qui me servist, ni obtenir conge d'en faire un libre, ni qu'apres ma mort mon corps fust transporte selon mon desir en votre royaume ou j'ai eu l'honneur d'estre roine votre soeur & ancienne alliee.

Ce jour, apres diner ma este denoncee ma sentence pour etre executee demain comme une criminelle a huit heures du matin. Je n'ay eu loisir de vous faire un ample discours de tout ce qui s'est passe, mais s'il vous plaist de croire mon medecin & ces autres miens desoles serviteurs, vous oyrez la verite & comme graces a dieu je mesprise la mort & fidelement proteste de la recevoir innocente de tout crime quand je serois leur sujette. La religion catholique & le maintien du droit que Dieu m'a donne a cette couronne sont les deux poincts de ma condamnation & toutesfois ils ne me veulent permettre de dire que c'est pour la religion catholique que je meurs mais pour la crainte du change de la leur & pour preuve ils m'ont ote mon aumonier lequel bien qu'il soit en la maison je n'ai pu obtenir qu'il me vint confesser ni communier a ma mort, mais m'ont fait grande instance de recevoir la consolation & doctrine de leur ministre amene pour ce fait. Ce porteur & sa compaignie - la plupart de vos subjets - vous tesmoigneront mes deportements. En ce mien acte dernier il reste que je vous supplie, comme roi tres chrestien mon beau-frere & ancien allie & qui m'avez toujours proteste de m'aimer, qu'a ce coup vous faisiez preuve en touts ces poincts de vostre vertu tant par charite me soulageant de ce que pour decharger ma conscience je ne puis sans vous qui est de recompenser mes serviteurs desoles leur laissant leurs gages l'autre faisant prier Dieu pour une roine qui a ete nommee tres chresienne & meurt catholique denuee de touts ses biens, quant a mon fils je le vous recommande autant qu'il le meritera car je n'en puis repondre. J'ai pris la hardiesse de vous envoyer deux pierres rares pour la sante vous la desirant parfaite avec heureuse & longue vie. Vous les recevrez comme de votre tres affectionnee belle-soeur mourante en vous recommandant encore mes serviteurs. Vous ordonnerez s'il vous plaist que pour mon ame je sois payee de partie de ce que me devez & qu'en l'honneur de Jesus Christ lequel je prierai demain a ma mort pour vous me laisser de quoi fonder un obit & faire les aumones requises.

ce mercredi a deux heures apres minuit Votre tres affectionnee & bien bonne soeur >>

L'execution (8 fevrier 1587)

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Mary, Queen of Scots, Being Led to Her Execution (1871) par Laslett John Pott.
La Mort de Marie Stuart (avant 1861) par Abel de Pujol : Jane Kennedy bandant les yeux de la reine.

L'execution a lieu au chateau de Fotheringhay le a dix heures du matin. Il s'agit d'une decapitation a la hache (le glaive, symbole de la justice divine, commun en France, lui a ete refuse).

Marie arrive portant une tenue rouge sous sa robe d'apparat, se declarant elle-meme martyre catholique. Son crucifix est ecrase au sol.

Lorsque ses servantes s'avancent pour la deshabiller, les bourreaux s'interposent, car la coutume veut qu'ils recuperent les vetements des condamnes. Marie s'offusque, disant qu'elle ne s'est jamais deshabillee devant autant d'hommes. Mais elle finit par se resigner sans se denuder totalement.[ref. necessaire] Voyant alors sa detresse de se trouver nue, une de ses servantes s'avance et lui noue un foulard sur les yeux.

Elle se met alors en place sur le billot. Les temoignages confirment que son bourreau, ivre, va s'y reprendre a trois reprises pour executer la sentence[39].

Le premier coup lui fait seulement une entaille sur l'os occipital. Le deuxieme tombe sur la nuque sans completement couper le cou, et ce n'est qu'au troisieme que la tete se decolle. Le bourreau la ramasse pour la presenter au peuple, sans se rendre compte que la perruque se trouve encore sur le crane. Elle lui reste dans les mains et la tete tombe au sol.

Le bourreau la met en exposition sur un balcon proche ou elle reste une journee.

Inhumations

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Tombeau de Marie Stuart a Westminster.

Marie Stuart souhaitait etre inhumee a Reims, a cote de sa mere, de son oncle le cardinal, et de sa tante l'abbesse. Mais l'inhumation par Scarlett Robert a lieu dans la cathedrale de Peterborough.

Son corps est exhume en 1612, son fils, Jacques VI d'Ecosse et Jacques Ier d'Angleterre, ayant ordonne qu'il soit place dans l'abbaye de Westminster ou il repose depuis lors, a dix metres du tombeau de sa cousine Elisabeth.

Pamphlets catholiques sur la mort de Marie

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L'execution de Marie Stuart est denoncee par les pamphletaires catholiques, tel Richard Verstegen, pensionne par le roi d'Espagne, comme une violation du droit divin : << Cette pauvre Princesse s'asseurant a la foi d'une Royne, pret port en Angleterre, ou on la met prisonniere, & y est vingt ans entiers ou peu s'en faut, la changeant de lieu diversement & souvent, a fin de la molester d'avantage ; & combien qu'elle ne fust subjette qu'a Dieu, auquel elle avoit a rendre compte de ses actions, ce neantmoins cette perfide heretique, ayant viole le droit divin de nature & des gens, luy fait trancher la teste au Chasteau de Fodrinhaye 1587, le jour des Cendres non pour autre occasion qu'elle estoit ferme & constante Catholique, et pour laisser son Royaume au comte de l'Ecestre un de ses rufians, faisant mourir les heritiers legitimes >>[40].

Ascendance de Marie Stuart
32. Jacques Ier d'Ecosse
16. Jacques II d'Ecosse
33. Jeanne Beaufort
8.Jacques III d'Ecosse
34. Arnold de Gueldre
17. Marie d'Egmont
35. Catherine de Cleves
4.Jacques IV d'Ecosse
36. Thierry d'Oldenbourg
18. Christian Ier de Danemark
37. Hedwige de Holstein-Rendsbourg
9.Marguerite de Danemark
38. Jean IV de Brandebourg-Kulmbach
19. Dorothee de Brandebourg-Kulmbach
39. Barbara de Saxe-Wittemberg
2.Jacques V d'Ecosse
40. Owen Tudor
20. Edmond Tudor
41. Catherine de France
10. Henri VII d'Angleterre
42. Jean Beaufort
21. Margaret Beaufort
43. Marguerite Beauchamp
5.Marguerite Tudor
44. Richard d'York
22. Edouard IV d'Angleterre
45. Cecile Neville
11. Elisabeth d'York
46. Richard Woodville
23. Elisabeth Woodville
47. Jacquette de Luxembourg-Saint-Pol
1.Marie Ire d'Ecosse
48. Antoine de Vaudemont
24. Ferry II de Vaudemont
49. Marie d'Harcourt
12. Rene II de Lorraine
50. Rene d'Anjou
25. Yolande d'Anjou
51. Isabelle Ire de Lorraine
6.Claude de Lorraine
52. Arnold de Gueldre (52=34)
26. Adolphe de Gueldre
53. Catherine de Cleves (53=35)
13. Philippe de Gueldre
54. Charles Ier de Bourbon
27. Catherine de Bourbon
55. Agnes de Bourgogne
3.Marie de Guise
56. Louis Ier de Bourbon-Vendome
28. Jean VIII de Bourbon-Vendome
57. Jeanne de Laval
14. Francois de Bourbon-Vendome
58. Louis de Beauvau
29. Isabelle de Beauvau
59. Marguerite de Chambley
7.Antoinette de Bourbon-Vendome
60. Louis de Luxembourg-Saint-Pol
30. Pierre II de Luxembourg-Saint-Pol
61. Jeanne de Marle
15. Marie de Luxembourg-Saint-Pol
62. Louis Ier de Savoie
31. Marguerite de Savoie
63. Anne de Lusignan

Arbres genealogiques

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Branche britannique

Legende :
rois et reines d'Angleterre :
rois et reines d'Ecosse :
rois et reines de France :

Jacques II
c. 1430-1460


1437-1460
Marie de Gueldre
c. 1434-1463

1449-1460
James Hamilton
Lord Hamilton

c. 1415-1479
Marie Stuart
Comtesse d'Arran

c. 1453-1488
Alexandre Stuart
1er duc d'Albany

c. 1454-1485
Jacques III
c. 1452-1488


1460-1488
Marguerite de Danemark
1456-1486

1469-1486
Janet Bethune
c. 1490
c. 1522
James Hamilton
1er comte d'Arran

c. 1475-1529
Elizabeth Hamilton
Matthew Stewart
2e comte Lennox

c. 1460-1513
Henri VII
c. 1457-1509


1485-1509
Elisabeth d'York
c. 1466-1503

1486-1503
John Stewart
3e comte Lennox

c. 1490-1526
Elizabeth Stewart
Archibald Douglas
6e comte d'Angus

1489-1577
Margaret Tudor
1489-1541

1503-1513
Jacques IV
1473-1513


1488-1513
Arthur Tudor
1486-1502
Henri VIII
1491-1547


1509-1547
Louis XII
1462-1515


1498-1515
Marie Tudor
1496-1533


1514-1515
Charles Brandon
1er duc de Suffolk

C. 1484-1545
Margaret Douglas
Comtesse d'Arran
b. c. 1510
James Hamilton
duc de Chatellerault

c. 1516-1575
Matthew Stewart
4e comte Lennox

1516-1571
Margaret Douglas
Comtesse de Lennox
1515-1578
Marie de Guise
1515-1560

1538-1542
Jacques V
1512-1542


1513-1542
Madeleine de France
1520-1537

1537-1537
Margaret Erskine
1515-1572
Marie I
1516-1558


1553-1558
Elisabeth I
1533-1603


1558-1603
Edouard VI
1537-1553


1547-1553
Frances Brandon
1517-1559
James Hamilton
3e comte d'Arran

c. 1532-1609
John Hamilton
1er marquis de Hamilton

c. 1535-1604
Henry Stuart
Lord Darnley

1546-1567
Mary Stuart
1542- 1587

1542-1567

1559-1560
Francois II
1544-1560


1559-1560
James Hepburn
comte de Bothwell

c. 1534-1578
James Stuart
comte de Moray

1532-1570
Jeanne Grey
1537-1554


1553
(9 jours)
Catherine Grey
1540-1568
Marie Grey
1545-1578
Jacques
VI et Ier

1566-1625

1567-1625
1603-1625
Branche francaise

Legende :
Roi de France (Valois)
Roi de France (Bourbon)
Roi et Reine d'Ecosse
Roi d'Espagne


Francois de Bourbon-Vendome
(1470-1495)
Marie de Luxembourg
(1462-1546)
Charles VIII
l'Affable
(1470-1498)

1483
Anne de Bretagne
(1477-1514)
Louis XII
le Pere du Peuple
(1462-1515)

1498
Louise de Savoie
(1476-1531)
Charles d'Orleans
(1459-1496)
Francoise d'Alencon
(1490-1550)
Charles IV de Bourbon
(1489-1537)
Antoinette de Bourbon
(1494-1583)
Claude de Lorraine
(1496-1550)
Renee de France
(1510-1575)
Claude de France
(1499-1524)
Francois Ier
(1494-1547)

1515
Marguerite de Navarre
(1492-1549)
Henri d'Albret
(1503-1555)
Jacques V
(1512-1542)

Ecosse
Marie de Guise
(1518-1562)
Francois de Guise
(1519-1563)
Charles de Lorraine
(1524-1574)
Claude II d'Aumale
(1526-1573)
Louis de Lorraine
(1527-1578)
Henri II
(1519-1559)

1547
Catherine de Medicis
(1519-1589)
Jeanne III de Navarre
(1528-1572)
Antoine de Bourbon
(1518-1562)
Marie Stuart
(1542-1587)

Ecosse
Francois II
(1544-1560)

1559
Philippe II
(1527-1598)

Espagne
Elisabeth de France
(1545-1568)
Charles IX
(1550-1574)

1560
Elisabeth d'Autriche
(1554-1592)
Henri III
(1551-1589)

1574
Louise de Lorraine-Vaudemont
(1553-1601)
Henri IV
le Grand
(1553-1610)

1589
Marguerite de France
(1553-1615)
Francois de France
(1555-1584)

Une reine poetesse

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Marie Stuart a laisse a la posterite une creation poetique qui nous est partiellement parvenue par des manuscrits autographes majoritairement en francais ou des transcriptions[41]. Elle a egalement redige des oeuvres en latin[42].

Les autographes de Marie Stuart connus en 2019 comprennent dix-neuf poemes et fragments, dont quatorze sont des notes marginales du Livre d'heures de Marie Stuart, conserve a la Bibliotheque nationale de Russie. Le plus ancien, << Si ce Lieu est pour ecrire ordonn[e] >>, se trouve sur un feuillet integre aux Heures de Diane de Croy. Il est conserve a la Ruskin Gallery de Sheffield[41].

L'utilisation de poemes attribues a Marie Stuart comme pieces a convictions lors de son proces et sa condamnation, ainsi que les tensions politico-religieuses entre les cours d'Ecosse, d'Angleterre et de France dans la periode qui suit ont rendu difficile la transmission de son oeuvre. Les ecrits designes par << Casket letters (en) >> contiennent ainsi onze sonnets et un sizain dont les originaux sont perdus et dont l'authenticite a ete contestee du vivant meme de Marie Stuart. Plusieurs de ses contemporains, qui peuvent avoir eu des positions tranchees tant en faveur que contre la reine d'Ecosse lors de son proces, publient des vers qu'ils lui attribuent : John Lesley, George Buchanan (humaniste), Thomas Chaloner (homme d'etat) (en) Thomas Smith et Brantome. Quelques copies sont enfin retrouvees au XIXe siecle dans des archives d'etat britanniques[41].

La Bibliotheque nationale de France recense 69 documents[43] dont La Harangue de... Marie d'Estvart, Reine d'Ecosse, Douairiere de France, faite en l'assemblee des Etats de son Royaume, tenus au mois de Mai dernier passe. Avec le Sermon Funebre fait a Nancy, aux obseques & funerailles de... Francois de Lorraine, Duc de Guyse, en l'eglise des Cordeliers... Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinite...[44]. On retrouve cependant dans ce compte Adieu France ! mis en musique par Edmond de Polignac[45], reconnu depuis comme un faux du XVIIIe siecle redige par Anne-Gabriel Meusnier de Querlon[42]. La Societe Marie Stuart (anglaise) donne ces deux poemes : Fotheringhay et Verses on the death of Francis II[46]. Le Queen Mary's book propose une collection complete de ses poemes et essais traduits en anglais[42].

Dans la culture populaire

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Marie Stuart a fait l'objet de tres nombreux ouvrages, dans une perspective historique ou romanesque[47]. Le docteur Jenny Wormald, membre honoraire d'histoire ecossaise a l'universite d'Edimbourg, declara -- non sans humour -- que la seule Marie ayant fait l'objet de davantage de publications que Marie Stuart etait la Vierge Marie :

<< Comme sujet d'etudes historiques, et heroine romantique d'oeuvres de fiction, Marie, reine d'Ecosse, predomine sur toutes les Marie qui l'ont precedee, seule la Vierge faisant mieux. [Dans le catalogue de 1962 des livres a la British Library], la Vierge Marie a 150 pages qui lui sont devolues, Marie reine d'Ecosse 455 livres, et la reine anglaise Marie Tudor dite << la sanglante >> 73[48]. >>

La majorite des oeuvres retracant la vie d'Elisabeth Ire d'Angleterre font egalement reference a Marie Stuart et/ou la mettent en scene.

Litterature

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The Rival Queens (Marie Stuart defiant Elizabeth I d'Angleterre). Lithographie de Currier & Ives (ca. 1857-1871), Metropolitan Museum of Art, New York, USA. Cette scene est imaginaire, en effet les deux souveraines ne se sont jamais rencontrees en personne[50].
  • Honore de Balzac la met en scene dans Sur Catherine de Medicis (1830 - 1842), en rappelant les liens de parente des deux reines[51].
  • Joseph Brodsky, 20 sonnets a Marie Stuart (20 sonetov k Marii Stuart), 1972. Ce cycle de 20 sonnets est dedie a Marie Stuart, qui rappelle au poete une femme qu'il a aimee. Il a ceci de remarquable que le schema de rime varie avec chaque sonnet.
  • Madame de La Fayette, La Princesse de Cleves, 1678. Marie Stuart, alors dauphine, est l'un des personnages principaux du roman.
  • Alexandre Dumas, Les crimes celebres, Marie Stuart, 1839.
  • Jean Plaidy, Marie Stuart, Femme & Reine 1956.
  • Danny Saunders, Marie Stuart, la reine captive, 2010. Ce roman historique raconte -- de maniere plutot romancee -- la vie de la reine des Ecossais. (ISBN 978-2-8958-5074-8).
  • Christian Soleil, La Longue nuit de Marie Stuart, editions Edilivre, 2015. La derniere nuit precedant l'execution est l'occasion de faire defiler l'ensemble de son existence. (ISBN 978-2-3328-7117-6).
  • Walter Scott, dans son roman L'Abbe, evoque la periode a : la captivite de Marie Stuart a Loch Leven, son evasion, la defaite de Langside, la fuite en Angleterre.
  • Marcelle Vioux, Marie Stuart, grand roman historique, Fasquelle, 1946.
  • Stefan Zweig, Marie Stuart, . Zweig retrace la vie romanesque de la reine d'Ecosse et depeint les trefonds de son ame tels qu'il les a lus.
  • La Vierge et la putain (2015), de Nicolas Juncker, diptyque en bande dessinee mettant en scene les destins croises des deux reines Marie Stuart et Elisabeth Tudor.
  • Ken Follett, Une colonne de feu 2017, roman d'espionnage qui mele personnages de fictions et personnages historiques, dont Marie Stuart de sa jeunesse en France jusqu'a son execution en Angleterre.
  • Jodi Taylor, Les chroniques de St Mary, Tome 2 du roman D'echos en echos, 2013, roman de fantasy historique dans lequel un groupe de personnages rencontre Marie Stuart avant son mariage avec Bothwell.
  • La rose Marie Stuart[56].
  • La Maison de Champagne Marie Stuart depuis 1867 a Reims[57],[58].

Notes et references

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  1. | Dont le mariage avec Walter Stuart avait permis a la maison Stuart d'acceder au trone d'Ecosse.
  2. | Une certaine dose de sensationnel entoure d'une part les circonstances du deces de Jacques V, et d'autre part la phrase qu'il aurait prononcee sur la couronne. Pour le premier cas, dans l'emission Secrets d'histoires, Hortense Dufour declare que << quand Jacques V d'Ecosse a su qu'il avait une fille, il s'est tourne contre un mur et il est mort ; mort de desespoir, et de melancolie >>. La voix off ajoute que << [le pere de Marie Stuart] se suicide a l'annonce de sa naissance [...] et c'est Marie de Guise, sa mere, qui exercera le pouvoir en son nom >>, deux assertions erronees. Pour le second point, cette citation est probablement apocryphe. Elle apparait pour la premiere fois sous la plume de John Knox, adversaire de Marie, dans les annees 1560.
  3. | La marge de manoeuvre d'Arran etait tres faible, mais il conserva cependant son role de regent jusqu'en 1550, quand Marie de Guise devint officiellement regente. L'issue de la convention des nobles est donc plus faible que ce dont se vantait George Douglas, et consiste plutot en un renforcement de la gestion de Marie Stuart par sa mere.
  4. | Differentes orthographes cohabitent quant au nom de l'ambassadeur. Il est parfois ecrit Cleutin au lieu de Clutin, ou Oisel a la place de Oysel. Certaines de ses lettres dans les archives de France furent publiees par Teulet (1807-1866) dans le 7e volume de Papiers d'Etat, pieces et documents inedits ou peu connus relatifs a l'histoire de l'Ecosse au XVIe siecle.
  5. | Il est connu que Marie a ete retiree de Stirling, mais l'endroit ou elle est emmenee est garde secret. Odet de Selve, ambassadeur de France en Angleterre, ecrira ainsi qu'elle fut envoyee au << pays des sauvages >>, ce qui etait la denomination pour les Highlands.
  6. | Il existe une discussion quant a l'endroit ou Marie debarqua en premier lieu. Un de ses biographies, l'eveque John Lesley, a propose Brest. Cependant, Henri II parle de Roscoff dans sa correspondance. De Breze, qui fut envoye par Henri II pour aller chercher Marie avec la flotte, pourrait eclaircir la situation et il envoie en effet deux lettres : le 18 aout 1548, une a Marie de Guise, et une autre a Francois de Guise. Au premier abord, ces lettres pourraient sembler incoherentes puisque celle destinee a Marie de Guise indique un debarquement a Saint-Pol-de-Leon tandis que celle adressee a Francois parle de Roscoff, et serait ainsi la source reprise par Henri II. Cependant, Roscoff etait un petit village de peche et le port qui desservait la ville de Saint-Pol : Marie aurait donc debarque a Roscoff, puis se serait reposee a Saint-Pol. Voir sur le sujet : (en) Lord Guthrie, << Mary Stuart and Roscoff >>, Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland, volume 42 (1907-08).
  7. | Dans ce contexte, << cour de France >> ne designe pas un endroit precis mais une des residences du roi de France. Parmi les residences qui eurent le plus d'importance pour Marie se trouvent le chateau de Saint-Germain-en-Laye et le chateau d'Anet, commande par Henri II pour Diane de Poitiers.
  8. | . Stevenson semble avoir apprecie la morale d'Antoinette, et en brosse un portrait hagiographique qui permet de comprendre clairement que son role puisse avoir ete exagere :

    << [A la mort de son mari], Antoinette devoua le reste de sa vie au soin des pauvres, des veuves et des orphelins, auxquels elle prodiguait elle-meme les soins. Dans sa biographie, Jean Gontery la tient en estime comme un miroir de la perfection, une princesse d'une vertu rare, une femme admirable pour sa charite, sa patience chretienne et son entiere devotion a son mari. Elle tient sa maison avec une economie mesuree, et gouverne ses nombreux domestiques avec un melange d'autorite et de douceur. [...] Apres un veuvage de presque 33 ans, passe surtout en devotion a Dieu, et en charite pour les pauvres et les necessiteux, cette excellente dame deceda le 20 janvier 1583. >>

  9. | L'ensemble a ete qualifie par l'historien Gordon Donaldson (en), professeur a l'universite d'Edimbourg, comme une sorte de << lavage de cerveau >>. Jane Dawson ecrit que, << bien qu'il ne s'agit pas d'un lavage de cerveau, le roi de France ne perdit aucune occasion d'eblouir les Ecossais avec son pouvoir et son prestige, leur montrant qu'il etait le protecteur genereux et soucieux [de leur] royaume du Nord >>.
  10. | Le poeme fut realise en francais. La version donnee ici, s'aidant d'une traduction en anglais moderne, ne cherche pas a conserver la poesie mais a rendre le sens explicite.[pas clair]
  11. | Avant la demolition, en 1919, des batiments qui bordaient la rue dont le nom evoque aujourd'hui la fastueuse abbaye, on montrait encore, dans les ruines, la fenetre de la chambre qu'aurait occupee Marie Stuart pendant son sejour a Reims.
  12. | L'auteur puise ses sources dans le recit de son secretaire particulier Claude Nau.
  13. | << In my end lies my beginning >>
  14. | Cf. note 2 pour les declarations erronees lors de cette emission.
  1. | a b et c Jules Gauthier, Histoire de Marie Stuart, E. Thorin, seconde edition, 1875.
  2. | a b c d e et f (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 1 : Childhood in Scotland, pp. 1-68.
  3. | a b et c (en) Marcus Merriman, The rough wooings: Mary Queen of Scots 1542-1551, Tuckwell Press, 2000 (ISBN 186232090X).
  4. | Stefan Zweig, Marie Stuart, Leipzig, , 411 p. (ISBN 978-2-253-15079-4).
  5. | (en) Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, Londres, Weidenfeld & Nicolson, (ISBN 978-0-297-17773-9), p. 12.
  6. | (en) Richard Oram, The Kings and Queens of Scotland, Stroud, 2004, (ISBN 0-7524-2971-X).
  7. | (en) Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, Weidenfeld & Nicolson, , p. 13.
  8. | (en) H. F. Morland Simpson, << Cardinal Beaton and the Will of James V >>, The English Historical Review, volume 21, numero 81, p. 112-118, 1906, Oxford University Press.
  9. | Jean-Henri Merle d'Aubigne, Histoire de la Reformation en Europe au temps de Calvin, Calmann Levy, 1875.
  10. | Leon Galibert et Clement Pelle, L'Univers, livre 6 : Periode des Tudors, Firmin Didot Freres editeurs, Paris, 1842.
  11. | a et b (en) Charles Mackie, The Castles, Palaces, and Prisons of Mary of Scotland, C. Cox, 1850.
  12. | a b c d e f et g (en) Susan Doran, Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre I : Early life in Scotland and France 1542-1558, pages 12-39.
  13. | a b c et d (en) Jane E. A. Dawson, Scotland re-formed 1488-1587, Edinburgh University Press, 2007 (ISBN 0-7486-1455-9). Chapitre 8 : Franco-Scotland (1550-1560), pp. 176-199.
  14. | Elles repartiront en Ecosse en meme temps que Marie Stuart apres la mort de Francois II.
  15. | a b c d et e (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, vol. 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 2 : << The favourite of France >>, pp. 69-114.
  16. | Cf. [1] et [2].
  17. | Cf. [3]
  18. | (en) Joseph Stevenson, Mary Stuart: a narrative of the first eighteen years of her life: a narrative of the first eighteen years of her life, Paterson, 1886.
  19. | a et b (en) Susan Doran, Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre II : Queen-Dauphine and Queen of France 1558-1660, pp. 40-59.
  20. | Alexandra Zvereva, << La beaute triomphante de la reine endeuillee : les portraits de Marie Stuart >>, dans Thierry Crepin-Leblond (dir), Marie Stuart, Le destin francais d'une reine d'Ecosse, RMN, 2008, p. 80.
  21. | Pierre Rene Anguis, Les Poetes francois, depuis le XIIe siecle jusqu'a Malherbe, Impr. de Crapelet, 1824.
  22. | a et b (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 3 : The widowed queen, p. 115-170.
  23. | Jean Bernard, Marcel Bessis et Jacques-Louis Binet, Histoire illustree de l'hematologie : de l'Antiquite a nos jours, Editions R. Dacosta, , p. 158.
  24. | Antonia Fraser, pp. 275-276.
  25. | Louis Wiesener, Marie Stuart et le Comte de Bothwell, L. Hachette et Cie, (lire en ligne), p. 536
  26. | Antonia Fraser, p. 317.
  27. | (en) Jayne Lewis, Mary Queen of Scots. Romance and Nation, Routledge, , p. 25-26.
  28. | Zweig 1936.
  29. | Muhlstein 2004.
  30. | Mary 2009.
  31. | (en) << Mary Queen of Scots compelled to sign her abdication in the Castle of Lochleven >>, sur grosvenorprints.com (consulte le ).
  32. | Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, London: Weidenfeld and Nicolson, 1994 (premiere edition : 1969), pp. 385-390.
  33. | (en) Julian Goodare, << Mary (1542-1587) >>, Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; edition en ligne, mai 2007.
  34. | Cercle d'Histoire de La Hulpe, La Hulpe, Moissons d'Histoire, La Hulpe, 2001
  35. | Cercle d'Histoire de La Hulpe, La Hulpe, Origine du nom des rues, La Hulpe, 2010
  36. | La reine d'Angleterre est tres longtemps restee neutre dans la guerre entre Philippe II et les Neerlandais, ne voulant pas la guerre avec l'Espagne. C'est la reprise d'Anvers par les troupes de Philippe (aout 1585) qui la jette contre le roi d'Espagne.
  37. | L'expedition a lieu en 1588, mais c'est un echec : la flotte espagnole, parvenue aux Pays-Bas, au large de Gravelines, est poussee par les marins hollandais vers la mer du Nord et doit regagner l'Espagne sans qu'aucun debarquement soit possible. Les Anglais la nomment alors (par derision) Invincible Armada.
  38. | Florence Rosier, << Une cinquantaine de lettres cryptees de Marie Stuart retrouvees et dechiffrees >>, Le Monde, (consulte le ).
  39. | Dominique Bonnet, << Mort de la reine Marie Stuart, un bourreau ivre et un petit chien plus que fidele >>, Paris Match, (consulte le ).
  40. | Richard Verstegen, Theatre des cruautez des hereticques de nostre temps, Adrien Hubert, , 94 p. (lire en ligne), p. 84
  41. | a b et c Irene Fasel, Les ecrits en vers de Marie Stuart : Edition critique des autographes, augmentee de la transmission de l'oeuvre poetique et de la reception litteraire de la figure de Marie Stuart (these de doctorat), Fribourg, , 207 p. (lire en ligne).
  42. | a b et c (en) Mary Stuart et A. J. Arbuthnot (trad. A. J. Arbuthnot et Strickland), Queen Mary's book; a collection of poems and essays. Edited by Mrs. P. Stewart-Mackenzie Arbuthnot, London, G. Bell, , 190 p. (lire en ligne)
  43. | << Marie Stuart (reine d'Ecosse, 1542-1587) >>, sur data.bnf.fr (consulte le )
  44. | (frm) Marie Stuart, La Harangue de... Marie d'Estvart, Royne d'Ecosse, Douairiere de France, faite en l'assemblee des Etats de son Royaume, tenuz au moys de May dernier passe. Avec le Sermon Funebre fait a Nancy, aux obseques & funerailles de... Francois de Lorraine, Duc de Guyse, en l'eglise des Cordeliers... Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinite..., Reims, Jean de Foigny, , 16 p., Sig. A4 ; in-8 (presentation en ligne, lire en ligne sur Gallica)
  45. | Marie Stuart, << Adieu France ! >>, dans Edmond Polignac, Melodies et pieces diverses pour chant, Paris, Heugel, , 162 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 4-7
  46. | (en) << Mary Stuart: The Poet >>, sur Mary Queen of Scots, The Official Site of the Marie Stuart Society of Scotland (consulte le )
  47. | [Monique Weis] a consacre un cycle d'exposes a ce sujet << Marie Stuart : heroine romantique entre haine et veneration >> (2009).
  48. | (en) Jenny Wormald, Mary, Queen of Scots, Tauris Parke Paperbacks, London, 2001, (ISBN 1-86064-588-7). Premiere edition George Philip en 1988.
  49. | Helene Cao et Helene Boisson, Anthologie du lied, Paris, Buchet-Chastel, 2010, p. 187.
  50. | Currier & Ives (American, active New York, 1857-1907), << The Rival Queens - Mary Queen of Scots Defying Queen Elizabeth >>, sur metmuseum.org, 1857-71 (consulte le ).
  51. | Sur Catherine de Medicis, premiere partie, editions Furne, 1845, vol. 15, p. 485.
  52. | Antoine de Baecque, << Marie, reine d'Ecosse >>, L'Histoire no 405, novembre 2014, p. 30.
  53. | << Secrets d'Histoire : Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse >>, sur Le Figaro (consulte le ).
  54. | << Catherine de Medicis, la reine serpent >>, sur ici.artv.ca (consulte le )
  55. | (en) << Antonia Clarke >>, sur IMDb (consulte le )
  56. | (en) La rose Marie Stuart, obtenteur Guerin ou Laffay.
  57. | (en) << Champagne Marie Stuart | >> (consulte le )
  58. | << Maison Marie Stuart - Union des Maisons de Champagne >>, sur maisons-champagne.com (consulte le )

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Bibliographie

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  • (en) Mike Ashley, << Mary queen of Scotland and France >>, dans The Mammoth Book of British Kings & Queens, Londres, Robinson, 1998 (ISBN 1841190969), p. 571-575.
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    ed. originale Insel Verlag, Leipzig, 1935

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