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Pour les articles homonymes, voir Craignant-Dieu.
Les haredim ou << craignant-Dieu >> (en hebreu : Hrdym), souvent appeles juifs ultra-orthodoxes ou simplement ultra-orthodoxes, sont des juifs orthodoxes ayant une pratique religieuse particulierement forte. Ils ne constituent pas un ensemble uniforme et comprennent en leur sein des hassidim, des mitnagdim, des sefaradim, des mizrahim, etc. Les communautes haredi respectent les memes principes, chacune y apportant ses quelques variantes.
Depuis la fin du XIXe siecle, ils rejettent partiellement la modernite, que ce soit dans le domaine des moeurs ou des ideologies. Du fait de leur mefiance vis-a-vis des innovations sociales, les haredim vivent generalement en marge des societes laiques environnantes, meme juives, dans leurs quartiers et sous la direction de leurs rabbins, seule source de pouvoir pleinement legitime a leurs yeux. C'est aussi le plus important groupe juif actuel affichant ses reticences face au sionisme, et meme parfois son hostilite.
Ils sont aujourd'hui fortement implantes en Israel, ou ils ont leurs quartiers (et meme leurs villes), leurs partis politiques, leurs magasins et leurs ecoles. Ils sont egalement presents dans beaucoup de communautes juives de la diaspora, en particulier en Amerique du Nord et en Europe occidentale.
Orthodoxes et ultra-orthodoxes
[modifier | modifier le code]Les sociologues israeliens font souvent une distinction entre les laics (peu interesses par la religion, pas forcement anti-religieux), les traditionalistes (pratique religieuse partielle), les orthodoxes (pratique religieuse stricte, avec immersion dans le monde moderne) et les ultra-orthodoxes, ou haredim (pratique religieuse stricte, refus de certaines formes de la modernite, volonte de separatisme social fort : vetements specifiques, quartiers specifiques, institutions religieuses specifiques[1]).
Les haredim ne se definissent pas eux-memes comme des ultra-orthodoxes, mais comme des juifs orthodoxes haredim (les << craignant-Dieu >>[2]). La racine du mot haredi est harada, le mot le plus fort en hebreu pour la peur. Le haredi est, etymologiquement, celui qui est << terrifie >> a l'idee de violer une des 613 mitzvot[2].
Les orthodoxes << modernes >> et les ultra-orthodoxes (haredim) ne different pas d'un point de vue theologique, mais dans leur mode de vie et leurs orientations politiques.
Origine de la divergence entre orthodoxes et ultra-orthodoxes
[modifier | modifier le code]Pendant des siecles, la notion de << juifs orthodoxes >> n'existait pas : il aurait fallu pour cela qu'il existat des << juifs heterodoxes >>. Il y en avait pourtant quelques-uns : les karaites par exemple, insuffisamment pour qu'une denomination specifique leur soit attribuee.
Au XIXe siecle, la modernite occidentale a entraine des evolutions fortes dans le judaisme, d'abord en Allemagne, puis dans toute l'Europe. En particulier, est apparu dans la premiere moitie du XIXe siecle en Allemagne un << judaisme reforme >>, qui entendait reviser la place du Talmud[3]. Le judaisme orthodoxe a donc du se definir comme gardien de la tradition religieuse[2].
La question de la << modernisation >> de la religion juive n'a pas ete la seule posee. C'est la question de la modernisation des societes juives dans leur ensemble (structures sociales, structures de pouvoir, rapport a l'Etat) qui a aussi ete posee. Et sur ces differents points, les reponses entre orthodoxes ont diverge.
Des la seconde moitie du XIXe siecle, le courant dit de la neo-orthodoxie allemande, derriere le rabbin Samson Raphael Hirsch (1808-1888), theorise une approche prudemment ouverte a la modernite technique et sociale[4]. Les Juifs doivent rester proches de leurs valeurs ; ils peuvent participer a la vie de la societe dans laquelle ils evoluent. Contrairement aux reformes (et aux assimilationnistes), qui considerent que le fait religieux juif doit rester purement prive, la neo-orthodoxie considere que les Juifs doivent aussi exister en tant que collectivite organisee[4]. Et ils doivent refuser les aspects du monde moderne contraires aux 613 mitzvot (commandements) recensees par la tradition[4].
Un autre courant a rejete en bloc l'entree dans les societes occidentales, considerees comme antinomiques dans leurs valeurs avec la tradition juive, et a ce titre << exige une stricte separation du monde moderne >>[5]. Ce courant s'est surtout exprime en Europe centrale et orientale[5]. Il accepte certains aspects de la modernite technique, mais refuse presque tous les aspects de la << modernite >> sociale ou politique : nationalisme, democratie, sortie du Ghetto, etc.[6]
Dans un premier temps, les orthodoxes sont restes assez unis. Ainsi, la neo-orthodoxie allemande et les conservateurs est-europeens ont fonde ensemble le parti Agoudat Israel en 1912 en Pologne[7]. Ils sont a l'epoque convaincus des risques courus par les Juifs religieux en general, et se rassemblent donc. Ils rejettent ensemble le sionisme, l'assimilation, le socialisme, l'atheisme, etc.[7] Dans l'entre-deux-guerres, les divergences entre orthodoxes << modernes >>, plus ou moins influences par les theses du rabbin Samson Raphael Hirsch, et conservateurs se sont accentuees. On peut alors parler de l'existence pleinement assumee d'une branche specifique : l'ultra-orthodoxie. Les orthodoxes << modernes >> ont d'ailleurs quitte l'Agoudat Israel a cette epoque.
Specificites du monde haredi
[modifier | modifier le code]Le monde haredi a aujourd'hui des specificites nombreuses, tant vis-a-vis des non-juifs que des juifs laics et des juifs religieux orthodoxes << modernes >>.
Pouvoir
[modifier | modifier le code]Deux principes fondamentaux sont appliques dans le monde haredi : Daat Torah : << ce que dit la Torah >>, et Emounat Hakhamim : << la foi dans les sages >>. << Il faut entendre par-la un systeme [...] dans lequel toute pensee, toute action est gouvernee par les textes sacres. Il n'y a pas de combinaison possible avec une autre source d'inspiration, une autre philosophie. Et la loi religieuse n'est pas censee regir un domaine specifique de la vie, mais la vie dans son integralite >>[8]. Ces deux principes absolus ont plusieurs consequences.
D'une part, la Torah doit etre la source de toute legislation, et le refus de l'Etat juif d'accepter ce principe lui retire sa legitimite (voir le chapitre sur le rapport au sionisme). Pour la meme raison, il ne doit pas y avoir de constitution en Israel. De fait, le mouvement sioniste a accepte ce principe et a seulement mis en place des << lois fondamentales >>[9]. La distinction est symbolique, mais les haredim y tiennent.
La democratie est un principe de fonctionnement qui met l'avis de la majorite au-dessus de Dieu. La democratie ne gene pas les haredim chez les non-juifs (qui sont libres de faire comme bon leur semble). Mais chez les juifs, elle est une remise en cause manifeste de Daat Torah et de Emounat Hakhamim.
Emounat Hakhamim (<< la foi dans les sages >>) implique que chaque juif pieux doit se donner un rabbin, qui guidera sa vie, dans les moindres details. De meme, tout rabbin refere lui-meme a son propre rabbin. En haut de la pyramide, on trouve les sommites, communement denommees les << sages >>, ou << grands de la Torah >>. Ils peuvent se distinguer par leur extreme erudition, qui fait d'eux les plus grands decisionnaires du droit rabbinique, ou bien par leur extreme piete, leur valant le titre de Tsadik (litteralement << juste >>, mais voulant ici dire << saints >>). Ils sont souvent l'objet de ce qui ressemble a un culte de la personnalite, car << ils ont acces a la "connaissance supreme", ils voient ce qui va se passer dans le long terme, a un niveau superieur >>[10].
En pratique, les communautes hassidim (un des deux courants principaux du judaisme haredi) ont un referent supreme, leur Admor, ou Rebbe hereditaire, descendant de dynasties remontant aux XVIIIe ou XIXe siecles[11].
Les rabbins haredim du courant Mitnagdim, ou << lituanien >>, referent eux a leur chef de yechiva (generalement celle ou ils ont suivi leurs etudes). Ces memes chefs de yeshiva peuvent eux-memes rendre compte a un chef de yechiva plus prestigieux[12].
Admor ou chef de yechiva, les << grands >> sont souvent ages, et vivent en general isoles, ne lisant pas les journaux ni ne regardant la television. Les plus grands << sages >> vivent en Israel et aux Etats-Unis. Compte tenu de leur influence sur les partis religieux israeliens (bon nombre de haredim israeliens dependent d'un << sage >> americain, ou l'inverse[13]), ils sont evidemment courtises par les politiciens israeliens.
Personne ne coiffe les << grands >> eux-memes, a part, dans une certaine mesure, le << conseil des grands >> des trois partis religieux (quand ils y adherent, ce qui n'est pas toujours le cas). Le grand rabbinat israelien n'a aucune veritable influence sur eux. Cette situation sans instance decisionnaire supreme peut mener a des affrontements parfois virulents, voire physiquement violents, entre partisans de tel ou tel << luminaire >>, chacun etant persuade de la superiorite absolue du point de vue de son << sage >>.
Daat Torah et Emounat Hakhamim existent aussi chez les orthodoxes << modernes >>, mais le pouvoir du rabbin referant se limite surtout au domaine religieux, pas aux autres domaines (pour les haredim, tout est religieux). En Israel, les orthodoxes << modernes >> reconnaissent en general l'autorite du grand rabbinat israelien.
Pendant des decennies, les haredim sont restes tres independants du grand rabbinat, considere comme trop sioniste et pas assez strict en matiere religieuse. Depuis les annees 1990, les haredim ont pris une influence grandissante sur le grand rabbinat, mais ce sont les << sages >> exterieurs a celui-ci qui conservent l'autorite supreme du monde haredi.
Separatisme
[modifier | modifier le code]L'ideal des haredim reste une vie juive regroupee autour des rabbins, refusant beaucoup d'aspects du monde moderne (la television est particulierement rejetee), avec des quartiers separes des non-Juifs et des Juifs laics. Physiquement, leurs vetements noirs (les << hommes en noir >> selon l'expression israelienne) les font remarquer facilement. On n'est cependant pas en presence d'une attitude de rejet de la modernite aussi radicale que celle des Amish : l'electricite, la voiture, l'ordinateur, l'avion, sont acceptes[14].
La vision fondamentale des haredim est que le monde qui les entoure est une source permanente de perversion. La television ou la publicite y sont une source d'images debauchees ou violentes[15]. Les valeurs d'independance de l'individu, de relativisme ideologique, d'egalite des sexes ou des religions sont rejetees. Il est illusoire de croire, comme les orthodoxes, qu'on peut vivre dans ce monde tout en respectant strictement les 613 mitzvot. La menace est permanente. Pour ne pas y succomber, il faut vivre en groupe, dans des quartiers a part, sous la stricte direction des rabbins.
La sexualite est particulierement centrale dans le rejet par les haredim du monde moderne[15]. La crainte de la tentation sexuelle est permanente. Non seulement la femme haredi doit avoir une tenue << pudique >> (qui implique par exemple de cacher ses cheveux), mais toutes les femmes qui rentrent dans les quartiers haredi doivent en theorie en faire de meme[16]. Cette volonte de controle social est une des raisons du choix des haredim de vivre dans des quartiers a part (souvent appeles ghettos en souvenir des anciens ghettos d'Europe orientale). Ils ont developpe dans ces quartiers une societe a part, avec ses magasins, ses ecoles, ses institutions, ses journaux.
Geographie
[modifier | modifier le code]Les populations haredim sont beaucoup plus concentrees que la population juive en general, consequence de la volonte de vivre separement des societes modernes. Les haredim sont aujourd'hui surtout nombreux en Israel et aux Etats-Unis. On en trouve aussi des communautes relativement importantes en Grande-Bretagne et en Belgique principalement a Anvers, a Londres, mais aussi a Paris ou Zurich.
En Israel
[modifier | modifier le code]En Israel, les principales communautes sont par ordre d'importance decroissante :
- l'agglomeration de Jerusalem, ou ils sont environ 200 000,
- Bnei Brak, une ville presque totalement ultra-orthodoxe de 200 000 habitants dans la banlieue de Tel Aviv-Jaffa,
- Bet Shemesh, ou les haredim representent la moitie de la population soit environ 60 000 personnes,
- Betar Illit et Modiin Illit sont des colonies israeliennes de Cisjordanie (Judee-Samarie), creees au milieu des annees 1990 et situees a proximite de l'ancienne << ligne verte >>. Elles comptent chacune plus de 60 000 habitants,
- Ashdod, ou plus de 50 000 haredim vivent au sud de Tel Aviv-Jaffa,
- ainsi que d'autres villes comme El'ad et Ofakim. Les haredim sont egalement nombreux dans les villes saintes de Safed et de Tiberiade.
Aux Etats-Unis
[modifier | modifier le code]Aux Etats-Unis, c'est surtout dans l'agglomeration de New York (en particulier a Brooklyn) que se concentrent les haredim. Certaines communautes ont erige de veritables municipalites juives dans ce pays, c'est le cas des hassidim de Satmar dont certains se sont regroupes au sein de Kiryas Joel dans le comte d'Orange (Etat de New York[17]).
En France
[modifier | modifier le code]En France les communautes haredi se regroupent autour de yeshivot ; elles sont presentes essentiellement a Paris (et dans des communes de sa banlieue comme Brunoy[18], Epinay-sur-Seine, Sarcelles et Creteil), Strasbourg (Kable), Marseille (Saint-Tronc et Le Cabot) et Aix-les-Bains. En particulier, des ilots dans les 17e, 19e (autour de la rue Petit) et 20e arrondissements ou encore certains endroits du Marais sont consideres comme les epicentres de la communaute haredi de Paris[19].
Sionisme
[modifier | modifier le code]Les haredim rejettent originellement assez largement le sionisme, encore que ce rejet ait connu des evolutions. Selon une these historiquement dominante (mais pas exclusive[20]) chez les religieux, Dieu a detruit le royaume d'Israel pour punir les Juifs, et seul son messie peut le recreer. La vie en terre sainte est possible, mais toute tentative autonome de creer un Etat est une revolte contre Dieu. Ainsi le Talmud de Babylone (Massekhet Ketoubot 111a), dans son commentaire du Cantique des cantiques declare[ref. necessaire] :
- qu'Israel ne << forcerait pas la muraille >> (c'est-a-dire que le peuple d'Israel s'engage a ne pas conquerir Eretz Israel par la force).
- Que YHWH a fait jurer a Israel qu'il ne se rebellerait pas contre les nations (c'est-a-dire que le peuple d'Israel s'engage a obeir aux gouvernements pendant son exil, en attendant << que la main de Dieu se manifeste aux yeux du monde >>[21]).
- Qu'en echange, YHWH a fait jurer aux nations de ne << pas trop >> (yoter midai) opprimer Israel.
Cette vision, connue sous le nom des << trois serments, [...] a joue un role considerable dans la pensee religieuse antisioniste, et [...] est encore evoquee aujourd'hui par [...] les Neturei Karta et les hassidim de Satmar >>[22].
Massekhet Ketoubot indique que Dieu promet que les nations n'essaieront pas de detruire le peuple d'Israel. La Shoah a donc ete interpretee par certains haredim comme la consequence inevitable de la violation par les sionistes des deux premieres promesses[23].
Avec le temps, les haredim ont fini (majoritairement du moins) par accepter l'Etat d'Israel[24]. Les partis qui les representent ont meme des ministres. Mais le << culte >> de l'Etat propre aux sionistes (meme aux sionistes religieux) leur semble etre une idolatrie condamnee par la Bible[25]. D'ou une attitude actuelle tres ambigue, faite d'acceptation et de reticence[25]. Ainsi lors du retrait des colonies israeliennes de la bande de Gaza, en 2005, certains haredim sont restes neutres, certains ont approuve, d'autres se sont opposes[ref. necessaire]. L'attitude majoritaire fut cependant tres reservee[ref. necessaire].
Le parti Shas, emanation des haredim sefarades, a evolue de facon plus affirmee que les partis haredim d'origine europeenne. Marquant la fin de cette evolution deja ancienne, le parti a annonce en 2010 sa volonte d'adherer a l'Organisation sioniste mondiale[26]. A cette occasion, un representant du Shass, Yaakov Margi, a declare << nous nous definissons comme un parti sioniste, en tant que Juifs pratiquants qui aiment Israel >>[26].
A l'inverse, certains groupes, comme les Neturei Karta, la Edah Haredit ou les hassidim de Satmar sont toujours tres fortement antisionistes : << nous sommes des Juifs orthodoxes anti-sionistes. Et nous sommes opposes au sionisme pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'etablissement d'un Etat en Palestine est une chose qui viole la Torah, la loi religieuse juive. Il contredit les dispositions s'agissant des punitions et de l'exil decretes par Di-u[27] a l'epoque du Temple. L'etablissement de l'Etat sioniste contredit la volonte de Di-u en cherchant un remede materiel a une condition spirituelle. En plus, le mouvement sioniste depuis des decennies se devoue a extirper la foi traditionnelle de la Torah >>[28].
Science et rationalisme
[modifier | modifier le code]La science n'a aucune valeur particuliere. A la verite scientifique tributaire, de ses axiomes et de sa methode, ils opposent la << verite absolue >> a laquelle seule l'etude des textes sacres permet d'acceder. On note une certaine hostilite, ou au moins un certain mepris, a l'egard de la science. Le journal haredi Yated neeman rappelle ainsi de nombreuses erreurs scientifiques, et conclut << pourquoi devrions-nous passer notre temps a etudier des << faits >> dont la moitie seront regardes dans dix ans comme faux >>[29] ? Mais les productions de la science, comme les machines ou les traitements medicaux, ne sont pas forcement rejetees.
Les inventions ou les concepts qui sont susceptibles de violer la loi religieuse juive sont par contre refuses : Internet ou television (a cause de leurs images << indecentes >>), theorie de l'evolution (qui s'oppose au creationnisme religieux). Ainsi, pour un des dirigeants du Shas (parti haredi sefarade) << une femme sefarade qui embrasse avec devotion un rouleau de la Torah vaut mieux que cinquante professeurs qui enseignent que l'Homme descend du singe >>[30].
Mais le degre de rejet varie d'une communaute a une autre. Par exemple, le septieme Rabbi de Loubavitch enseignait que l'avancee technologique etait l'oeuvre de la Providence divine, dans le but que les Juifs servent Dieu avec encore plus d'efficacite et dans des domaines jusqu'alors inaccessibles. De fait, il fut le premier instigateur de cours de Torah a la radio, a la television et meme par multiplex satellite, des les annees 1980.
Les milieux haredim sont relativement permeables aux craintes de maledictions. Ainsi << des rabbins ont organise une priere collective dans les locaux de la Securite sociale israelienne a Tel Aviv-Jaffa pour conjurer une malediction pretendument jetee sur ses employes par des personnes privees d'allocations >>[31]. En 1985, le ministre de l'interieur (du parti haredi Shas) a << explique un terrible accident dans lequel un train est entre en collision avec un autobus d'enfants par la vengeance de Dieu en raison de la desacralisation du shabbat avec l'ouverture des cinemas le vendredi soir >>[32]. Apres la mort brutale en de Zion Garmi, directeur adjoint du ministere des Cultes, << une rumeur persistante dit qu'il aurait ete maudit par trois fonctionnaires du ministere, et que meme Itshak Kaddouri, le celebre cabbaliste [...] n'a pas reussi avec ses incantations a effacer la malediction >>[33].
Etude
[modifier | modifier le code]L'etude des textes religieux dans une yechiva est l'objectif premier de tout homme haredi. On voit meme des cursus d'etudes religieuses pour femmes se developper. La ou cela est possible, l'homme haredi va donc essayer de consacrer tout son temps a l'etude, en evitant la perte de temps (Bitoul Torah[34]) d'un travail laique. La ou cela ne l'est pas, il essaiera de cumuler les deux activites.
Les etudes seculieres, par contre, sont assez devalorisees. Elles sont une perte de temps, puisqu'elles genent l'etude religieuse. Pas ou peu de medecins, avocats, ingenieurs ou plombiers chez les haredim israeliens. Il y en a plus en diaspora.
En Israel, les haredim ont obtenu des financements d'Etat considerables pour leurs activites, ce qui permet a une forte proportion d'hommes adultes de consacrer tout leur temps a l'etude. En pratique, en particulier du fait d'une tendance a la diminution des aides etatiques, les statistiques montrent que la situation socio-economique contraint quand meme bon nombre de haredim a travailler dans le secteur marchand. Neanmoins, << plus de 70 % des ultra-orthodoxes hommes et environ 50 % des femmes ne sont pas employes >>[35]. En diaspora, ces financements sont absents ou limites, et le temps passe a l'etude doit etre rogne pour permettre un travail remunerateur.
Fin 2005, Yissachar Dov Rokeach II, rebbe de la dynastie hassidique de Belz, a surpris en appelant ses partisans israeliens a suivre des formations professionnelles et non plus seulement des etudes religieuses, et ce afin d'ameliorer leur statut socio-economique. Il a annonce que les yeshivot de Belz reserveraient << quelques heures par semaine en soiree >> a ces formations[36]. Cette evolution limitee est revelatrice des problemes economiques rencontres par des haredim israeliens centres sur l'etude et tres dependants des subventions d'Etat.
Vie de famille
[modifier | modifier le code]Les mariages se font jeunes, en general par l'entremise d'un marieur (Shadkhan), charge de trouver et de proposer le meilleur parti. Avoir un maximum d'enfants est pour les haredim un commandement religieux important : << croissez et multipliez >> (Genese 1:28, 9:1,7). Sauf cas medicaux, les familles ont de 5 a 10 enfants (7 enfants par famille en moyenne en Israel en 2005).
La femme est sous l'autorite de son pere jusqu'au mariage, puis celle de son mari. Ainsi, quand des conflits surviennent entre communautes haredim, ou lors des elections en Israel (voir plus bas), la femme doit suivre la communaute et le parti de son mari, non celui de son pere.
<< La chastete de la femme preoccupe enormement la societe ultra-orthodoxe. Elle doit non seulement cacher ses cheveux, ses bras et ses jambes jusqu'a ses chevilles, mais meme en presence de tiers, le moindre contact physique avec un homme qui n'est pas son mari lui est interdit >>[37],[38]. Selon la loi juive (codifiee dans le Choulhan Aroukh), elle ne doit d'ailleurs jamais se retrouver seule avec un homme autre que son mari (ou son pere, grand-pere, frere, fils, petit-fils, etc). Il est egalement interdit a l'homme de se retrouver seul avec une femme autre que la sienne (ou l'une de ses proches parentes[39]). Dans les annees 1980, des passages pietons separes pour les hommes et les femmes ont ainsi ete crees dans certaines zones haredim, afin d'eviter les frolements involontaires entre hommes et femmes sur les passages les plus frequentes.
Fin 2007, a Jerusalem, ville avec une forte proportion de haredim, une trentaine de bus sont organises autour d'une separation des sexes, les hommes ayant des places reservees a l'avant, et les femmes a l'arriere, tout melange etant prohibe[40].
Ces contraintes limitent fortement les capacites de sorties de la femme haredi, que ce soit pour les loisirs ou le travail.
Dans la majorite des groupes haredim, on a note depuis les annees 1970-1980 une tendance au developpement du travail des femmes (plus important en 2007 et en Israel que le travail des hommes[35]). Les familles nombreuses ont en effet des besoins financiers importants, surtout la ou le mari ne travaille pas, mais se consacre a l'etude des textes sacres (essentiellement en Israel). En 2007, une << enquete montre que les hommes de la communaute ultra-orthodoxe consacrent la plupart de leur temps a l'etude religieuse et ne travaillent pas, la charge de gagner un revenu retombant sur les femmes >>[35]. Ce travail est un facteur limite mais reel de renforcement du poids de la femme haredi[41]. Le travail des femmes est limite par deux facteurs :
- il n'est pas question d'accepter que la femme haredi fasse un travail dans un milieu mixte hommes-femmes, ce qui reduit fortement le nombre de postes accessibles,
- les grossesses frequentes rebutent beaucoup d'employeurs.
Certains haredim (Edah Haredit) considerent une telle evolution vers le travail des femmes comme un grave peche.
Les enfants doivent etre eleves si possible dans des ecoles religieuses specifiques : c'est assez simple en Israel, parfois plus difficile en diaspora, surtout dans les groupes les plus petits. Ce qui encourage d'ailleurs les regroupements en communautes compactes, dotees de leurs propres ecoles.
L'homosexualite ou le concubinage, peches bibliques, sont totalement rejetes.
Statut socio-economique
[modifier | modifier le code]On a vu que les haredim avaient des familles nombreuses, faisaient peu d'etudes << modernes >> susceptibles de deboucher sur des emplois bien remuneres, essayaient (surtout chez les hommes et en Israel[35]) d'eviter un travail remunere pour se consacrer a l'etude religieuse. Ces trois phenomenes impliquent un niveau socio-economique assez defavorise, surtout en Israel. En 2005, les chiffres officiels y indiquent que 21,3 % des haredim vivent en dessous du seuil de pauvrete[1]. Les communautes israeliennes sont donc assez dependantes des fonds educatifs d'Etat, ainsi que des aides sociales de l'Etat Providence, ce qui renforce le role des partis politiques haredim (qui en repartissent certaines ou font pression pour les obtenir), et l'acceptation de fait de l'Etat sioniste, pourvoyeur de fonds.
La croissance demographique rapide des haredim rend de plus en plus difficile le fait de ne compter que sur des fonds d'Etat qui ne sont pas extensibles a l'infini. On note donc une proportion croissante de haredim israeliens de sexe masculin qui occupent un emploi remunere (30 % en 2007[35]). En diaspora, le travail remunere est beaucoup plus repandu (faute de subventions), et les haredim y ont donc generalement un statut socio-economique plus favorable qu'en Israel. Neanmoins, le recensement national americain de 2008 place l'enclave haredi de Kiryas Joel, dans le comte d'Orange (Etat de New York), en tete du pays pour le taux de pauvrete : avec un revenu moyen par foyer de 15 848 $, les deux tiers des habitants vivent sous la limite de pauvrete et le pourcentage de residents recevant une aide alimentaire de l'Etat est de 40 %[42].
Un secteur economique connu pour sa forte presence haredi est celui de la taille des diamants, a Anvers, a New York ou encore a Ramat Gan.
Politique
[modifier | modifier le code]La societe haredi n'est pas fondamentalement interessee par la politique, car la priorite doit aller au religieux. Cependant, pour preserver ses interets, elle a ete amenee a creer des partis religieux (Agoudat Israel, a l'origine, puis le Shas et Degel HaTorah). Agoudat Israel fut d'abord actif en diaspora, mais lui et ses scissions le sont aujourd'hui essentiellement en Israel. Ces partis specifiques, qui epousent les divisions internes au monde haredi israelien, ont une double fonction. D'un point de vue ideologique, il s'agit de pousser des lois contraignantes sur le respect des commandements et en general de defendre une vision religieuse du monde dans la sphere des institutions politiques. D'un point de vue pragmatique, il s'agit de defendre des interets des haredim, en particulier la collecte de fonds d'Etat pour le financement des familles nombreuses et des institutions religieuses. En derniere analyse, il s'agit de permettre a autant d'hommes que possible d'etudier au maximum, en perdant un minimum de temps dans des activites annexes, comme le travail remunere. La politique de reduction des aides sociales menee par le gouvernement israelien depuis 2001 a donc suscite de fortes oppositions : << On ne peut degager Sharon et Netaniahou de leurs responsabilites face a ce desastre social, mais ils n'auraient pas pu concevoir ce programme d'appauvrissement de masse [...] sans l'impulsion et l'appui du parti capitaliste et profiteur de Lapid[43]. Lapid et ses camarades n'ont vise qu'un seul but : reduire le public orthodoxe a l'indigence, ses ecoles a la pauvrete, et ses enfants a la famine[44] >>.
Conformement a Emounat Khakhamim (la foi dans les sages), un des principes fondamentaux du judaisme orthodoxe, chaque parti est gouverne par un << conseil des sages de la Torah >> coopte (et en aucun cas elu). Le premier fut celui de l'Agoudat, et fut cree a Katowice en 1918. Un conseil ne se mele pas de la politique au quotidien, mais definit les grandes orientations de son parti.
En Israel, Agoudat Israel represente surtout les hassidim d'origine europeenne. Degel HaTorah represente surtout le courant << Lituanien >> (mitnagdim) d'origine europeenne (a l'exception des hassidim de Belz, qui soutiennent Degel HaTorah). Enfin, le Shas represente surtout les haredim d'origine orientale (sefarades). Contrairement aux deux premiers partis, il attire aussi un electorat non haredim : des orthodoxes et des traditionalistes sefarades. Mais le parti est sous le strict controle des haredim.
Agudat et Degel sont en general regroupes au sein d'un cartel electoral tres souple le << Judaisme unifie de la Torah >> (Yahadut Hatorah). Celui-ci a cependant connu quelques crises, et a alors temporairement cesse d'etre actif.
Aux elections legislatives israeliennes de 2020, le Shas a obtenu 7,7 % des voix (9 sieges sur 120), et Judaisme unifie de la Torah 6,0 % des voix (7 sieges).
Specificites : synthese
[modifier | modifier le code]Par rapport aux autres Juifs religieux orthodoxes, les haredim ont donc pour specificites :
- le separatisme social (ecoles specifiques, magasins specifiques), geographique (quartiers separes, parfois physiquement fermes pendant le shabbat) et vestimentaire (vetements noirs). Les orthodoxes << modernes >> sont infiniment moins particularistes et n'ont par exemple ni quartiers reserves ni vetements particuliers (a l'exception du port de la kippa et de vetements << modestes >> pour les femmes) ;
- des etudes religieuses extremement poussees. En Israel, les financements d'Etat des yechivot permettaient a une forte proportion de haredim d'etudier le Talmud toute leur vie, sans travail remunere. Aujourd'hui, les dons provenant essentiellement de l'etranger (Etats-Unis, France) financent les yeshivot. En effet, les aides de l'Etat ont considerablement diminue. Les orthodoxes << modernes >> font par contre des etudes seculieres et occupent des emplois dans les secteurs economiques classiques ;
- un rapport au sionisme allant d'une hostilite viscerale (tres minoritaire), ou un simple rejet (minoritaire), a une vision positive (minoritaire), en passant par une neutralite interessee mais critique (majoritaire). Les orthodoxes << modernes >> sont par contre aujourd'hui presque tous favorables au sionisme (ce qui n'etait pas toujours le cas au debut du XXe siecle) ;
- le refus des valeurs de la << modernite >> sociale : mixite homme-femme, democratie, << culte >> de l'Etat, sexualite liberee. Dans ce domaine, les orthodoxes << modernes >> sont plus ouverts, meme si la liberte sexuelle est nettement rejetee ;
- l'hostilite a la science. Pour les Haredim, le Talmud detient la verite et ne saurait etre contredit par une autre source de connaissance. Les sciences sont ainsi souvent consideres par les Haredim comme des menaces envers la foi orthodoxe. Chez les orthodoxes << modernes >>, la connaissance scientifique est plus acceptee, avec diverses tentatives de conciliation avec la foi ;
- En Israel, un statut socio-economique nettement inferieur a celui des orthodoxes << modernes >>.
Divisions du monde haredi
[modifier | modifier le code]Le monde haredi a de fortes specificites. La vision exterieure des << hommes en noir >> est donc souvent celle d'un groupe homogene et compact. Bien que partiellement exacte, cette vision doit etre nuancee : les haredim n'ont pas de direction commune, et sont traverses par de nombreux clivages.
Divisions entre mitnagdim et hassidim
[modifier | modifier le code]Le hassidisme s'est cree en Europe orientale vers le milieu du XVIIIe siecle. Par rapport aux autres haredim, les hassidim insistent particulierement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse, et sont organises en communautes dirigees par un Admor (ou Rebbe) hereditaire.
Des l'origine, nombre de rabbins se sont fortement opposes au hassidisme, d'ou leur nom de Mitnagdim, les << opposants >>. On parle aussi de << Lituaniens >>.
<< Les hassidim [sont] portes vers la mystique fondee sur l'exaltation des emotions religieuses, tandis que les Mitnagdim, majoritairement issus des ecoles talmudiques de Lituanie, pratiquent un judaisme plus austere, plus intellectualise, fonde sur le principe de la casuistique dialectique (pilpoul). Critiquant une orientation hassidique assurant la suprematie de la Kabbale (mystique juive) sur la Halakha, les Mitnagdim leur reprochent notamment une << joie de vivre >>, qu'ils estiment incompatible avec l'etude de la Torah. Enfin, le culte de la personnalite, traditionnel chez les hassidim, a toujours fait craindre aux Lituaniens l'apparition d'un nouveau pseudo-messianisme, rappelant ainsi l'aventure malheureuse du Messie auto-declare, Sabbatai Zevi[45]. >>
Cette hostilite s'est estompee dans la seconde moitie du XIXe siecle face a la montee du sionisme, de l'assimilation ou du socialisme. Mais elle n'a pas disparu. Le grand chef des Mitnagdim jusqu'a sa mort dans les annees 1990, le rav Elazar Shach (ou Chakh) a ete jusqu'a se demander si les hassidim de Loubavitch etaient encore Juifs[46],[47]. Il n'a cependant pas etendu ce questionnement aux autres communautes hassidim.
Les Mitnagdim sont centres sur leurs chefs de yechivot, tandis que les hassidim sont centres sur leurs Admorim ou Rebbe (chefs religieux charismatiques et hereditaires).
Aujourd'hui, cette divergence ne s'exerce pas que dans les instances de pouvoir religieux internes au monde haredi. Elle s'exprime aussi politiquement : les hassidim sont generalement (en Israel) en faveur du parti Agoudat Israel, tandis que les Mitnagdim ashkenazes votent plutot Degel HaTorah (ou Hatora), et les orientaux Shas. Les hassidim hors Israel ont rarement des attaches partidaires.
Divisions entre hassidim
[modifier | modifier le code]Il existe des dizaines de denominations hassidiques. Chacune a son Admor ou Rebbe, et les affrontements sont parfois virulents, meme si les divergences religieuses reelles sont tres faibles. Les hassidim de Belz et ceux de Satmar se sont parfois affrontes en vastes bagarres collectives dans leurs quartiers de Jerusalem et de Brooklyn, du fait de leur divergences sur le sionisme (tolere par les Belz, radicalement rejete par les Satmar), et du fait de la forte opposition entre leurs admorim. Les relations cordiales entre communautes hassidiques sont cependant tres dominantes.
Par contraste, le monde Mitnagdim est plus unifie, reuni autour d'un petit nombre de responsables de grandes yechivot prestigieuses.
Divisions sur le sionisme
[modifier | modifier le code]On peut aujourd'hui compter quatre attitudes face au sionisme :
Une petite minorite, regroupee dans la Edah Haredit (centree autour des hassidim de Satmar) et les Neturei Karta, est violemment antisioniste. Pour elle, le sionisme est toujours une rebellion contre Dieu, et doit donc etre combattu. Le rejet est absolu. Ce rejet amene aussi au refus de l'hebreu moderne, considere comme langue profane. L'hebreu doit rester une langue religieuse. A l'extreme inverse, on compte une petite minorite Haredi Tzioni qui se veulent a la fois haredim et sionistes religieux (generalement assez extremistes d'ailleurs).
L'influent parti Shas, emanation des haredim sefarades, sans etre historiquement Haredi Tzioni, a cependant annonce en 2010 son ralliement officiel au sionisme et sa volonte d'adherer a l'Organisation sioniste mondiale[26].
Le courant dominant est fait d'une reserve importante face au sionisme, ideologie qui, meme dans son versant religieux (incarne entre autres par le Parti National Religieux, une des principales expressions des orthodoxes << modernes >>) implique de placer son esperance dans l'Etat et pas seulement en Dieu. Ce qui est une forme d'idolatrie. Mais l'Etat juif suscite quand meme un certain interet.
Une minorite assez importante de haredim est allee plus loin que cette reserve. On les trouve par exemple chez les hassidim de Loubavitch, dans l'ancien parti Poale Agoudat Israel (aujourd'hui reunifie avec Agoudat Israel). Sans se rallier officiellement au sionisme, ils prennent de fait des positions tres nationalistes. En outre, il est d'usage pour les hassidim de Loubavitch qui ont termine leurs etudes religieuses d'effectuer leurs periodes de reserve dans l'armee israelienne.
Divisions sur la << modernite >>
[modifier | modifier le code]Si la mefiance a l'egard de la << modernite >> fait consensus, le degre de cette mefiance est assez variable.
Les haredim vivant dans les pays hors Israel ont normalement un travail (salarie ou profession liberale), et sont donc contraints par les realites economiques d'accepter un certain degre d'ouverture au monde. Les sociologues ont note que ceux qui emigraient en Israel (on en compte plusieurs dizaines de milliers sur les 30 dernieres annees) avaient parfois des tensions sur ce point avec les haredim israeliens. Les hassidim de Loubavitch, egalement, montrent une certaine ouverture, et ne craignent pas d'apparaitre a la television, tout comme les haredim sefarades du Shas.
Beaucoup de courants haredim israeliens (surtout ashkenazes) sont plus reserves. La modernite technique est acceptee. Mais la television, la mixite restent objets de mefiance ou de refus. Il a quand meme ete note que l'education des jeunes filles s'etait beaucoup developpee dans ces groupes par rapport a la situation du debut du XXe siecle.
Enfin, un troisieme courant, tres minoritaire, rejette largement cette modernite, et considere que les haredim classiques sont devenus trop laxistes. Ces groupes sont surtout ceux de la Edah Haredit. L'education des filles y est par exemple volontairement maintenue a un niveau tres primaire[48].
En conclusion, la mefiance commune face a la modernite (surtout sociale et politique) conduit a des prises de position allant d'assez larges accommodements a une hostilite farouche.
Divisions et convergences entre orientaux et occidentaux
[modifier | modifier le code]Historiquement, l'ultra orthodoxie est ashkenaze. A compter des annees 1950, des Sefarades sont rentres dans le reseau scolaire Agoudat Israel, et on a vu apparaitre des haredim sefarades.
Jusque dans les annees 1980, les ultra-orthodoxes sefarades ne possedaient pas leurs propres institutions religieuses[49]. Selon Florence Heymann, ceux, parmi les Sefarades qui voulaient maintenir un caractere ultra-orthodoxe ou haredi s'etaient donc << transformes en Ashkenazes >>, notamment par l'inscription de leurs enfants dans l'enseignement << lituanien >> (sensibilite ultra-orthodoxe non-hassidique[49]). A partir des annees 1980, sous la direction spirituelle charismatique du rabbin Ovadia Yosef (1920-2013), grand rabbin sefarade d'Israel et grace a l'importance politique du Shas, ils ont cree un systeme d'enseignement parallele a celui des communautes ashkenazes[49]. Cependant, les haredim orientaux restent toujours disperses entre yechivot (ecoles academiques) lituaniennes et yeshivot sefarades[49].
Dans l'affaire de l'ecole Emmanuel revelee par les medias en 2007, un mur separait les eleves d'origines sefarade et ashkenaze. Un code vestimentaire permettait de distinguer les eleves des deux groupes[50]. En , une decision d'un juge de la Cour supreme interdisant la segregation entre eleves ashkenazes et sefarades pratiquee dans l'implantation d'Emmanuel provoque a Jerusalem une manifestation geante de protestation, a laquelle participent plus de 100 000 haredim, qui refusent l'intervention de la justice dans l'organisation interne de l'ecole[51].
<< De nombreuses ecoles ashkenazes ont instaure des quotas qui limitent le nombre d'eleves sepharades qui y sont admis >>[52]. L'auteur cite exclusivement les Beit Yaakov, sans donner de preuve, et parle de leur appartenance a l'Agudath Israel alors qu'elles sont independantes.
Apres un long combat juridique[53], les juifs orientaux ont obtenu en 2017 des mesures legislatives visant a mettre fin a une << discrimination sur une base ethnique >>[54] dans les yeshivot ashkenazes.
Bien que les haredim ashkenazes n'interdisent pas formellement les mariages avec les haredim orientaux, cependant, ils les considerent comme une forme d'humiliation. Ces unions sont jugees acceptables avec une femme ashkenaze handicapee ou d'une famille pauvre[55].
D'un point de vue institutionnel, les haredim sefarades sont restes au sein du reseau scolaire Agoudat Israel jusqu'en 1984. Mais leur mise a l'ecart des centres de pouvoir a provoque la scission du Shas en 1984. Les haredim sefarades ont aujourd'hui leurs propres chefs religieux (Ovadia Yosef puis son fils Yitzhak Yosef), leur parti, et defendent les interets de leur communaute. Mais il n'y a pas non plus de rupture franche, en particulier avec le courant Mitnagdim. Ils sont en effet souvent issus de ses yeshivot. Les divergences entre haredim orientaux et occidentaux ont en effet ete renforcees par celles entre Mitnagdim (lituaniens) et hassidim :
<< S'il est vrai que le Rav Schach [chef des Mitnagdim occidentaux] sembla particulierement soucieux de doter les haredim sefarades d'une reelle representation politique corrigeant ainsi l'inegalite ethnique originelle, il convient de souligner que sa demarche fut egalement dictee par d'autres types de considerations, visant a la fois a asseoir le pouvoir des lituaniens au sein du camp haredi et a optimiser la structuration de celui-ci en vue de conquetes electorales futures. L'opposition entre hassidim et lituaniens fut, par consequent, a l'origine de Shas, reactivee par le Rav Schach mais aussi par le Rav Ovadia Yosef qui, bien que sefarade, etait proche du courant lituanien[56]. >>
Divisions sur les contraintes religieuses
[modifier | modifier le code]A partir de 1977, les partis religieux se sont retrouves dans un role de pivot politique en Israel, et en ont largement use pour renforcer les lois de coercition religieuse (vente de porc, respect du shabbat...). Cette orientation s'explique pour deux raisons :
- Certaines mitzvot ne peuvent pas facilement etre respectees de facon individuelle. C'est le cas de l'interdiction de regarder des images de << stupre >>. Or, celles-ci s'etalent sur les publicites murales ou les couvertures de magazines. D'ou la tentative d'interdire toute femme denudee sur ces supports (en Israel), au moins dans les quartiers haredim.
- Il existe une tradition selon laquelle tout Juif est comptable du comportement des autres, ce qui fonde la punition collective de Dieu, detruisant l'Israel antique pour les manquements de certains. Le << bon comportement >> des autres Juifs (les non-Juifs ne sont pas concernes) interesse donc aussi les haredim.
Certains chefs religieux, comme le Rav Elazar Shach, ont cependant conteste partiellement les tentatives de coercition religieuse en Israel. Pour eux, elles amplifient le conflit avec les Juifs laics, elles n'empechent pas ceux-ci de commettre leurs peches dans le prive, et ne les sauvent donc pas de la punition divine. Enfin, demander a une Knesset comprenant des laics, des marxistes, des Arabes, de se prononcer sur la meilleure facon de suivre la loi religieuse juive n'est tout simplement pas serieux.
Ce debat n'a jamais ete vraiment tranche, mais la tendance a demander un renforcement de la legislation religieuse en Israel est dominante.
Divisions politiques
[modifier | modifier le code]Le parti Agoudat Israel, cree en 1912, est le parti politique historique des haredim, en Israel et dans le monde.
Il a connu une scission, le Poale Agoudat Israel, plus << nationaliste >> et plus << moderniste >>, entre les annees 1920 et la fin des annees 1980. Cette division n'existe plus, mais de nouveaux partis sont apparus.
Ainsi le parti Shas, cree en 1984, exprime les vues des haredim sefarades, mais fait exceptionnel pour un parti haredi, il a aussi reussi a attirer de nombreux electeurs non haredim. Ensuite le parti Degel HaTorah a ete cree en 1988 pour exprimer les vues des haredim Mitnagdim ashkenazes.
Degel HaTorah et l'Agoudat se sont parfois durement affrontes, en particulier lors des elections israeliennes de 1988. Mais ils presentent un front electoral commun a partir des annees 1990 au sein d'une coalition appelee Judaisme unifie de la Torah (Yahadut Hatorah).
L'attitude des haredim vis-a-vis de la politique reste en general assez distante. Participer aux votes n'est pas pour eux une priorite : seule l'etude religieuse l'est. Les attitudes divergent selon les communautes : par exemple les hassidim de Gour sont tres impliques dans l'Agoudat Israel, tandis que les hassidim de Loubavitch restent plus distants. En fait la participation depend largement des instructions donnees par les rabbins de chaque groupe. Quant a la Edah Haredit, elle refuse evidemment toute participation electorale aux institutions de l'Etat << impie >>.
En conclusion, les divisions entre partis sont reelles, mais les fondamentaux restent proches. La competition pour l'attribution des fonds d'Etat aux organes educatifs et religieux des differents groupes est un objectif primordial de ces partis, qui mene parfois a des affrontements politiques.
Les haredim et la violence
[modifier | modifier le code]Les haredim ne pratiquent pas la non-violence, mais ils n'ont pas pour autant de rapport positif a l'armee. La plupart refusent ainsi le service militaire, meme dans l'armee israelienne. Le depute Ben-Shlomo, du Shas, denoncant la mixite qui regne au sein de Tsahal, a ainsi declare en que << si 603 soldats israeliens sont morts durant la guerre du Liban [de 1982], c'est a cause de conduite sexuelle licencieuse des femmes soldats >>[33]. Un bataillon experimental israelien, Netsah Yehouda, a ete cree en 1999 avec pour mission de tenter l'integration de jeunes volontaires ultra-orthodoxes.
Violence entre haredim
[modifier | modifier le code]La violence n'est cependant pas etrangere a la societe haredi. C'est une societe qui se sent en effet agressee en permanence par un monde etranger et hostile. Cela mene a des tensions regulieres avec d'autres haredim ou d'autres Juifs, plus rarement avec des non-Juifs dont les valeurs n'interessent guere les haredim. Ces tensions se traduisent parfois par de la violence.
La multiplicite des communautes hassidim et des yeshivot implique un monde haredi tres divise. Les affrontements, assez rares, y sont parfois brutaux, comme les bagarres entre hassidim de Belz (en) et de Satmar.
On peut aussi rappeler l'agression en 1983 du depute Agoudat Israel Menachem Porush (en) par des hassidim de Gour, egalement Agoudat, qui l'accusaient d'avoir << insulte >> leur Admor. Menachem Porush avait passe plusieurs jours a l'hopital.
La violence peut enfin cibler des kiosques a journaux qui vendent les journaux d'une autre tendance haredi, les biens d'une autre communaute, voire des individus consideres comme ayant une pratique religieuse trop laxiste[57].
Les religieux non haredim peuvent aussi etre vises du fait de leurs pratiques trop << laxistes >>. Ainsi, en , << une famille d'un des quartiers orthodoxe moderne a recu des avertissements et des menaces en raison du televiseur de leur salon, visible d'une artere principale qui bordait un projet de logement ultra-orthodoxe >>[57].
Violence contre d'autres juifs
[modifier | modifier le code]Les violences contre les juifs non haredim ne sont pas rares en Israel : pierres lancees contre les voitures roulant le shabbat, cocktails Molotov contre des cinemas ouvrant le chabbat, intimidation pour faire partir les laics vivant dans les quartiers a dominante haredi, sabotage de fouilles archeologiques (risquant de deranger la sepulture des morts), emeutes contre des autopsies (interdites par la loi juive). En 1986 eut lieu la << guerre des abribus >>, destruction systematique par les haredim des abribus se trouvant dans ou pres de leurs quartiers et affichant des publicites comportant des images << indecentes >>. Dans les annees 1980 est apparu un groupe clandestin haredi israelien appele Keshet (Arc-en-ciel), specialise dans les attaques contre les biens (mais jamais contre les personnes elles-memes) appartenant a des individus ou des groupes consideres comme hostiles aux haredim. On leur doit ainsi de nombreux incendies contre des kiosques a journaux vendant une presse << impie >> dans les quartiers haredim.
Toujours dans le cadre de ces heurts avec des laics, les conduites << indecentes >> ou << incorrectes >> peuvent etre des cibles. Ainsi, << en octobre [2007], cinq hommes ultra-orthodoxes ont agresse une femme et un soldat [...] qui s'etaient assis l'un a cote de l'autre a un arret de bus de Beit Shemesh >>[57], apparemment sans etre maries.
En 2008, la police israelienne a engage des poursuites contre la << garde de la modestie >>, une << bande qui s'est fait connaitre pour ses extorsions, [...] la violence et la surveillance a l'encontre des juifs les moins religieux qu'ils jugent sacrileges >>[58]. Le groupe est ainsi suspecte d'avoir envoye des << mercenaires >> << penetrer dans le domicile d'une femme de Jerusalem et l'avoir battue parce qu'ils la jugeaient immodeste >>, ce que le journal Haaretz estime etre << l'un des signes d'une augmentation de la violence ultra-orthodoxe >>[58].
Plus rarement, des haredim antisionistes peuvent s'en prendre plus ou moins violemment aux symboles de l'Etat sioniste, ou a ceux qui les defendent. Ainsi, lors des ceremonies du soixantieme anniversaire de la creation d'Israel, << un resident de Jerusalem de 60 ans a ete agresse [...] par un groupe important de Haredim dans le quartier de Mea Shearim pour avoir porte un drapeau israelien [...] a indique la police >>. L'homme, pousse a terre pour lui arracher son drapeau, n'a cependant pas ete blesse[59].
La violence verbale n'est pas rare non plus. Les attaques contre les groupes << heterodoxes >> comme les Karaites ou les Samaritains peuvent aller tres loin, parfois avec des accusations fantaisistes (demi-musulmans, ennemis des Juifs...). Les membres des kibboutzim ont aussi ete accuses (rav Elazar Shach) de ne plus etre Juifs. Le depute Shas Shlomo Dayan a declare lors d'un debat a la Knesset le << la presse israelienne et la presse nazie se ressemblent sur plus d'un aspect. Quelles expressions utilisees par cette derniere apparaissent [dans la presse israelienne a propos des haredim] ? "Chantage". N'est ce pas de cela qu'on accusait les Juifs dans la presse allemande ? "Sangsues". Les nazis ne l'ont-ils pas dit des juifs ? Maintenant, c'est la presse israelienne qui l'ecrit >>[60].
L'opposition a l'homosexualite genere en Israel des violences croissantes, liees a la visibilite montante de la communaute homosexuelle. Ainsi, << les haredim s'attaquent a la Marche des fiertes (Gay Pride) internationale. En guise de protestation a la programmation de la parade le a Jerusalem, des centaines de lettres pronant << la mort des Sodomites >> ont ete distribuees dans des boites aux lettres de la ville mardi matin. Ces tracts promettent 20 000 Shekels << a quiconque cause la mort d'une personne de Sodome et Gomorrhe >>. [...] Tout en se degageant de la moindre responsabilite dans cette affaire de tract, la communaute haredi a publie et distribue des tracts officiels [indiquant] << tous ceux qui en ont la possibilite ont l'obligation de faire tout ce qu'ils peuvent pour detruire les portes de l'enfer, quelle que soit la maniere choisie >>[61] >>. En , les manifestations violentes haredim contre une parade homosexuelle a Jerusalem ont fait 860 000 dollars de degats[62]. En 2005, un homosexuel avait ete poignarde par des haredim, en application d'un passage du levitique qui punit de mort l'homosexualite[63]. Mais selon la loi juive, il n'y a qu'un tribunal religieux qui puisse appliquer cette peine ; or de nos jours, il n'y en a plus pour des raisons techniques.
Violence contre les haredim
[modifier | modifier le code]Les haredim suscitent regulierement des reactions hostiles, particulierement en Israel, tant du fait de leur politique de contraintes religieuses que de leurs differences visibles. Ces reactions peuvent aller jusqu'a la violence verbale ou physique. Ainsi, le sculpteur israelien Yigal Tumarkin a ecrit dans les annees 1980 << en les voyant, on comprend la Shoah, on comprend pourquoi les Juifs sont hais. Le primitivisme s'installe [...]. Ces elements de l'obscurite ne cessent de ronger le peuple. Devant ces hommes en noir qui pullulent comme de la vermine, le reve sioniste meurt >>[64].
En , la synagogue de Kiryat Shalom, dans la banlieue de Tel Aviv-Jaffa est incendiee lors de la << guerre des abribus >>. Trois jours plus tard, apres de nouvelles destructions d'abribus par des haredim, une seconde synagogue est incendiee, et des rouleaux de la Torah dechires.
Ces cas extremes d'attaques de Juifs laics contre des haredim restent relativement isoles, mais sont revelateurs d'une tension que la presse israelienne a baptisee le Kulturkampf (la guerre des cultures), du nom d'une campagne anti-catholique lancee par Bismarck en Allemagne au XIXe siecle.
Sans etre un monde particulierement violent, le monde haredi est un monde persuade d'avoir le monopole de la Verite. Cette attitude amene donc des conflits internes et externes assez reguliers, surtout en Israel. En diaspora, on note peu de violences avec les non-Juifs[65], et meme avec des Juifs non haredi.
La croissance demographique du monde haredi
[modifier | modifier le code]Aujourd'hui, en Israel et en diaspora, les haredim sont en croissance demographique assez rapide. Il y avait chez les Juifs israeliens 3 % de haredim declares en 1990, 5 % en 1999[66], 6 % en 2002[1] et 9 % en 2012[67]. Ils representent 25 % des enfants juifs d'Israel en 2006, d'apres le bureau central des statistiques[68].
Selon un rapport du Bureau central des statistiques israelien publie en mai 2017, les Juifs ultra-orthodoxes representaient 11 % de la population totale d'Israel en 2015 ; en 2040, ce chiffre devrait atteindre 20 %, puis 32 % en 2065[69].
D'un point de vue socio-economique, leur refus (relatif) de l'education moderne et leur volonte de privilegier l'etude talmudique sur un travail dans le secteur marchand (surtout s'il est immerge dans le monde des laics) les amenent a des niveaux de vie assez modestes. Cette situation est particulierement forte en Israel, ou les communautes sont fermes sur ces points[1].
Mais malgre cette situation socio-economique, les haredim sont une population d'un grand dynamisme demographique. Les femmes se marient jeunes et ont 5 a 10 enfants (27 % des haredim israeliens declarent vivre dans un logement surpeuple, contre 2 % des juifs laics[1]). De plus, certains orthodoxes glissent vers les pratiques ultra-orthodoxes, et certains Juifs traditionalistes, voire laics font Techouva (repentance) en devenant haredim.
Cette croissance parfois explosive entraine des tensions avec les voisins. En effet, l'objectif des haredim est d'avoir des quartiers homogenes et relativement clos. Quand les haredim s'implantent en nombre dans un nouveau quartier, et c'est un mouvement permanent, ils tendent a y imposer leurs regles. Ainsi, a Jerusalem, << depuis quelques mois [fin 2007], les membres d'une << patrouille de la pudeur >> s'en prennent aussi aux femmes vetues selon eux de facon << provocante >>, qui circulent dans les quartiers habites par les haredim (ultraorthodoxes) du nord de Jerusalem. La boutique de vetements feminins Princesse, rue Mea Shearim, recoit regulierement des visites de la patrouille. << Ils nous demandent de retirer de la vente des robes qu'ils jugent trop courtes, explique le patron. Si on veut faire affaires dans le quartier, il faut se plier aux regles : nos vetements ne doivent rien laisser entrevoir de la peau, mis a part les mains et le visage[40]. >>
Pour eviter de trop nombreux conflits, les autorites israeliennes ont essaye de creer de nouveaux quartiers ou de nouvelles villes pour les haredim, evitant ainsi une trop forte pression sur les quartiers << laics >>. A Jerusalem, de nombreux quartiers de colonisation de Jerusalem Est ont ete crees a leurs benefices. Il a en ete de meme pour Bnei Brak, seconde ville haredi d'Israel, dans la banlieue de Tel Aviv-Jaffa, ou pour l'importante colonie israelienne de Modiin Illit. Les Haredim representent aujourd'hui 25 % de la population des implantations dans les territoires.
Cette croissance demographique et geographique rapide est parfois percue (surtout a Jerusalem, ou les haredim representent presque le tiers de la population juive[70]) comme une invasion par le voisinage. Regulierement, le spectre d'une Jerusalem non sioniste (dominee par les Arabes[71] et les haredim) ressurgit. De fait, en 2003, c'est un haredi, le rabbin Uri Lupolianski, qui a ete elu maire de Jerusalem. Pere de 12 enfants, considere comme un modere, il a cependant tente d'interdire la "Gay Pride" de Jerusalem, mais a ete deboute par la justice.
Perception par les haredim des non haredim
[modifier | modifier le code]Compte tenu de la fragmentation du monde haredi en multiples communautes, une presentation unique est impossible. On peut cependant definir quelques grandes lignes.
- Non-Juifs : la tradition juive orthodoxe indique que chaque peuple definit par lui-meme son rapport a Dieu, mais que les Juifs ont un role special dans les projets de Dieu. Il n'est donc pas question de chercher a convertir les non-Juifs (meme si des conversions sont possibles a leur demande expresse). En definitive, les haredim sont assez indifferents a ce que pensent ou font les non-Juifs. Compte tenu des persecutions passees, on note une certaine mefiance, et parfois une volonte de ne << pas provoquer les nations (goyim) >>.
- Juifs laiques : << les haredim et les Juifs non religieux en Israel constituent aujourd'hui deux nations separees. [...] Cette situation ne pourra etre changee que par la Techouva (repentance) de ceux qui se sont eloignes de la Torah. [...] En presence de Juifs non religieux, nous sommes enclins a nous comporter comme s'ils n'etaient meme pas la >>[72]. L'idee est que le monde des Juifs laiques est dangereux et coupable, et qu'il faut s'en separer par des quartiers reserves. Cependant, les hassidim de Loubavitch pratiquent un proselytisme intense chez les Juifs laics, alors que les autres communautes s'en tiennent plutot a l'ecart.
- Juifs conservateurs (massortim) ou reformes : ces courants, apparus au XIXe siecle et aujourd'hui surtout puissants aux Etats-Unis, remettent partiellement en cause la Halakha (loi religieuse juive orthodoxe). Les haredim les considerent comme Juifs, quoique dangereusement eloignes de l'orthodoxie. Leurs rabbins ne sont pas reconnus, pas plus que leurs conversions. L'Etat d'Israel acceptant les conversions de ces rabbins si elles ont ete effectuees hors d'Israel (mais ne les reconnait pas si elles ont eu lieu en Israel), on a donc des Israeliens reconnus comme Juifs par Israel, mais pas par les ultra-orthodoxes (ni meme par les religieux orthodoxes << modernes >>, d'ailleurs). Un des combats politiques recurrents des partis haredim israeliens et des haredim americains depuis les annees 1980 est ainsi de faire modifier la loi du retour israelienne, pour en exclure ces convertis - tres peu nombreux dans la pratique. L'Etat s'est toujours refuse a une telle reforme, qui serait une declaration de guerre contre le judaisme americain domine par ces courants progressistes.
- Beta Israel (Juifs d'Ethiopie, ou Falasha) : Les haredim relevant du rav Yossef (Shas) les acceptent sans probleme, l'ancien grand rabbin sefarade d'Israel les a reconnus comme Juifs en 1973[73]. Les orthodoxes << modernes >> les reconnaissent aussi comme pleinement Juifs, mais d'autres groupes haredim sont beaucoup plus reticents. Certains ne les acceptent comme pleinement Juifs qu'apres une conversion acceleree par immersion dans un bain rituel (ce que les Beta Israel refusent en general).
- Samaritains et Karaites : Quoique reconnus comme Juifs par Israel[74], du point de vue haredi ce sont des groupes tres heterodoxes, totalement rejetes[75] ; diverses accusations, parfois violentes, fleurissent contre eux : paiens, crypto-musulmans, ennemis des Juifs...
Perceptions des haredim par les autres Juifs
[modifier | modifier le code]- Orthodoxes << modernes >> : la legitimite des haredim est largement acceptee. On note, en particulier en Israel, une tendance a s'inspirer de leurs pratiques plus strictes. Leur refus du sionisme, de l'armee (Tsahal), du travail productif, sont cependant consideres comme excessifs. Mais ils sont aussi consideres comme les gardiens de la tradition.
- Traditionalistes (Juifs avec pratique religieuse partielle) : les haredim sont percus d'une facon assez proche de la perception orthodoxe, avec en general plus de reserves. On note cependant que beaucoup de traditionalistes sefarades votent aujourd'hui Shass, le parti sefarade haredi.
- Laics : Les haredim sont plus mal percus. D'un cote, ils representent une tradition a laquelle beaucoup de Juifs, meme non pratiquants, restent attaches. Mais d'un autre cote, leur croissance demographique fait peur. Leur volonte de renforcer la coercition religieuse (en Israel au moins) est rejetee. Leur refus de faire leur service militaire est considere comme un danger pour Israel[76]. Leur assez large refus du travail, et leur demande de fonds etatiques (toujours en Israel) pour compenser ce refus, sont souvent tres mal percus. On lit parfois des mots comme << parasitisme >>[77] ou << racket >> dans la presse. Le parti Shinoui a ainsi base son succes electoral de 2003 (15 sieges) sur une forte denonciation des lois religieuses contraignantes et des aides financieres aux haredim.
Notes et references
[modifier | modifier le code]- | a b c d et e Selon un sondage realise en et , aupres de 7 616 Israeliens de plus de 20 ans, 8 % de la population juive israelienne serait haredi, 9 % orthodoxe << moderne >>, 39 % traditionaliste et 44 % laic. Ces chiffres seraient de 13 % de haredim et de 52 % de laics chez les juifs israeliens nes en Israel et non a l'etranger. Les religieux liberaux et massortim ne sont guere nombreux en Israel et ne sont pas pris en compte dans cette etude.
Selon une tendance marquee depuis des decennies, le nombre des orthodoxes << modernes >> et des traditionalistes diminue, tandis que celui des haredim et des laics augmente. L'article du Jerusalem Post presentant l'etude de 2004 cite une etude de 2002 : 6 % de haredim et 42 % de laics cette annee-la. Cette polarisation croissante fait craindre a beaucoup d'observateurs une division de plus en plus forte avec le temps de la societe juive israelienne.
Le niveau de vie des haredim est plus faible : 29 % des haredim declarent que leur famille a une voiture, contre 73 % des laics. 27 % des haredim declarent vivre dans des logements surpeuples, contre 2 % des laics.
Sondage rapporte par le Jerusalem Post du 10 avril 2006. - | a b et c Religion et Etat en Israel, Doris Bensimon, 1992, p. 96
- | Religion et Etat en Israel, Doris Bensimon, 1992, p. 103
- | a b et c Eliyahu Meir Klugman, Rabbi Samson Raphael Hirsch : Architect of Judaism for the Modern World, Brooklyn, NY, Artscroll Mesorah, , 428 p. (ISBN 0-89906-632-1)
- | a et b << Familles et dissidences dans l'ultra-orthodoxie israelienne >>, Florence Heymann, article du 12 juillet 2018, revue Theologiques
- | << Democratie et religion en Israel >>, Michel Abitbol, revue Cites 2002/4 (ndeg 12), pages 15 a 32
- | a et b Greilsammer 1991, p. 39.
- | Greilsammer 1991, p. 187.
- | Religion et Etat en Israel, p. 68.
- | Greilsammer 1991, p. 189.
- | Religion et Etat en Israel, Doris Bensimon, 1992, p. 97.
- | Greilsammer 1991, p. 196
- | Greilsammer 1991, p. 210)
- | Religion et Etat en Israel, Doris Bensimon, Editions L'Harmattan, 1992, P.181.
- | a et b [<< https://books.openedition.org/ephe/2180?lang=fr Chapitre 1. Le probleme religieux dans l'histoire du sionisme jusqu'a la creation de l'etat d'Israel >>, Ilan Greilsammer]
- | << Un des traits caracteristiques est notamment l'attitude ultra-conservatrice vis-a-vis de tous les preceptes gerant la pudeur et la modestie, soit le concept hebraique de tsniout. Les regles particulierement strictes concernant le rapport des hommes avec les femmes etrangeres peuvent quelquefois conduire le hassid a porter a l'exterieur des lunettes troublant la vision. La solution a ces limitations semble se trouver dans l'exclusion et l'effacement des femmes de l'espace public, prioritairement dans les quartiers ou les localites ultra-orthodoxes >>, cite dans << Familles et dissidences dans l'ultra-orthodoxie israelienne >>, Florence Heymann, article du 12 juillet 2018, revue Theologiques
- | Site officiel de Kiryas Joel (en).
- | Site de la yechivah de Brunoy.
- | << Qui sont les juifs orthodoxes de Paris? >>, L'Express.fr, (lire en ligne, consulte le ).
- | Voir la formation d'une pensee sioniste religieuse dans la seconde moitie du XIXe siecle, sous l'influence de religieux comme le rav Tzvi Hirsh Kalisher.
- | Greilsammer 1991, p. 33.
- | Greilsammer 1991, p. 32.
- | Greilsammer 1991, p. 46.
- | Greilsammer 1991, p. 55.
- | a et b Greilsammer 1991, p. 56.
- | a b et c Consternation surrounds Shas joining Zionist group, article de HAVIV RETTIG GUR, Jerusalem Post du 28 mai 2010.
- | Les haredim considerent qu'il est interdit d'ecrire tel quel le nom de Dieu, et le deforment donc en Di-u.
- | Selon le programme en francais sur le site des Neturei Karta.
- | Yated Neeman, journal haredi israelien, 13 septembre 2006.
- | Rabbin I. Peretz, dirigeant du parti Shass, au cours de la campagne electorale de 1988 -- cite par Greilsammer 1991.
- | La Croix, 5 septembre 2006.
- | Greilsammer 1991, p. 132.
- | a et b Greilsammer 1991, p. 140.
- | Bitoul Torah est le temps consacre a quelque chose de futile, qui aurait du etre consacre a l'etude de la Torah.
- | a b c d et e << 70% of ultra-Orthodox men, 50% of women do not participate in workforce >>, Haim Bior, Haaretz, 11 novembre 2007.
- | << Les etudiants a long terme dans les yechivas qui sont doues et ont des moyens economiques sont chanceux, mais les etudiants qui, apres une annee, voient que leurs etudes ne vont pas bien, en raison de leurs qualifications ou de leur situation economique, doivent apprendre une profession pour gagner leur vie. Je ne parle pas de devenir riche mais de gagner sa vie, de sorte qu'on ne tombe pas dans l'endettement... On peut se preparer a ceci dans la yeshiva et consacrer quelques heures par semaine en soiree a l'etude d'une profession (Long-term students in yeshivas who are talented and have the economic means are fortunate, but students who after a year see their studies are not going well, whether because of their skills or their economic situation, must learn a profession that earns a living. I'm not talking about getting rich but earning a living, so that one does not fall into debt... One can prepare for this in the yeshiva and devote a few hours a week in the evening to studying a profession) >> Yair Ettinger, Tough times push men out of yeshiva and into work, Haaretz, 23 decembre 2005.
- | Dieu est un baril de poudre, p. 91.
- | Choulkhan Aroukh, traite Even Ezer sur les lois conjugales, chapitre 20, alinea 1 : << Si un homme s'approche d'une femme dont la relation sexuelle lui est interdite, que ce soit par les membres, par une accolade ou par un baiser, et qu'il en ressente un certain plaisir (quel qu'il soit), alors il sera condamne a la flagellation... >>.
- | Choulkhan Aroukh, traite Even Ezer sur les lois conjugales, chapitre 22, alinea 1: << Il est interdit de s'isoler avec une femme dont la relation sexuelle est prohibee, qu'elle soit agee ou jeune fille, car le fait de s'isoler provoque des debordements. Sauf pour les proches parents >>. Alinea 2 : << Si un homme s'isole avec une femme dont l'isolement lui est interdit, qu'elle soit juive ou non juive, le tribunal les condamnera tous les deux a la flagellation >>.
- | a et b << La revolte des juives orthodoxes en Israel >>, Patrick Saint-Paul, 14/10/2007, lefigaro.fr.
- | Greilsammer 1991, p. 133.
- | << Kiryas Joel is the Poorest Place in the Country >>, CrownHeights.Info, 31/01/2009.
- | Tomy Lapid etait a l'apoque le dirigeant du Shinoui, un parti vivement oppose aux haredim.
- | Editorial du Yated Neeman, journal haredi fonde par le rav Shach, du 16 Teveth 2006.
- | [PDF]<< La revanche d'une identite ethno-religieuse en Israel : la percee du parti Shas entre construction identitaire Sefarade-Haredi et dynamiques clientelistes >>, p. 233. These de doctorat de l'Institut d'etudes politiques de Bordeaux IV.
- | A Historian's Polemic Against 'The Madness of False Messianism par Allan Nadler. Voir aussi Toward the Millennium: Messianic Expectations from the Bible to Waco par Peter Schafer, Mark R. Cohen. 1998. p. 404, note 56
- | Yossi Klein Halevi, Summer of the Messiah, The Jerusalem Report, February 14, 2001
- | Greilsammer 1991, p. 134.
- | a b c et d Entretien avec Dr Florence Heymann par Dr Sonia Sarah Lipsyc, << Etre sefarade et quitter le monde ultra-orthodoxe >>, Magazine LVS, , p. 45-47 (lire en ligne).
- | Entretien avec Yaacov Loupo, chercheur a la Fondation de Jerusalem, "Comment les Sefarades sont devenus Ashkenazes et le restent au sein du courant ultra-orthodoxe en Israel", dans le magazine LVS, Dossier special "Etre Sefarade en Israel", p.44, consultable en ligne, http://csuq.org/wp-content/uploads/2015/12/LVS_DEC_2015_Dossier_Special.pdf.
- | Manifestation de plus de cent mille haredim, RFI, 17-06-2010.
- | Yusuf Sarfati, professeur a la Illinois State University, Mobilizing religion in Middel-East Politics, 2014, p.37, "Many of the Agudah schools have been implementing quotas that limit the admission of Sephardi children", consultable en ligne, https://books.google.fr/books?id=KVFtAAAAQBAJ&pg=PA37&lpg=PA37&dq=sephardi+haredim+schools+quotas&source=bl&ots=2mP4s6c-oQ&sig=CcRB1H-jW-pGd74O6Fp1969spHs&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjNq86arqLWAhVCDMAKHbLQA3MQ6AEISDAE#v=onepage&q=sephardi%20haredim%20schools%20quotas&f=false.
- | http://www.jpost.com/National-News/Sephardi-haredim-complain-to-court-about-ghettos-310348.
- | https://www.timesofisrael.com/ministers-move-to-end-anti-sephardi-discrimination-in-ultra-orthodox-schools/.
- | Israel Shahak et Norton Mezvinsky (en), Jewish Fondamentalism in Israel, 1999, "Ashkenazi Haredi Jews have never formally prohibited marriages with pious Jews from other communities. Such marriages, nevertheless, often have been--and still are--considered disgraces. Because of this, the heads of Ashkenazi Haredi yeshivot adopted the custom, still followed, of matching Oriental students, however distinguished in their studies, with either physically handicapped Ashkenazi brides or ones from poor families", chap. 3, "The Two Haredi Groups", consultable en ligne http://eagle.orgfree.com/alabasters_archive/haredi_groups.html.
- | [PDF]<< La revanche d'une identite ethno-religieuse en Israel : la percee du parti Shas entre construction identitaire Sefarade-Haredi et dynamiques clientelistes >>, p. 232. These de doctorat de l'Institut d'etudes politiques de Bordeaux IV.
- | a b et c << U.S. immigrant beaten up in 'pogrom' by ultra-Orthodox gang >>, par Daphna Berman, Haaretz, 21/01/2008.
- | a et b Ultra-Orthodox 'Modesty Guard' suspected of beating Jerusalem woman, Haaretz, dimanche 10 aout 2008.
- | Haredim attack man carrying Israeli flag, 9 mai 2008, ETGAR LEFKOVITS, Jerusalem Post.
- | Cite par Dieu est un baril de poudre, p. 122.
- | Tract haredi anti homosexuels, cite par le journal Yediot Aharonot du 11 juillet 2006.
- | << Police readying for Gay Pride parade as protests continue >>, par Jonathan Lis, Haaretz du 8 novembre 2006.
- | << Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux >>, Levitique 20, verset 13.
- | Cite lors des debats parlementaires de la Knesset, 13 decembre 1988, rapporte par Shalom Cohen dans Dieu est un baril de poudre, p. 117-1188.
- | Il y a des exceptions : le Jerusalem Post, dans son edition du vendredi 7 avril 2006, rapporte que plusieurs centaines de haredim de Brooklyn se sont rassembles autour d'un poste de police, et on brule une voiture de police (l'article parle aussi << d'emeutes >>) pour protester contre l'arrestation de l'un des leurs, une personne agee, qui telephonait en conduisant.
- | Chapitre Religious self-definition, dans A portait of Israel Jewry, une etude du centre Guttman du Israel Democracy Institute, realisee pour The Avi Chai Foundation en 2000. Page 6.
- | Jewish Population in Israel, Jerusalem, Tel Aviv - Yafo and Haifa, Aged 20 and Over, by Religious Identification, 2006-2008 - 2011-2013.
- | (en-US) Judah Ari Gross, << Haredim are fastest-growing population, will be 16% of Israelis by decade's end >>, sur www.timesofisrael.com (consulte le )
- | Sue Surkers, << Avec une population qui va doubler d'ici 30 ans, comment Israel va se loger ? >>, timesofisrael.com, 5 juillet 2019.
- | Les haredim etaient 30 % de la population juive de Jerusalem en 1998 selon une etude du professeur Sergio DellaPergola, de l'Universite hebraique de Jerusalem, citee par Elli Wohlgelernter, << Haredi population in Jerusalem not likely to take over >>, Jerusalem Post du 23 janvier 1998. Article reproduit sur le site du Jewih News Weekly of northern California.
- | En 2005, les Arabes representent 34 % de la population de Jerusalem, et les juifs 66 % selon une etude du Jerusalem Institute for Israel Studies citee par le journal Haaretz du 15 septembre 2006.
- | Citations du journal haredi Yated Neeman du 2 fevrier 1990, rapportee par Ilan Greilsammer.
- | (en) Yair Ettinger, << The Falashmura path to Judaism: Rigorous according to some, ridiculed by others >>, Haaretz, (lire en ligne).
- | Les Samaritains portent sur leur carte d'identite les mentions << Juif >> ou << Juif samaritain >>. Voir Stephen Kaufman, Samaritan Political Identity, these de l'universite de Tel Aviv, 1998.
- | Samaritan Political Identity, Stephen Kaufman, these de l'universite de Tel Aviv, 1998.
- | Elizabeth Sheppard Sellam, << Juifs ultra-orthodoxes en Israel : l'exemption de service militaire face a l'epreuve de la guerre >>, sur The Conversation, (consulte le )
- | Le Jerusalem Post du 31 juillet 2007 parle ainsi de << citoyens destines a une vie de pauvrete et de dependance totale a l'egard des aides sociales [... et de] fardeaux parasitiques >>, ISI LEIBLER, The looming haredi disaster, Jerusalem Post, 31 juillet 2007.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Ilan Greilsammer, Israel, les hommes en noir : essai sur les partis ultra-orthodoxes, Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, , 285 p. (ISBN 2724605926).
- Doris Bensimon, Religion et Etat en Israel, L'Harmattan, 1992, (ISBN 2738415555)
- Shalom Cohen, Dieu est un baril de poudre, Calman-Levy, 1989, reedition le 01/01/1994, (ISBN 2702118267)
- Gershon Weiler, La tentation theocratique, Calman-Levy, , (ISBN 2702119867)
- Josette Alia, Etoile bleue, chapeaux noirs : Israel aujourd'hui, Grasset, , (ISBN 2246569710)
- Yakov Rabkin, Au nom de la Torah - Une histoire de l'opposition juive au sionisme, Presses De L'universite Laval, , (ISBN 2763780245)
- Samia Chouchane, << Servir Dieu ou la nation? Les communautes religieuses d'Israel et la question du service militaire >>, in Servir. Engagement, devouement, asservissement : les ambiguites du lien social, sous la direction de Frederic Molle, Paris, L'Harmattan, Logiques Sociales, 2011, [1].
- Simeon Baumel, Sacred Speakers: Language And Culture Among The Haredim In Israel, Berghahn Books, , (ISBN 1845450620)
Article
[modifier | modifier le code]- Israel : la tentation ultra-orthodoxe, revue L'Histoire, no 224, p. 50-53, , par Jean-Christophe Attias
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Guide des groupes haredis, sur Menora.info. Distingue les differents courants et groupes : Hassidim (Habad, de Gur, de Belz, de Vizhnits, de Satmar, de Braslav) ; Lituaniens (faction de Jerusalem, modernes) ; Haredim sefarades ; Extremistes (Hassidim de Jerusalem, Neturei Karta).
- Le site en francais du mouvement Loubavitch mondial
- Le site en francais d'une institution haredi
- (en) Le site des Neturei Karta, groupe haredi antisioniste
- (en) Le site en anglais du mouvement Loubavitch mondial
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