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Association internationale pour la conscience de Krishna

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Association internationale pour la conscience de Krishna
Histoire
Fondation
Successeurs
Science of Identity Foundation (en), ISKCON Revival Movement (en)
Cadre
Sigle
(en) ISKCON
Zone d'activite
Type
Domaine d'activite
Congregations et associations religieuses
Siege
Mayapur (741313, Inde)
Organisation
Fondateur
Personnes cles
Site web

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Des devots de Krishna chantant dans une rue de Leipzig.

L'association internationale pour la conscience de Krishna (en anglais : International Society for Krishna Consciousness), appelee par son acronyme anglais ISKCON (et dont les membres sont communement appeles << Hare Krishna >> a cause du Maha mantra chante par ses adeptes) s'inscrit dans le mouvement de la bhakti, dedie a Krishna. Elle est fondee en 1966 a New York dans la vogue New Age par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977). Les adeptes du mouvement considerent Krishna comme etant la source de tous les avatars ainsi que celle de Vishnou, et la personnalite supreme de la divinite[1]. Les croyances de l'organisation pour la conscience de Krishna sont donc une expression particuliere du Vaishnavisme[2] (Gaudiya Vaishnav (en)), base sur la Bhagavad Gita et le Srimad Bhagavatam. ISKCON est considere par les hindous comme etant une branche monotheiste de l'hindouisme vaishnavisme.

Alors qu'en Inde le mouvement Hare Krishna est considere par certains hindous comme une branche de l'hindouisme, en Occident il est souvent qualifie de secte, et classe comme tel en France par un rapport parlementaire de 1995 et par des associations de lutte contre les derives sectaires.

La doctrine du mouvement s'inspirerait des textes sacres vediques (principalement la Bhagavad-Gita). Krishna y est le dieu supreme face a ses serviteurs. L'homme doit utiliser chaque moment de sa vie pour vivre dans la << conscience de Krishna >>. Celle-ci aurait le pouvoir de provoquer non seulement la liberation de l'individu, mais la sauvegarde et le salut du monde, qui, sans elle, ne connaitrait que l'<< impersonnalite >> et le << vide spirituel[3] >>.

Pour que cette liberation puisse avoir lieu, celui qui suit la voie de la bhakti, le bhakta, suit un vegetarisme strict, s'abstenant de manger de la viande, du poisson et des oeufs ; les aliments ne peuvent etre consommes qu'apres avoir ete << consacres >>, offerts a Krishna pour en demander la prasada (<< grace >>, << misericorde de Dieu >>)[3]. Il ne consomme pas de substances dites << excitantes >> (tabac, alcool, drogue, the, cafe). La sexualite est pratiquee seulement dans le cadre du mariage et seulement pour avoir des enfants. Les adeptes du mouvement ne jouent pas aux jeux de hasard[3].

L'une des principales pratiques religieuses est le japa-mala, la repetition du nom divin. Il est recite en principe 1 728 fois par jour, ce qui correspond, pour en faire le compte exact, a seize tours d'un chapelet de 108 grains qui sert de rosaire (1 tour de chapelet (mala) durant, selon le devot, de sept a dix minutes).

Mala en bois de tulasi (Ocimum tenuiflorum).

Chaque << tour >> de rosaire, constitue par 108 repetitions du mantra constitue un japa.

Code vestimentaire

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Les hommes, vetus de leurs dhotis (pagnes indiens traditionnels) safrans (pour les celibataires) ou blanches (les femmes portent le sari), chantent dans les rues, offrant livres et disques concernant Krishna[3], le visage de tous orne d'un tilak, le crane des hommes devant etre couronne du shika, ou choti, la touffe de cheveux brahmanique situee en haut du crane (toujours plus longue que le reste de la chevelure, meme si le reste du crane n'est pas rase completement), et que peut porter tout hindou, sans distinction de courants religieux ou de communautes, et tout particulierement les dvija, << deux-fois-nes >>, inities aux Vedas, et surtout leurs maitres religieux, les brahmanes : le corps etant considere comme un temple, le tilak (marque frontale a l'emplacement du troisieme oeil) represente la divinite adoree sous une forme stylisee a l'extreme, et le shikha ou choti est le << drapeau >> du temple de l'ame qu'est le corps, de meme que le temple, palais de Dieu, est orne d'un drapeau a son sommet.

Vegetarisme

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Ascete/renoncant hindou avec un veau : le vegetarisme est l'alimentation noble, - non cruelle -, selon les textes vediques ou brahmaniques, qu'ils soient vishnouites ou shivaites.

La raison du vegetarisme est que la consommation de chairs serait manquement a l'ahimsa (devoir de << non-violence >> qui concerne non seulement les bhaktas, mais en fait tout << honnete homme >>, toute personne << noble >> - arya en sanskrit - selon les sages de l'Inde), mais aussi parce que la zoophagie aurait la particularite d'attacher au cycle des reincarnations (samsara) et serait la source de la violence ultime (qu'est l'acte de tuer) a l'egard des animaux, et enfin, parce que tuer pour le plaisir est considere comme un peche infiniment grave pour le Seigneur Krishna et les dieux qui le servent.

Article detaille : Chaitanya.

D'apres les universitaires Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, et Bernard Godeaux, L'ISKCON est une << secte hindoue heterodoxe qui s'inscrit dans le courant de la bhakti (devotion a un dieu unique et personnel, en l'espece Krishna) >>[4]. D'apres La Croix, en Inde, le mouvement est considere par les hindous comme une branche de l'hindouisme[5].

Le mouvement se considere comme l'aboutissement d'une chaine de traditions transmises par des maitres spirituels[3]. A l'extremite superieure de cette chaine se trouve Krishna lui-meme, dont la derniere incarnation serait le brahmane Caitanya (1485-1534), le fondateur de l'ordre de Caitanya, ainsi que le vingt-deuxieme maitre spirituel dans la succession de Krishna[3]. Ce dernier rejeta en bloc le systeme des castes, qu'il jugeait perverti par une mauvaise interpretation basee sur des interets personnels lies aux privileges acquis.

Les fideles de << Srila Prabhupada >> se considerent donc comme etant une branche authentique du vaishnavisme, se reclamant, au travers de leur gourou aujourd'hui disparu, heritiers d'une lignee de maitres et disciples remontant a Sri Caitanya Mahaprabhu (ami d'un autre maitre vishnouite, Vallabha) et, au-dela, a Krishna lui-meme, il y a 5 000 ans de cela.

Le fondateur d'ISKCON, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, estimait cependant que son mouvement pour la conscience de Krishna ne faisait pas partie de l'hindouisme[6]. En effet, ISKCON considere qu'elle est la seule voie de salut, tandis que les autres branches de l'hindouisme sont vues comme inferieures, << impersonnalistes >> car promouvant l'union de l'ame individuelle (Atman, jiva) avec l'ame universelle (Brahman), ce qu'ISKCON interprete comme une etape inferieure de realisation ; pour ISKCON, l'ame individuelle doit rester toujours autre que Dieu et non se fondre en Dieu pour s'unir a l'infini (Aham Brahmasmi : << Je suis Brahman >>, Soham : << Je suis Lui >>, Tat tvam asi : << toi aussi, tu es Cela >>, Ramo'hamasmi : << Je suis Rama >>[7], sont des maximes vediques qui induisent que l'ame de la creature est en realite l'ame universelle, sans naissance ni fin, une fois liberee du cycle des reincarnations ou en chemin vers cette liberation).

Par sa philosophie refusant d'assimiler l'ame de la creature a Dieu (l'Ame universelle), meme delivree des transmigrations, la doctrine d'A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada peut se situer dans la lignee de la philosophie Dvaita de Madhva ; neanmoins, derriere le dualisme de Madhva considerant le monde empirique et Dieu comme reels mais foncierement differents, << refait surface le monisme, puisque Vishnou est considere comme la Cause premiere unique >>[8].

Swami Prabhupada, brahmane, fondateur d'ISKCON.

Le mouvement fut fonde en 1966 a New York par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977), maitre spirituel hindou originaire du Bengale occidental. Il s'est developpe en Occident a partir des Etats-Unis en meme temps qu'emergeait le mouvement de la contreculture dont certains membres ont trouve dans la pratique des chants, des percussions, de la musique et de la danse un derivatif au modele religieux conventionnel[9].

Avant la naissance du mouvement, Srila Prabhupada a commence sa mission de preche public en Inde. Il fonda la Ligue des Bhakta (devots), a Jhansi, en 1953[10].

En 1971, Prabhupada revint en Inde apres l'etablissement de temples et de centres culturels gaudiya vaishnav aux Etats-Unis et en Europe tenant beaucoup de programmes publics.

Apres 1971, le mouvement est devenu de plus en plus populaire et s'est etendu dans toute l'Inde, Prabhupada etant particulierement desireux de voir ce progres s'etendre a un projet de temple impressionnant a Mumbai, que lui et ses disciples voulaient ardemment voir etablir[11], et qui suivront avec de grands temples a Mayapur et Vrindavan au milieu des annees 1970.

ISKCON Temple a Tirupati, Inde.

En fevrier 1973, l'ex-Beatle George Harrison contribua au developpement du groupe religieux en Grande-Bretagne et dans le monde occidental, notamment au travers de nombreuses chansons et productions. Il offrit un temple a ISKCON, le Bhaktivedanta Manor, pres de Londres.

En 1971, Srila Prabhupada fonda l'association de bienfaisance << Hare Krishna Food For Life >> nommee en France << Les repas Hare Krishna >>. Il s'agit d'une distribution gratuite de nourriture vegetarienne. Dans les pays du tiers-monde et, de plus en plus, dans les pays industrialises, la distribution a grande echelle de repas gratuits serait l'une des principales activites humanitaires de l'ISKCON. A ce jour, plus de 58 millions de repas auraient ete servis a travers le monde[12],[13],[14].

En 1996, le Gouvernement indien gratifia les accomplissements de Prabhupada, fondateur d'ISKCON, en emettant un timbre commemoratif en son honneur lors des celebrations de son centenaire[15].

Le , lors du discours d'inauguration du centre culturel d'ISKCON a New Delhi, Atal Bihari Vajpayee, a l'epoque premier ministre de l'Union indienne, declara :

<< Si la Bhagavad Gita, texte sacre pour toutes les traditions hindoues, a ete et est imprimee a des millions d'exemplaires et traduite en un si grand nombre de langues, distribuee dans tous les coins et recoins du monde, c'est principalement grace a ISKCON que l'on doit ce service, sacre et grand. Pour ce seul accomplissement, les Indiens devraient etre eternellement reconnaissants envers l'armee spirituelle consacree par Swami Prabhupada, le fondateur du mouvement Hare Krishna, ainsi qu'envers ses disciples... L'arrivee de Bhaktivedanta Swami Prabhupada aux Etats-Unis en 1965, et la popularite speciale que son mouvement a gagnee dans le laps de temps tres court de douze annees, doivent etre considerees comme un des evenements spirituels les plus importants du siecle. >>

-- Atal Bihari Vajpayee - avril 1998[16],[17]

En novembre 2006, le gouvernement kazakh decida de demolir avec l'aide de la police[18], au bulldozer, les maisons appartenant a des fideles du mouvement Hare Krishna, habites seulement par des femmes et des enfants, les hommes travaillant alors a la ville. << Les organismes hindous nationaux du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada, d'Australie, et d'autres pays demandent au gouvernement du Kazakhstan d'arreter le harcelement et la discrimination des hindous >>, a indique Ramesh Kallidai, secretaire general du forum hindou de la Grande-Bretagne. Ces faits furent condamnes par Washington et le gouvernement britannique [ref. souhaitee].

Comme d'autres temples hindous en Inde, un temple d'ISKCON a subi des attaques terroristes, faisant de nombreuses victimes (la plupart etant Indiens), morts et blesses, comme a Imphal, en 2006, a Manipur[19],[20].

En 2016, l'ISKCON a annonce etre en train d'elever en Inde un temple de proportions pharaoniques, le Vrindavan Chandrodaya Mandir, dedie a Krishna. Situe dans l'Uttar Pradesh, ce sanctuaire devrait atteindre 210 metres de hauteur et 70 etages, et couter l'equivalent de 42 millions d'euros ; sa livraison est prevue pour 2022[5].

Classification comme secte en France

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En 1995, le mouvement est classe comme secte par la commission d'enquete francaise sur les sectes[21], estimant qu'il avait << realise de substantiels benefices commerciaux par le biais d'associations a but soi-disant desinteresse >>, que des temoignages avaient ete recueillis au sujet d'astreintes a un effort physique important pouvant << reduire l'esprit critique >>. Le rapport fait aussi etat (au conditionnel) d'<< embrigadement des enfants >>, de << discours antisocial >>, de << trouble a l'ordre public >> (s'appuyant sur les rapports des Renseignements generaux).

Selon un rapport publie en 2006 par la Miviludes, d'une maniere generale les sectes peuvent avoir, en ce qui concerne les enfants, une activite particulierement preoccupante. Le Monde releve dans ce rapport que chez les << devots de Krishna >> les enfants << ont un emploi du temps harassant (lever a 3 h 30, coucher a 20 h 30 pour les 10-15 ans) >>[22].

Debut 2008, le responsable de la Miviludes mentionne dans une interview sur la politique et l'action de la Miviludes qu'il estimait que des mouvements, un temps mis en cause, << etaient rentres dans les clous >>, citant le Mandarom ou Hare Krishna[23], mais continue d'exprimer des inquietudes[ref. necessaire].

Selon Diana Eck (en), professeur d'histoire des religions a l'universite de Harvard [24] :

<< Certains ont appose au mouvement Hare Krishna l'etiquette de "secte" et remis en question son authenticite. C'est la un triste et deplorable temoignage de notre isolement culturel. Cette tradition religieuse exige une place respectable dans la vie spirituelle de l'homme. Ce culte ne doit en aucun cas etre discredite ou deprecie par l'appellation de "secte", et la dignite de son heritage et de son histoire unique ne doit pas non plus etre rabaissee par la confusion de ceux qui voudraient, sans discrimination aucune et d'un simple geste, l'identifier a l'une des trop nombreuses sectes d'aujourd'hui si populaires[25]. >>

Selon le Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui, << de nombreux observateurs ont conteste les methodes du mouvement, en particulier la rupture avec la famille et le danger de depersonnalisation de jeunes candidats >>. Les disciples doivent se soumettre totalement au Maitre spirituel duquel ils recoivent le savoir vedique. Ils ne doivent pas manger de viande, du poisson et des oeufs, et ne pas << s'intoxiquer >>, c'est-a-dire ne pas consommer tabac, alcool, drogue, cafe, the. D'apres l'ouvrage Les sectes - Etat d'urgence, les disciples vivant dans les ashrams n'en sortent pas excepte pour les << missions >> comme les quetes, et doivent briser << cinq chaines materialistes >> : corps, proches, terre natale et biens materiels, coutumes religieuses anterieures. C'est le maitre du disciple qui decide des mariages, mais qui peut aussi les dissoudre a sa guise quand sonne pour l'homme l'heure du renoncement (sannyasa), ce qui revient a une repudiation pure et simple de l'epouse. Le programme journalier comporte six heures de devotion, onze heures de travail, deux heures pour les ablutions et les repas, et seulement cinq heures de repos. Les enfants sont souvent places dans d'autres ashrams que les parents, et eduques << hors du monde reel >>. L'enfant est << prisonnier de la secte >>[26].

Dans Les Sectes : un mal profond de civilisation, le journaliste Xavier Pasquini affirme que << la secte est divisee en quatre niveaux qui evoquent les castes de la societe hindoue, les religieux, les administrateurs, les << productifs >> et les serviteurs >>. Dans ce systeme ne se trouvent que des hommes : les femmes en sont exclues. Elles sont marginalisees et devalorisees, considerees suivant les preceptes de Krishna comme etant moins intelligentes que les hommes. Leur fonction premiere est de se mettre au service de l'homme pour que celui-ci puisse etre le meilleur devot possible, et elles s'occupent des taches domestiques. Le maitre spirituel dirige les relations sexuelles, qui ne doivent servir qu'a la procreation et dont le plaisir est exclu, et certaines femmes n'ont pas de vie sexuelle pendant des annees. Elles affirment alors ne pas en souffrir et avoir un plaisir superieur a l'ecoute des textes sacres. Selon Xavier Pasquini, l'enseignement des enfants est systematiquement rattache aux textes religieux. Par exemple, un album de coloriage n'est constitue que de themes religieux. L'<< enseignement sectaire >> est ainsi ininterrompu[27].

Selon Massimo Introvigne, cite comme << specialiste italien des nouveaux courants religieux >> par La Croix [28], il existe plusieurs definitions de ce qu'est une secte, et si l'on se refere a la definition sociologique de 1985 des sociologues Rodney Stark et William Sims Bainbridge, l'ISCKON pourrait ne pas etre une << secte >>, mais un << culte >>. En effet, selon ces sociologues, les << sectes >> sont des << groupes religieux deviants a l'interieur d'une tradition non deviante >>, et les << cultes >> sont des << groupes religieux deviants a l'interieur d'une tradition deviante >>. Or, d'apres Massimo Introvigne, les Hare Krishna, << au moins en Occident, non seulement (...) sont consideres comme << deviants >> en tant que groupe, mais (...) la tradition religieuse elle-meme - orientale - d'ou ils tirent leurs references et leurs symboles est percue comme etrangere et exotique par la societe environnante >>. Massimo Introvigne rajoute par ailleurs que, d'une maniere generale, lorsqu'un groupe est qualifie de secte dans les medias, il s'agit d'un groupe suspecte d'etre dangereux, c'est-a-dire susceptible d'enfreindre les lois. Le mot << secte >> n'a plus alors un sens sociologique ou theologique, mais criminologique. Enfin, Massimo Introvigne affirme que les enquetes des commissions parlementaires n'ont pas ete jugees satisfaisantes par de nombreux specialistes, particulierement en France et en Belgique, ou ces enquetes ont insiste sur la notion de << manipulation mentale >>, contestee par de nombreux specialistes universitaires. Selon lui, les critiques ont ete vives, car dans les listes de << sectes dangereuses >> proposees par les Commissions parlementaires, << sont apparues aussi des realites respectees et respectables, et meme des mouvements catholiques reconnus par l'Eglise >>[29].

Crise Ehrlichmann en France

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William (ou Bill) Ehrlichman, en religion Srila Bhagavan Das, est un citoyen americain ne a Washington en 1947 qui a renonce a ses etudes de medecine pour entrer au service de Krishna. A la mort du fondateur de la secte, il est designe comme guru pour l'Europe meridionale, dont fait partie la France. Il se montre tres entreprenant avec l'argent du groupe : en 1980, il fait en particulier acheter un hotel dans le quartier du Marais a Paris et le chateau d'Oublaisse a Lucay-le-Male (Indre). Il fait aussi louer le chateau d'Ermenonville (Oise) en 1981 pour en faire le siege europeen du mouvement et y resider. Son train de vie devient rapidement luxueux, tandis que les adeptes vivent de peu. Frappe par une ordonnance de fermeture administrative du chateau d'Ermenonville, pour non-conformite des installations electriques aux normes de securite, et par un redressement fiscal, il quitte subitement l'Europe en septembre 1986, en y abandonnant sa femme et ses trois enfants, mais emporte les fonds qui restent au mouvement. Il se remarie et refait sa vie aux Etats-Unis. Il laisse l'oeuvre dans un etat catastrophique, en faillite financiere et aussi en pleine crise morale ; le nombre des adherents francais s'effondre (il en reste 50 selon certaines sources)[source insuffisante][30],[31].

Cette crise a conduit l'ISKCON a presenter des excuses aux membres blesses en 1987 mais surtout a refonder completement l'organisation en France : seule une petite elite continue a vivre en communaute, tandis que 95% des adeptes vivent desormais dans des cellules familiales classiques, se retrouvant a intervalles reguliers pour celebrer le culte et s'organisant au travers d'associations 1901. Le chateau d'Ermenonville n'est plus loue ; celui d'Oublaisse est conserve. Le nouveau dirigeant, le Canadien Lucien Dupuy, en religion Swambhar Das, ancien bras droit du guru en fuite, fait lentement remonter la pente a la secte pendant les 10 ans qui suivent[source insuffisante][30].

Question du traitement des enfants

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La vie des enfants dans les communautes d'ISKCON est etroitement encadree : lever tot le matin, participation aux activites cultuelles matinales, coucher soit a 18 heures, soit a 20h30 en fonction de l'age. Les garcons ont le crane rase et portent le dhoti ; les filles sont maquillees comme des femmes - pour plaire au grand seducteur Krishna - et portent le sari. Les enfants sont frequemment eleves separes de leurs parents, affectes a d'autres communautes. L'enfant, ainsi isole et eduque hors du monde reel, est etroitement dependant de l'organisation, qu'il ne peut quitter[26].

Au cours des annees 1990, le New York Times revela plusieurs scandales sexuels impliquant des mineurs au sein du mouvement[32],[33].

En 1997, l'ISKCON cree un bureau de protection de l'enfance afin d'aider les dirigeants a reperer et prevenir les cas d'abus sexuels. Le bureau enquete aussi sur les cas d'abus passes et les signale a la police[33].

En 1998, l'ISKCON reconnait publiquement dans sa revue officielle l'existence de nombreux sevices et abus sexuels sur les enfants survenus dans les internats du mouvement dans les annees 1970 et 1980 aux Etats-Unis et en Inde[34],[33],[35].

En 2005, les dirigeants ont entame l'execution des termes du compromis de 9,5 millions de dollars qui acheve le long scandale des viols d'enfants[36]. [ref. a confirmer] D'apres le plan, la Societe internationale pour la conscience d'Hare Krishna a demande sa mise en faillite a Los Angeles, pendant qu'elle determine comment compenser les 535 anciens eleves qui ont dit etre violes durant les annees 1970 et 1980 par des adultes sevissant dans des ecoles d'ISKCON. Ce compromis met un terme aux abus commis dans les temples et ecoles d'ISKCON aux Etats-Unis et en Inde, viols ayant declenche une poursuite judiciaire generale en 2001 (class action)[37]. Des lors, pour combattre au mieux de telles atrocites, ISKCON a cree un bureau de la protection de l'enfance a echelle mondiale, afin de reperer les auteurs de sevices ayant deja eu affaire a la justice ou potentiels, pour instruire et prevenir les enfants et les parents sur les abus sur enfants, et pour encourager la vigilance de tous[38]. Face au besoin d'etablir la transparence et la responsabilite parmi ses membres, ISKCON a encourage l'etablissement d'une organisation de mediation, ISKCON Resolve[39].

En 2006, au cours des auditions de la commission d'enquete parlementaire installee en juin et ayant rendu son rapport en decembre, le directeur general de la police nationale, Michel Gaudin, indique que << d'apres les etudes sur Krishna, l'Eglise de Scientologie ou les raeliens, les enfants concernes sont, la plupart du temps, ceux dont les parents sont eux-memes adeptes de sectes >>[40], et qu'il ne croit pas qu'il << existe de recrutement direct d'enfants, sinon de facon extremement limitee >>[40].

En 2017, en France, un adepte du mouvement presente par l'UNADFI comme un gourou a ete condamne a 20 ans de reclusion criminelle pour viols aggraves sur personnes vulnerables et corruption de mineures[41].

Critique au regard de la tradition hindoue

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Influence occidentale d'ISKCON

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Dominique Wohlschlag, sanskriste et indianiste, considere que l'Association internationale pour la conscience de Krishna se rattache effectivement au courant initie par Chaitanya, mais a une influence pudibonde issue du colonisateur britannique, ne serait-ce que par ses productions artistiques << calquees sur ce qu'en Occident on appelle l'art pompier ou le kitsch >> ; il cite a l'appui le jugement [42] de Klaus Klostermaier, docteur en philosophie et universitaire specialiste de l'hindouisme et de l'histoire de l'Inde :

<< << ... le mouvement occidental Hare Krishna (mis a part ses atours culturels indiens) ressemble bien davantage a un mouvement pietiste et puritain britannique du dix-neuvieme siecle qu'a un mouvement religieux hindou typique. Ses idees d'ordre, de proprete, de travail efficace et d'obeissance litterale aux injonctions du maitre n'ont guere de parallele dans l'histoire religieuse de l'Inde >> (1986:165-6). Il n'est pas rare dans l'histoire recente que des peuples qui se sont enfin debarrasses de la mainmise coloniale gardent parfois de leurs anciens exploiteurs ce qu'il y a de pire dans la mentalite de ceux-ci. >>

-- Dominique Wohlschlag, Le theatre de l'extase [43].

Rejet de l'hindouisme

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Le fondateur d'ISKCON, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, estimait que son mouvement pour la conscience de Krishna ne faisait pas partie de l'hindouisme [6]. En effet, ISKCON considere qu'elle est la seule voie de salut, tandis que les autres branches de l'hindouisme sont vues comme inferieures, << impersonnalistes >> car promouvant l'union de l'ame individuelle (Atman, jiva) avec l'ame universelle (Brahman), ce qu'ISKCON interprete comme une etape inferieure de realisation ; pour ISKCON, l'ame individuelle doit rester toujours autre que Dieu et non se fondre en Dieu pour s'unir a l'Infini (Aham Brahmasmi : << Je suis Brahman >>, Soham : << Je suis Lui >>, Tat tvam asi : << toi aussi, tu es Cela >>, Ramo'hamasmi : << Je suis Rama >>[7], sont des maximes vediques qui induisent que l'ame de la creature est en realite l'ame universelle, sans naissance ni fin, une fois liberee du cycle des reincarnations ou en chemin vers cette liberation).

Il est a noter qu'il y a en Inde beaucoup d'autres traditions religieuses krishnaites qui ne sont pas liees a ISKCON et ne sont pas sectaires : elles se revendiquent pleinement comme des branches de l'hindouisme (pour ces traditions hindoues dediees au Seigneur Krishna, et contrairement a ce qu'affirme ISKCON, il n'y a pas qu'une seule voie de salut). En effet, les Veda et ses Upanishads, textes fondamentaux de l'hindouisme, enseignent que l'on peut atteindre la Verite (Satya) et la Liberation (Moksha) par plusieurs chemins, par plusieurs techniques de yoga ; par exemple :

<< Des lors que l'on a compris l'equivalence des differents membres du yoga, qui pointent vers le meme et unique Brahman, on doit s'absorber en ce Brahman egal, uniforme. Sinon il n'y a pas vraiment atteinte de l'equanimite. Sinon, tel un arbre sec, l'esprit s'installe dans la raideur, une uniformite qui fige tout de part en part. >>

-- Tejo Bindu Upanishad (Krishna Yajur Veda).

Enfin, la qualification d'<< impersonnalisme >> (souvent utilisee par ISKCON) n'existe nulle part dans les ecrits sacres brahmaniques, hindous : c'est une invention du fondateur d'ISKCON, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, pour nommer toutes les branches de l'hindouisme qui ne correspondent pas a sa doctrine.

Par sa philosophie refusant d'assimiler l'ame de la creature a Dieu (l'Ame universelle), meme delivree des transmigrations, la doctrine d'A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada peut se situer dans la lignee de la philosophie Dvaita de Madhva ; neanmoins, derriere le dualisme de Madhva considerant le monde empirique et Dieu comme reels mais foncierement differents, << refait surface le monisme, puisque Vishnou est considere comme la Cause premiere unique >>[8].

Notes et references

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  1. | En anglais the Supreme Personality of Godhead, pour Le differencier d'autres divinites dites mineures source : Krishna
  2. | (de) Andreas Grunschloss, Der eigene und der fremde Glaube : Studien zur interreligiosen Fremdwahrnehmung in Islam, Hinduismus, Buddhismus und Christentum (Hermeneutische Untersuchungen zur Theologie), Mohr, (presentation en ligne), p. 185.
  3. | a b c d e et f Gerhard J Bellinger et Pierre Chaunu, Encyclopedie des religions, Librairie generale francaise, , 804 p. (ISBN 978-2-253-13111-3, lire en ligne)
  4. | Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, Bernard Godeaux, Une introduction a la neutralite active, ed. CEFAL, 2006, p. 83, extrait en ligne
  5. | a et b Claire Lesegretain, << En Inde, Hare Krishna construit le plus haut temple hindou >>, La Croix, (consulte le ).
  6. | a et b << Hinduism Today Magazine >>, sur hinduismtoday.com (consulte le ).
  7. | a et b Rama Rahasya Upanishad, V, 18.
  8. | a et b Encyclopedie des religions, Gerhard J. Bellinger, La Pochotheque, page 362
  9. | (en) J. Stillson Judah, Hare Krishna and the counterculture, Wiley, (presentation en ligne).
  10. | prabhupadaconnect.com - League of Devotees article.
  11. | Dwyer et Cole 2007, p. 27.
  12. | (en-US) << Food Relief Program >> Home - ISKCON - The Hare Krishna Movement >>, sur .. (consulte le ).
  13. | << ISKCON News: Food-distribution [pg. 1] >>, sur iskconnews.org (consulte le ).
  14. | (en-US) << ISKCON Food Relief Program >>, sur ISKCON Food Relief (consulte le ).
  15. | krishna.com see "Commemorative Stamp" section, including image.
  16. | (en) << Speech by Atal Behari Vajpayee, April 18, 1998. >>, www.vnn.org/ (consulte le ) Le site web donne toutefois la mauvaise date --1988 plutot que 1998.
  17. | Daily Herald (Newspaper) - April 6, 1998, Chicago, Illinois, Hare Krishna center makes debut in India, NEW DELHI, India's prime minister inauguration. Prime Minister Atal Bihari Vajpayee said the message of Bhagavad Gita..
  18. | destruction de maisons au Kazakhstan.
  19. | (en) << Isckon temple attack >>, sur hafsite.org via Internet Archive (consulte le ).
  20. | << news.iskcon.com/node/3069 >>(Archive.org * Wikiwix * Archive.is * Google * Que faire ?).
  21. | (fr) http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp
  22. | << Les enfants, la sante et l'humanitaire sont les principales cibles des sectes >>, Le Monde, (lire en ligne, consulte le )
  23. | << Critiquee, la Miviludes defend le principe d'une "liste" des sectes >>, Stephanie Le Bars, Le Monde du 5 avril 2008.
  24. | << Ten Questions with Diana L. Eck | Magazine | The Harvard Crimson >>, sur www.thecrimson.com (consulte le )
  25. | Diana L. Eck Devotion Divine: Bhakti Traditions from the Regions of India, (melanges offerts a la chercheuse francaise en indologie Charlotte Vaudeville)
  26. | a et b Extrait du "Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui (religions - eglises - sectes - nouveaux mouvements religieux - mouvements spiritualistes)" du P. Jean VERNETTE et Claire MONCELON - Puf - 1995, cite sur le site SOS derive sectaire, consulte le 5 mai 2018.
  27. | Xavier Pasquini, Les Sectes : un mal profond de civilisation, FeniXX reedition numerique, (ISBN 978-2-402-05712-7, lire en ligne)
  28. | La-Croix.com, << En Inde, Hare Krishna construit le plus haut temple hindou >>, sur La Croix, (consulte le )
  29. | La-Croix.com, << L'explosion des << nouvelles religions >> >>, sur La Croix, (consulte le )
  30. | a et b Soeur Chantal-Marie Sorlin, << Les devots de Krishna >>, sur le site du service diocesain "PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES" de Dijon, (consulte le ).
  31. | << Branle-bas chez les krishna >>, Le Monde, (presentation en ligne)
  32. | << Naissance d'un groupe >>, sur UNADFI (consulte le )
  33. | a b et c (en-US) Laurie Goodstein, << Hare Krishna Movement Details Past Abuse at Its Boarding Schools >>, The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulte le )
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  39. | (en) << Iskconresolve.com >>, Iskconresolve.com (consulte le ).
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  41. | << Le gourou une nouvelle fois condamne aux assises | UNADFI >>, sur UNADFI (consulte le ).
  42. | paru dans le Journal of Asian and African Studies, XV, 1980, p. 100
  43. | Dominique Wohlschlag, Le theatre de l'extase, editions Infolio, page 144 (ISBN 978-2-88474-445-4)

Articles connexes

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