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Benjamin Franklin

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Benjamin Franklin

Benjamin Franklin en 1767,
par David Martin.
Fonctions
6e president du
Conseil executif supreme de Pennsylvanie
-
(3 ans et 18 jours)
Vice-president Charles Biddle
Thomas Mifflin
Predecesseur John Dickinson
Successeur Thomas Mifflin
1er ambassadeur des Etats-Unis en Suede
-
(6 mois et 6 jours)
Predecesseur Poste cree
Successeur Jonathan Russell
1er ambassadeur des Etats-Unis en France
-
(6 ans, 8 mois et 3 jours)
Predecesseur Poste cree
Successeur Thomas Jefferson
Postmaster General des Etats-Unis[N 1]
-
(1 an, 3 mois et 12 jours)
Predecesseur Poste cree
Successeur Richard Bache
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Boston (baie du Massachusetts, Treize Colonies)
Date de deces (a 84 ans)
Lieu de deces Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis)
Nationalite Americaine
Parti politique Independant
Conjoint Deborah Read
Enfants William Franklin
Francis Folger Franklin
Sarah Franklin Bache
Profession Scientifique
Ecrivain
Journaliste
Personnalite politique


Presidents de Pennsylvanie
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Benjamin Franklin /'bendZ@mIn 'fraengklIn/[1], ne le a Boston et mort le a Philadelphie, est un imprimeur, editeur, ecrivain, naturaliste, humaniste, inventeur, abolitionniste et homme politique americain.

Fils d'un marchand de suif et de chandelles, la vie de Benjamin Franklin est en grande partie caracterisee par la volonte d'aider la communaute. La fondation des premiers sapeurs-pompiers volontaires a Philadelphie, la premiere bibliotheque de pret des Etats-Unis et l'invention du poele a bois a combustion controlee illustrent son ambition d'ameliorer la qualite de vie et l'acces a l'education de ses concitoyens. Avec l'invention du paratonnerre, il parvient a ecarter le danger que representait jusqu'alors la foudre.

A l'age de 42 ans, il se retire du milieu des affaires pour entrer en politique. Il participe a la redaction de la declaration d'independance des Etats-Unis, dont il est un des signataires. Pendant la guerre d'independance, il negocie en France en tant que diplomate non seulement le traite d'alliance avec les Francais, mais aussi le traite de Paris. Delegue de la convention de Philadelphie, il participe a l'elaboration de la Constitution des Etats-Unis.

Son ascension sociale -- rapportee a travers les nombreuses editions de son autobiographie -- restera longtemps un exemple de reussite par le travail et la discipline. Faisant partie des peres fondateurs des Etats-Unis, son portrait figure sur les billets de 100 dollars americains.

Naissance, enfance et adolescence a Boston

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La maison natale de Benjamin Franklin a Boston.

Benjamin Franklin est ne le [2], dans la Milk Street, a Boston. Dernier ne d'une fratrie de dix-sept enfants (au sein d'une famille modeste, marquee par une atmosphere puritaine et conformiste, vivant de la fabrication de chandelles et de savons), il est le fils d'un immigre et colon anglais Josiah Franklin (en).

Sa famille avait prevu qu'il fasse des etudes pastorales et pour le preparer a Harvard, son pere, avec l'appui de son oncle, l'envoya a la South Grammar School[3] a l'age de huit ans. Malgre ses tres bons resultats, son pere fut convaincu qu'il n'avait ni la vocation ni les qualites propres a la vie ecclesiastique[4].

Il est alors envoye jusqu'a l'age de dix ans dans une ecole d'ecriture et d'arithmetique, la George Brownell's English School, ou il acquiert une belle ecriture mais ne brille pas en arithmetique[ref. necessaire].

Le pere, reculant devant le cout d'une scolarisation peut-etre inutile alors que ses grands fils ont tous appris un solide metier manuel, le rappelle a l'age de dix ans pour travailler dans son magasin comme artisan en bougies et savons. Cette activite etant loin de satisfaire le jeune Franklin, son pere lui accorde alors de decouvrir de nombreux metiers : macon, tonnelier, chaudronnier, qui lui permettent d'acquerir toutes sortes de competences qui se reveleront utiles dans ses travaux scientifiques. Ses derniers jeux enfantins sont en outre restes legendaires : Benjamin et quelques compagnons d'aventure nagent dans les etangs et font du canoe sur la riviere non loin de chez lui. Ils construisent des chaussees pierreuses a travers les marais pour s'avancer en des points d'observation ou de havre sans se mouiller. Par grand vent au printemps ou en automne, ils font virevolter leurs cerfs-volants. Benjamin, precurseur d'un kitesurf rudimentaire, utilise meme la propulsion d'un cerf-volant pour franchir plus vite et plus facilement qu'a la simple nage un plan d'eau[ref. necessaire]..

Le jeune Benjamin Franklin reste surtout interesse par les livres, a tel point que dans son Autobiographie, il raconte qu'il << ne se souvient pas n'avoir jamais ete sans savoir lire >>. Cela pousse son pere Josiah, en 1718, a envoyer le jeune Benjamin travailler chez son autre fils James, recemment rentre de Londres et installe comme imprimeur a Boston. Mais James est un patron severe et acariatre, pret a s'emporter en de furieuses coleres. Neanmoins, Benjamin, lorsqu'il n'est pas terrorise, commence reellement a ecrire et a lire. Les rencontres avec les clients de l'imprimerie lui ouvrent discretement les portes de nombreuses bibliotheques, a moins qu'il n'emprunte le soir a la derobee les ouvrages a l'atelier de reliure[ref. necessaire]..

En 1724, James entreprend l'edition d'un journal, le New England Courant sous le pseudonyme de Dame Silence Dogood[5] (litt. << Silence Faitdubien >>). Le personnage du redacteur invente par Benjamin etait une vieille veuve, << sainte-nitouche >>, habitant a la campagne[6]. Sous ce pseudonyme il ecrit plusieurs articles, qu'il glisse sous la porte de l'atelier de son frere chaque nuit. Lequel ignore alors quel est l'auteur de ces articles[ref. necessaire].

Ses textes connaissent immediatement un grand succes aupres du public. Lorsque James est emprisonne pour avoir critique les autorites, pour rappeler la liberte d'expression de la presse, Benjamin publie une citation d'un journal britannique :

<< [...] sans liberte de pensee, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberte du peuple sans liberte d'opinion ; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu'il ne porte pas atteinte a la liberte d'autrui. >>

Pendant la periode d'emprisonnement de son frere, Benjamin Franklin publie seul le New England Courant avant que le titre ne soit interdit. Un subterfuge qui clot precocement l'apprentissage de Benjamin permet a son frere James interdit de publication de continuer a publier le journal sous le seul nom de Benjamin Franklin en evitant la censure. Mais il ne traite pas mieux son cadet qui reste un apprenti insolent a ses yeux, et selon lui, merite d'etre battu.

La redaction d'un nouveau contrat d'apprentissage, cache, est a l'origine d'une terrible dispute avec son frere James. Cela pousse Benjamin Franklin age de 17 ans a vouloir quitter l'entreprise de son frere pour une autre. Mais James repand sur lui de viles mechancetes, apprenti en rupture d'autorite, en avertissant les autres imprimeurs locaux. Josiah Franklin s'efforce de reconcilier ses deux fils. Mais James, desagreable, pousse Benjamin a quitter Boston pour New York. Il n'y trouve pas d'emploi d'ouvrier imprimeur anglophone. Le vieil imprimeur Bradford, desole du desarroi de Benjamin, l'heberge gratuitement. Il indique que sa ville a toujours l'ame en grande partie neerlandaise. L'imprimeur cependant lui recommande d'aller a Philadelphie, car il savait que son fils Andrew Bradford egalement imprimeur y avait une activite plus grande[ref. necessaire].

Tres jeune, Benjamin Franklin comprend que l'ecriture est le meilleur moyen de repandre ses idees ; aussi perfectionne-t-il sa prose souple, non pour le principe mais pour se forger un outil. << Ecris comme les savants, disait-il, et parle comme le vulgaire >>. Il se conforme au conseil donne par la Royal Society en 1667, recommandant << une maniere de parler naturelle, sans fioritures >>[ref. necessaire].

Lorsqu'il quitte New York pour Philadelphie, en Pennsylvanie, terre des quakers pacifistes anti-esclavagistes, son bagage intellectuel etait celui des couches sociales superieures. Mais il avait les vertus puritaines du travail soigne, de l'auto-examen minutieux et du desir de s'ameliorer. Toutes ses vertus se retrouvent dans son Autobiographie, qui se veut aussi un livre a l'usage de son fils. La section la plus connue de ce recit decrit son programme scientifique d'amelioration personnelle. Une liste de treize vertus : temperance, silence, ordre, determination, frugalite, industrie, sincerite, justice, moderation, proprete, tranquillite, chastete et humilite, et qui s'accompagne pour chacune d'une maxime. Pour la temperance par exemple : << Ne mange pas jusqu'a la somnolence. Ne bois pas jusqu'a la griserie. >> Ses ecrits louant l'honnetete, la prudence (envers la chance) et le travail ont ete cites par Max Weber dans L'Ethique protestante et l'Esprit du capitalisme [7].

En 1722, Benjamin Franklin s'affirme vegetarien. Il ecrit sur son carnet les consignes suivantes :

  • << Ne pas manger de viande >> ;
  • << Ne boire que de l'eau >> ;
  • << Ne pas mentir >> ;
  • << Ne pas dire du mal des autres >> ;
  • << Faire de son mieux ce qu'on entreprend >> ;
  • << S'instruire toutes les fois qu'il est possible >>.

L'imprimeur de Philadelphie

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Poor Richard Almanack 1739.

Sans le moindre argent, il s'etablit alors a Philadelphie, ou il trouve une place d'apprenti-imprimeur chez Keimer, grace a l'appui du fils Bradford.

Le hasard veut qu'il rencontre rapidement le gouverneur de la Pennsylvanie, William Keith (en), qui lui adresse force louanges sur la qualite de son travail et lui propose de fonder sa propre imprimerie a Philadelphie. Keith, le prenant sous son patronage, redige une lettre de recommandation pour convaincre le pere de Benjamin Franklin de l'aider financierement. Le retour de Benjamin comme fils prodigue a Boston en 1724 est un echec complet. Le pere refuse l'avance financiere et Benjamin ne parvient pas a se reconcilier avec son demi-frere James. Le gouverneur lui promet alors des lettres de credit pour lui permettre d'acheter le materiel d'imprimerie a Londres en Angleterre[8].

Benjamin Franklin part en Angleterre, mais le gouverneur ne lui fait jamais parvenir les lettres de credits. Le gouverneur etait repute pour ses promesses, qu'il avait pour habitude de ne jamais tenir, ce que Franklin apprit trop tard. Grace a l'appui et l'affection paternelle du vieux marchand quaker Denham, Franklin ne desespere pas. Toujours anime par l'idee de creer sa propre imprimerie, Benjamin Franklin travaille alors dix-huit mois a Londres comme imprimeur chez Samuel Palmer, ou il accumule une petite epargne, surtout en donnant des cours de natation en fin de semaine. Terminant sa formation, il apprend surtout les dernieres techniques en matiere d'impression et s'initie a la science, notamment a la physique et la chimie, l'optique et la mecanique. Franklin se sent bien a Londres, mais le bon Denham qui repart vers l'Amerique lui rappelle de maniere paternelle son premier objectif. Plusieurs rencontres lui permettent de revenir en Amerique en tant que commercant avec un Anglais pour associe.

De retour a Philadelphie, la disparition brutale du bon marchand Denham, qui s'etait associe a son projet, condamne autant son entreprise que son installation par manque de capital suffisant. Elle le force a reprendre une activite d'ouvrier imprimeur a l'imprimerie Keimer dans laquelle il avait deja ete apprenti. Une dispute a propos de son salaire le decide definitivement a fonder sa propre imprimerie. Auparavant, chez Keimer, un ouvrier issu d'une famille fortunee, Meredith, s'associe a parts egales avec lui pour fonder son entreprise. Il lui prete en premier lieu l'argent qui lui faisait defaut afin de faire venir le materiel d'impression d'Angleterre. En attendant, pendant une periode de trois mois il travaille toujours pour son ancien patron et imprime des billets de banque pour la colonie du New Jersey.

Le metier d'imprimeur le met en contact avec les rudes realites de l'entreprise. Modeste, contraint de rembourser ses emprunts, il n'est que le directeur et homme a tout faire alors que Meredith, insouciant, se contente de vivre de ses revenus.

En 1729, il fait l'acquisition de l'imprimerie et du journal d'un concurrent, la Pennsylvania Gazette. Cela lui permet de publier regulierement des chroniques et des editoriaux qui en font bientot le quotidien le plus lu de l'Amerique coloniale.

Pour developper l'economie de Philadelphie il defend l'idee d'y imprimer aussi du papier monnaie de l'Etat de Pennsylvanie, et par la meme occasion en obtient le marche. Ce contrat tres lucratif lui permet de rembourser ses dettes. Il parvient meme a racheter les parts de son partenaire imprimeur, Meredith. Par la meme occasion, il ouvre une boutique vendant du papier, des parchemins et divers autres articles.

Le , il est elu imprimeur officiel du gouvernement de la Pennsylvanie.

Cette meme annee, il accepte d'epouser une veuve, dont le nom de jeune fille est Deborah Read. Ce n'est pas une inconnue. Il s'agit de la fille de la famille de Philadelphie qui l'avait heberge durant les premiers temps apres sa venue de Boston. Avec ce mariage qui lui donne deux enfants, son fils William et sa fille Sally, il conforte sa position sociale.

Parallelement, il se lance dans plusieurs activites sociales et culturelles. Il fonde << la Junte >>, groupe de discussion se reunissant chez lui les vendredis de chaque semaine pour debattre de sujets philosophiques et creer une reelle entraide entre vingt membres et au-dela de se soucier de tous les citoyens. Mais le succes est tel qu'il est contraint d'inciter a la multiplication de ce genre d'association, ne pouvant accueillir chez lui tous ceux qui voudrait y prendre part. Il decide de federer les associations et de leur donner des objectifs communs ou specifiques. Il a l'idee de mettre en commun les livres de tous les membres afin de creer une bibliotheque.

Cela lui donne alors l'idee de fonder la premiere bibliotheque municipale en 1731. La bibliotheque etait accessible a tous contre une modique souscription annuelle. En 1742, la bibliotheque s'enrichit de nouveaux membres et surtout de livres et prend le nom de << Compagnie de la bibliotheque de Philadelphie >>. A cette epoque, la bibliotheque comptait environ 8 000 livres, des instruments et outils de physique, une collection d'objets d'histoire naturelle, ainsi que des collections d'arts et quelques terres autour de Philadelphie. Le modele de la bibliotheque est copie a la grande joie de Benjamin Franklin dans tout l'Etat de Pennsylvanie, et dans les autres colonies. L'idee de rendre accessible les livres au plus grand nombre rejouissait Benjamin Franklin, qui y voyait un moyen de transmettre les ideaux de liberte.

A partir de 1732, il publie un almanach sous le pseudonyme de Richard Saunders (un astrologue britannique) qui devient simplement le bonhomme Richard ou le pauvre Richard. Il continuera a le publier annuellement durant vingt-cinq ans, sous le titre L'Almanach du Bonhomme Richard (Poor Richard's Almanack). Franklin publie sous ce pseudonyme des proverbes, des adages et des conseils. Ils sont choisis et souvent adaptes par ses soins :

  • << Il n'y a pas de petits ennemis >>
  • << Une seule pomme pourrie gate ses voisines du panier >>
  • << Chat gante n'attrape pas de souris >>
  • << L'ecole de l'experience coute cher, mais les sots n'en connaissent pas d'autres >>
  • << Un oeuf aujourd'hui vaut mieux qu'une poule demain >>

Il apprend aussi plusieurs langues etrangeres parmi lesquelles le francais, l'allemand, l'espagnol et l'italien. Cet almanach etait aussi un recueil de maximes et de textes vantant les progres de l'industrie et donnant des conseils economiques. La premiere edition se vend a 10 000 exemplaires.

Franc-maconnerie

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Benjamin Franklin avec ses decors maconniques.

Apres avoir sollicite son entree qui lui est d'abord refusee, il est recu au sein de la loge << Saint-John >> en fevrier 1731. Cette loge a laquelle il reste fidele durant sa vie fonctionne avec une patente recue d'Ecosse et se reunit au << Dragon Vert >>[9]. Le frere McCalla de la loge << Keystone >> trouve le grand livre authentique de la John's Lodge, renfermant des details sur les membres de cet atelier depuis juin 1731 jusqu'en juin 1738. D'apres ce livre, il ressort que Benjamin Franklin fut eleve au troisieme degre dans cette loge le [10]. Cette loge joue un role de loge provinciale et il en devient le second grand surveillant en juin 1732, puis le venerable maitre.

Le , il devient grand-maitre de la Grande Loge de Pennsylvanie qui entretient des relations avec la Grande Loge d'Angleterre ou il siege avec le titre de grand-maitre provincial. Lors de son sejour a Paris, il est affilie a la loge des Neuf Soeurs ou il assiste a l'initiation de Voltaire qui entre dans le temple appuye sur son bras. Il est elu venerable maitre de cette loge le et le reste jusqu'en 1781[9].

L'homme politique

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Ses activites d'imprimeur et d'ecrivain, et surtout d'editeur et d'animateur d'association, permettent a Benjamin Franklin de se lancer en politique. La societe des Amis controle l'espace politique pennsylvanien par des dirigeants intransigeants. Mais Benjamin, animateur d'associations ouvertes, tolerantes et appelant au bien public, possede un grand capital de sympathie aupres de la foule des modestes quakers. Par son sens du concret et de l'utile, Benjamin et ses amis rassemblent toutes les confessions, et meme revent d'unir amicalement les differentes colonies, profondement divisees, irremediablement distantes, fieres de leurs particularismes et haineusement jalouses sur tous les plans economiques, sociaux, religieux et politiques. Pour vouloir accepter de regler les innombrables jonctions de transports et d'echanges, ne faut-il pas avoir cet ideal de fraternite fixe au coeur ?

  • 1736 : nomme secretaire de l'assemblee generale de Pennsylvanie, il est reelu tous les ans avant de devenir representant de la ville de Philadelphie.
  • 1737 : il obtient le titre de maitre des Postes. Cette fonction importante facilite la diffusion de ses journaux et ses idees, et lui permet en outre d'etre en lien avec les autres colonies.
  • 1738 : il met en place la premiere compagnie de pompiers americaine a Philadelphie, la << Union Fire Company >>[11]. Plusieurs compagnies concurrentes se creerent alors a Philadelphie, mais il reussit a les fusionner. Philadelphie ne connait pas de grand incendie durant cette periode. Avec la meme idee, il cree aussi une compagnie d'assurance contre le feu.
  • 1743 : il fonde un club qui est a l'origine de la Societe americaine de Philosophie (American Philosophical Society). La societe edite une revue savante, le Journal of American Philosophical Society.
  • 1744 : alors que l'Assemblee etait incapable de mettre en place un plan pour defendre la colonie des incursions indiennes (les Amerindiens etaient alors allies des Francais), il reussit a creer une association volontaire pour la defense du pays. Le nombre de volontaires s'eleve rapidement a 10 000.
  • 1747 : il est elu, par la ville de Philadelphie, membre de l'Assemblee generale de la province (il batailla souvent contre les proprietaires qui demandaient toujours plus d'avantages tout en refusant les impots).
  • 1748 : Vivant dans l'aisance depuis le succes de ses almanachs, il se retire de la vie professionnelle a la fin de l'annee en cedant son imprimerie. Desormais, l'honorable rentier peut se consacrer a la vie associative et politique pennsylvannienne, tout en maintenant une intense activite de recherche et en gardant ses fonctions officielles au service de la couronne britannique.
  • 1749 : il cree avec ses amis le premier college Academy of Philadelphia aujourd'hui universite de Pennsylvanie. Il est aide financierement en cela par la famille Penn, descendants du fondateur de la ville de Philadelphie, William Penn. Il en devient immediatement le president.
    Le Join, or Die, dessin pronant l'Union des colonies attribue a Benjamin Franklin.
  • 1751 : il est elu membre de l'Assemblee de Pennsylvanie.
  • 1752 (fevrier) : il cree et ouvre le Pennsylvania Hospital a Philadelphie.
  • Le , il est elu Deputy Postmaster General of North America. Cela lui permet d'avoir des contacts avec l'ensemble des 13 colonies. Sa reforme du systeme instaura des liaisons postales hebdomadaires entre Phildadelphie et Boston, ce qui permit de diviser par deux les delais de livraison[12].
  • 1754-1755 : il tente d'unifier les colonies pour se defendre plus efficacement face aux Francais, en prelude a la guerre de Sept Ans qui oppose la Grande-Bretagne et la France, en particulier pour le controle de la vallee de l'Ohio. Au cours de l'hiver 1754-1755, Benjamin Franklin, representant de l'assemblee de Pennsylvanie, s'inquiete de la presence militaire francaise a Fort Duquesne. Au printemps, il s'efforce d'apporter une aide efficace aux troupes du general Edward Braddock. Apres l'ecrasement de celles-ci par les Francais, la defense des frontieres pennsylvaniennes est confiee au colonel Franklin, qui instaure une section d'artillerie, destinee a impressionner les indiens.
  • 1756 : il reforme la police de Philadelphie, en mettant en place un nouveau reglement visant a mieux proteger les citoyens tout en preservant leur vie privee. Il met en place un eclairage public dans les rues de Philadelphie. Il a alors cinquante ans.
  • 1757 : l'assemblee de Philadelphie l'envoie a Londres pour regler les problemes entre les proprietaires terriens (la famille Penn) et le gouvernement.
  • Le , il se voit decerner un doctorat honorifique par l'universite de St Andrews grace a ses travaux en science. Il recevra un honneur similaire de l'universite d'Oxford en 1762. Ainsi, meme s'il n'a recu aucune education universitaire, on le designe desormais souvent << docteur Franklin >>.
  • 1760 : L'assemblee de Pennsylvanie gagne a Londres son long proces contre les proprietaires Penn. Ceux-ci, s'inclinant devant l'autorite royale qui les declare contributeurs, demandent a Benjamin Franklin de veiller a une repartition equitable de l'impot pennsylvannien ainsi qu'a l'etablissement de taxes justes. A l'instar des autres colonies americaines, la politique royale d'exploitation et de controle des ressources y est observee en premiere ligne.
  • 1761 : voyages en Belgique et en Hollande.
  • 1762 : apres une escale a Madere, il est de retour en Pennsylvanie le .
  • 1763 : une grande tournee d'inspection des bureaux de poste est organisee entre juin et novembre 1763 dans le New Jersey, New York et en Nouvelle-Angleterre.
  • Le , il perd son siege a l'assemblee de Pennsylvanie ; il est accuse par ses adversaires d'etre favorable au gouvernement royal, parce qu'il convoiterait le poste de gouverneur.
    Il est nomme agent des colonies a Londres, (soit l'ambassadeur de fait non seulement de la Pennsylvanie, mais aussi du Massachusetts, du New Jersey et de la Georgie). Il est de retour en Angleterre le 9 decembre, ou il accoste a l'ile de Wight. Il reste onze ans a ce poste.
  • 1765 : il demande l'abrogation du Stamp Act.
  • 1767 : lors d'un voyage a Paris entre aout et octobre, il est presente a Louis XV.
  • 1769 : il est elu president de la Societe americaine de philosophie. Nouveau voyage en France.

L'ambassadeur, pere fondateur des Etats-Unis

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D'abord colon britannique convaincu

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Benjamin Franklin se convertit tres tardivement a l'idee des Etats-Unis. Pour l'historien americain Gordon Wood, avant de devenir << the First American >> (<< le premier Americain >>), Franklin est d'abord le dernier colon. Pendant la majeure partie de sa vie, il se considere Britannique et faisant partie d'un Empire. Il ne se reinvente en Americain militant qu'a partir de 1775, quand il a quitte son poste de representant des colonies en Angleterre[13].

Il est longtemps reste convaincu de la superiorite des Britanniques, allant meme jusqu'a denoncer l'arrivee massive d'immigrants allemands en Pennsylvanie. Dans une lettre de 1753, il deplore que parmi ceux qu'il qualifie de << rustres de Palatins >> : << peu de leurs enfants apprennent l'anglais. Ils font venir de nombreux livres d'Allemagne. Bientot ils seront plus nombreux que nous, si bien que tous les avantages dont nous disposons ne suffiront pas a preserver notre langue >>[14]. A l'exception des Saxons, consideres comme les ancetres des Britanniques, Franklin ne considere pas les Allemands comme des << Blancs >>, ni meme les Suedois, les Russes, les Italiens, les Francais ou les Espagnols. << Le nombre de personnes parfaitement blanches dans ce monde est tres faible >>, deplore-t-il dans un essai en 1751[14]. Jusqu'en 1775, Franklin n'a jamais renonce a son reve d'une Amerique peuplee de Britanniques. A la suggestion d'encourager les unions entre Britanniques et Allemands, de son ami Peter Collinson, il repond : << Les femmes allemandes sont generalement si deplaisantes pour l'oeil anglais qu'il faudrait une dot considerable pour inciter un Britannique a accepter un tel mariage >>[14]. Finalement, conscient que l'installation des Allemands est definitive, Franklin devient l'administrateur d'une association caritative qui finance des ecoles anglaises dans les quartiers allemands. Son succes sera toutefois mitige, les immigres se sentant surveilles et menaces[14].

Militant americain ensuite

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La Declaration d'independance.
Signataire de la Declaration d'Independance
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Plaque commemorative de l'independance des Etats-Unis d'Amerique, 56 rue Jacob, Paris 6e

Il rentre de Grande-Bretagne ou il etait representant des colonies, charge d'empecher l'application du Stamp Act. Son accueil est salue puisqu'il a reussi, non sans s'etre fait humilier par le conseil prive du roi apres les troubles du Massachusetts. Il retourne tristement a Philadelphie, ou, apres moult hesitations, il se range parmi les partisans de l'independance, au contraire de son fils William, gouverneur du New Jersey depuis 1762. Il ne peut desavouer la conscience americaine libre. Il condamne cependant le Boston tea party, qu'il considere comme etant un << acte d'injustice violent >>[15]. Malgre sa delicate situation personnelle et familiale, il rejoint le mouvement d'independance. En 1776, il preside la << convention constitutionnelle de Philadelphie >>. Il est membre de la Commission des Cinq, avec notamment Thomas Jefferson, chargee par le Second Congres continental de rediger le texte de la Declaration d'Independance. Il en est un des signataires au cote de representants des Treize Colonies.

Ambassadeur en Europe
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En , Franklin part pour Paris, afin de servir d'ambassadeur officieux des Etats-Unis en France[16], accompagne de Silas Deane, ami et diplomate, et Arthur Lee, diplomate plus jeune qui l'accompagne.

Accompagne de ses deux petits-enfants, il traverse l'Atlantique sur le vaisseau Reprisal malgre les navires militaires britanniques. Il essaie, en plongeant un thermometre dans l'eau, de trouver des indices d'un puissant fleuve maritime chaud qui mene vers les cotes d'Europe selon la croyance des vieux navigateurs. Mais denutri et malade, il voit les cotes de France le . Le lendemain, il debarque a Auray dans le port Saint-Goustan[17]. La delegation americaine gagne Nantes puis Paris par la route. Entre-temps, remis sur pied, Benjamin a lu la description stereotypee que font de lui les journaux, entretenant une attente frenetique. Il garde ses lunettes, le bonnet de fourrure du philosophe americain, son simple baton de marche. Sans epee, sans perruque poudree, l'ambassadeur republicain vetu de maniere simple fait sensation. Le savant qui parle francais avec accent et lenteur, si ce n'est avec difficulte, entreprend avec patience une carriere diplomatique des plus reussies. Il est la pour appeler les Francais a soutenir les Americains dans leur guerre d'independance. Porte aux nues par la communaute scientifique et litteraire parisienne, il est vu comme l'incarnation des valeurs humanistes des Lumieres. A une reunion de l'Academie francaise, Franklin et Voltaire, pourtant tres malade mais attire par la grande celebrite du penseur americain, se lient d'amitie et s'embrassent publiquement. Turgot exprime lui aussi son admiration pour le diplomate.

Cabinet de cire representant Franklin, Voltaire et Rousseau aux Champs-Elysees
(musee de la Revolution francaise).

Il choisit de sejourner dans une grande residence desservie par de nombreux serviteurs a Passy, entretenant une douce amitie avec quelques beautes mesdames Helvetius ou Brillon. Sa vie se partage ainsi entre badinage en francais et rapports scientifiques, entre promenade au bois de la Muette et etudes dans son cabinet avec ses secretaires. Il y invite a diner ses voisins autant que les personnalites les plus en vue du royaume. Entre 1777 et 1785, il loge a l'hotel de Valentinois a Passy[18].

Au ministere des Affaires etrangeres, Benjamin Franklin se rend compte que si les Francais souhaitent prendre leur revanche sur la Grande-Bretagne, et qu'il existe une reelle sympathie envers la cause americaine, le royaume hesite a s'engager tant la situation des rebelles americains est encore vulnerable. Franklin met donc en place un dispositif diplomatique pour parvenir a ses fins : il multiplie les contacts, court-circuite la diplomatie britannique, developpe ses relations avec les hommes politiques francais.

Benjamin Franklin recu par Louis XVI en mars 1778 (gravure allemande de 1784).

Mais les nouvelles de la resistance americaine sont mauvaises. A l'annonce de la prise de Philadelphie par Lord Howe durant l'ete 1777, Benjamin retorque sur un ton poli, pour ne pas perdre la face, en rappelant que sa chere ville n'est pas une modeste bourgade : << C'est plutot Philadelphie qui a pris Howe. >> L'inquietude est pourtant terrible. De plus, le vieillard desormais bien nourri est souvent terrasse par la goutte. Comme les Francais adulent encore plus le representant des perdants, il a coutume de repliquer << ca ira, ca ira >>, une expression qui passe a la mode.

En , apres la nouvelle de la defaite britannique de Saratoga, les trois representants americains parviennent a signer un accord avec la France. Deane et Lee rentrent aux Etats-Unis, laissant Franklin seul ambassadeur a Versailles. La reconnaissance aupres du souverain Louis XVI de la nouvelle Republique est acquise, ainsi que l'alliance militaire et economique necessaire. La mission diplomatique est un succes, mais l'avenir de la Republique reste encore bien incertain.

La meme annee 1778, il devient membre de la loge maconnique des << Neuf Soeurs >>. Il en sera elu venerable l'annee suivante, puis reelu en 1780.

Apres une nouvelle defaite britannique a la bataille de Yorktown en Virginie, il ebauche les premieres negociations de paix avec les representants du pouvoir britannique. Durant l'ete 1782, alors que John Adams et John Jay prennent le chemin de Paris, Franklin redige les grandes lignes du traite qui fera autorite : il reclame l'independance totale, l'acces aux zones de peche des nouveaux territoires, l'evacuation par les forces britanniques des zones occupees et l'etablissement d'une frontiere occidentale sur les rives du Mississippi.

Signataire du traite de Paris (1783)
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En 1783, Adams, Jay et Benjamin Franklin, alors ages de plus de soixante-dix ans, signent pour les Etats-Unis un traite de paix qui garantit l'Independance[19]. Ce traite met fin a la guerre d'independance.

Signataire de la Constitution americaine
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De retour aux Etats-Unis en 1785, sa popularite est a son comble : il est elu de nouveau president de l'Etat de Pennsylvanie pour trois ans. Il participe aussi a la redaction de la Constitution americaine[20]. Il est rapporte de Franklin une citation adressee a Elizabeth Willing Powel sur la nature du nouveau pouvoir politique : A Republic, if you can keep it.

Il devient ainsi le seul << pere fondateur de l'Amerique >> (founding father) a signer les trois documents fondateurs des Etats-Unis : la Declaration d'Independance, le traite de Paris et la Constitution americaine.

L'inventeur et le scientifique

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Les experiences scientifiques de Franklin.

A cote de ses activites d'imprimeur, d'homme politique et de diplomate, Benjamin Franklin conduit apres 1750 un grand nombre d'activites scientifiques dont les resultats participent de sa renommee en Europe.

Le souci des autres citoyens au sein des associations philadelphiennes a permis d'accroitre son attention sur les transports, la securite civile, notamment la lutte contre l'incendie et les catastrophes naturelles. Le pompier benevole Franklin qui porte seau et couverture, a ete etonne par l'embrasement violent qui faisait disparaitre les granges et maisons paysannes touchees par la foudre au voisinage de Philadelphie. L'eau pompee et transportee au seau, les couvertures tendues pour recuperer, sans dommages, bien materiel et personnes piegees aux etages n'etaient d'aucune utilite.

Benjamin Franklin drawing Electricity from the Sky par Benjamin West, (vers 1816).
Maquette de maison en tole pour experimenter les effets de la foudre, musee des Arts et Metiers de Paris.

Il est particulierement celebre pour ses travaux dans le domaine de l'electricite, notamment ses experiences sur l'electricite dans les nuages et son explication de la foudre. En 1750, il redige le protocole d'une experience celebre avec un cerf-volant. Afin de prouver a ses contradicteurs de la Royal Society que les eclairs etaient de simples decharges de nature electrique, il propose de faire voler un cerf-volant dans le passage de nuage orageux. La corde du cerf-volant une fois humidifiee sera mise a distance d'une cle metallique, ainsi devront etre liberees des etincelles. Pour eviter les moqueries et limiter le danger, il decide de conduire l'experience en prive. Elle presente d'evidents risques d'etre fatale aux deux experimentateurs : son fils William tient le cerf-volant pendant que Benjamin, surveillant le ciel traverse de lambeaux de nuages orageux, approche la cle. La conduite d'un cerf-volant peut etre mortelle en cas d'eclair, comme ce fut le cas pour Georg Wilhelm Richmann. Ces recherches suscitent pourtant un grand interet en Europe et des experiences similaires sont menees, notamment par les Francais Jacques de Romas a Nerac (Lot-et-Garonne) et le chevalier de Vivens a Clairac (Lot-et-Garonne) en 1753, mais aussi par Thomas-Francois Dalibard.

Ces recherches conduisent a l'invention du paratonnerre, dont les premiers exemplaires sont installes sur sa maison, sur l'Independence Hall ainsi que sur l'academie de Philadelphie. Aux recherches sur la nature de l'electricite, on doit par exemple des termes aussi courants que << batterie >>, << positif >>, << negatif >>, << charge >>, << condenseur (condensateur) >>, etc.

Il a egalement place lui-meme des paratonnerres ; par exemple, en 1782, Benjamin Franklin a installe un paratonnerre sur la fleche du clocher de l'eglise Saint-Clement d'Arpajon, en France.

La Royal Society lui decerne la medaille Copley en 1753.

Il est aussi un chercheur pionnier dans le domaine de la meteorologie (cloches de Franklin) et meme un des premiers hommes a monter dans une montgolfiere. En effet, au moment du vol de la premiere montgolfiere (1783), sa maison est voisine du terrain d'envol. Il en fit une description dans une correspondance privee, et rencontra meme le marquis d'Arlandes et un frere Montgolfier. L'analyse du vol par ballon a air chaud et a gaz qu'il fit a cette occasion est fascinante de clairvoyance[21].

L'harmonica de verre de B. Franklin dans une edition italienne de ses lettres a Beccaria (Milan, annees 1770).

Au cours de son voyage a Londres, motive par le proces contre la famille Penn, les lenteurs et incessants reports de la procedure juridictionnelle britannique entre 1758 et 1760, lui laisse l'oisivete de frequenter les societes savantes et les universites anglaises. Il peut s'adonner continument a la science experimentale tout en frequentant les cercles de pouvoir londoniens et en multipliant les voyages instructifs jusqu'en 1762. En 1762, il invente le glassharmonica, instrument a clavier compose de verres frottes[22].

Il est aussi l'inventeur des lunettes a double foyer et du poele a bois a combustion controlee, qui porte encore son nom et est en usage repandu a la campagne. Comme Thomas Edison, c'est le cote concret et pratique de la philosophie, de la science et des techniques qui l'interesse. En 1770, il est le premier a cartographier le courant marin du Gulf Stream qui longe le littoral est des Etats-Unis[23].

Mais egalement, il a aussi concu des theories concernant le caractere contagieux du rhume[24].

En 1768, dans un texte intitule A Scheme for a New Alphabet and Reformed Mode of Spelling, il propose une reforme de l'orthographe pour la langue anglaise avec un nouvel alphabet phonetique. Cette invention ne rencontrera pas de succes.

Franklin place toutes ses inventions dans le domaine public et indique clairement dans ses ecrits qu'il s'agissait la d'une volonte deliberee. << ... de meme que nous profitons des avantages que nous apportent les inventions d'autres, nous devrions etre heureux d'avoir l'opportunite de servir les autres au moyen de nos propres inventions ; et nous devrions faire cela gratuitement et avec generosite. >>

Franklin est aussi le premier a proposer une experience permettant de calculer la taille d'une molecule. Il verse une cuillere a cafe d'huile a la surface d'un etang a Clapham, pres de Londres et s'apercoit que la tache d'huile s'etend sur un demi-acre (approximativement 2 000 m2)[25]. Il observe que les vaguelettes provoquees par le vent ne se propageaient pas sur l'huile. Dans un premier temps, il ne saisit pas l'ampleur de cette simple experience mais Lord Rayleigh se rend compte cent ans plus tard en divisant le volume d'huile par la surface d'etalement que l'on trouvait une valeur de l'ordre du nanometre.

Il est en 1784 le premier a evoquer l'idee de decaler les horaires afin d'economiser l'energie[26], idee qui sera sans suite jusqu'au vingtieme siecle et le passage a l'heure d'ete.

Ses dernieres annees

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Texte pour l'abolition de l'esclavage.

Lutte contre l'esclavage

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Article connexe : Esclavage aux Etats-Unis.

Sur la question de l'esclavage, Benjamin Franklin a un positionnement plus pragmatique qu'ideologique : il possede lui-meme des esclaves domestiques, et publie beaucoup d'annonces relatives a la vente et l'achat d'esclaves dans sa gazette de Philadelphie. Toutefois, il finit par etre, dans ses derniers annees, un fervent partisan de son abolition[13].

En 1751, il publie Observations relatives a l'accroissement de l'humanite dans lequel il avance que l'esclavage affaiblit le pays qui le pratique[27]. Il affranchit ensuite ses esclaves en 1772. Il aurait aussi oblige sa fille Sarah a affranchir les siens sous peine d'etre desheritee[13].

De toutes ces activites, il affirmera qu'il prefere que l'on dise de lui << il a eu une vie utile >> plutot que << il est mort tres riche >>[ref. necessaire].

Quelque temps apres 1785, Benjamin Franklin devient le president de la Pennsylvania Abolition Society. La societe lui demande d'amener la question d'esclavage a la Convention constitutionnelle de 1787. Il le fait en 1790[28].

Testament et posterite

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Il meurt a Philadelphie le , a l'age de 84 ans. A l'annonce de sa mort, l'Assemblee nationale constituante francaise de 1789 decrete trois jours de deuil national[29]. Il a souhaite avoir une ceremonie d'enterrement avec le << moins de ceremonie et de depense possible >>.

Dans son premier testament Benjamin Franklin voulut donner une partie de sa fortune (2 000 livres sterling) pour permettre la realisation de travaux afin de rendre navigable le Schuylkill. Cependant, il revise son testament, car cette somme semblait etre bien insuffisante pour realiser les travaux. Finalement, il cede une partie de sa fortune aux villes de Boston et Philadelphie (1 000 livres sterling chacune). Cet argent devait etre prete a des artisans pour permettre leur installation. Il comptait sur les interets (5 %) pour faire augmenter la somme initiale. D'apres ses calculs, au bout de cent ans, la somme devait s'elever a 131 000 livres sterling. Il souhaite alors dans son testament qu'une partie de cette somme (100 000 livres sterling) soit utilisee pour construire des hopitaux, infrastructures, fortifications, ecoles... L'autre partie devant a nouveau etre pretee. Au bout de 200 ans la somme devant s'elever a 4 061 000 PS sera a la disposition du gouvernement de l'Etat.

Pour Philadelphie, il prevoit le meme mecanisme, au bout de cent ans la somme devait servir a construire un aqueduc pour amener de l'eau potable en ville et a rendre comme il le souhaitait initialement le Skuylkil navigable. Par ailleurs, il legue a George Washington son baton de pommier sauvage avec lequel il avait pour habitude de se promener. Ses livres sont quant a eux cedes a differentes institutions et a ses petits-fils.

Ses creances sont donnees a l'hopital de Pennsylvanie, en esperant que les personnes qui lui devaient de l'argent auront l'impression de faire une bonne action en payant leur dette a l'hopital.

Son nom fut attribue au Franklin Institut de Pennsylvanie, l'un des plus vieux et prestigieux organismes associatifs americains devoues a la recherche scientifique.

Dans l'art et la culture

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Tombe de Benjamin Franklin a Philadelphie ; l'epitaphe porte trois citations de George Washington, Victor Riquetti de Mirabeau et Anne Robert Jacques Turgot.

Benjamin Franklin ecrivit son epitaphe (Mock Epitaph) a l'age de vingt-deux ans[30],[31] :

The body of

B. Franklin, Printer
Like the Cover of an Old Book
Its Contents torn Out
And Stript of its Lettering and Gilding
Lies Here, Food for Worms.
But the Work shall not be Lost;
For it will (as he Believ'd) Appear once More
In a New and More Elegant Edition
Revised and Corrected
By the Author.

Le corps de

B. Franklin, imprimeur,
telle la couverture d'un vieux livre
depouillee de ses feuilles,
de son titre et de sa dorure
Repose ici, pature pour les vers.
Mais l'ouvrage ne sera pas perdu
et reparaitra, c'est la foi de Franklin,
dans une nouvelle edition, plus elegante,
revue et corrigee
par l'Auteur.

Cette epitaphe n'a pas ete employee. Sur sa tombe, ne figurent que quelques mots : Benjamin and Deborah Franklin 1790.

Notes et references

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  1. | Il est en fonction avant que le poste ne soit institutionnalise dans la Constitution americaine.
  1. | Prononciation en anglais americain retranscrite selon la norme API.
  2. | Selon le calendrier gregorien. Le 6 janvier, selon le calendrier julien encore en vigueur en Angleterre jusqu'en 1752
  3. | Aujourd'hui, Boston Latin school
  4. | Benjamin Franklin, une vie americaine de W. Isaacson, p. 31
  5. | (en) << Benjamin Franklin - Ken Burns >>, sur Benjamin Franklin / Ken Burns / PBS (consulte le ).
  6. | Benjamin Franklin, Une vie americaine W.Isaacson Pdeg42
  7. | p 46 a p 58, p 67, p 143, p 182 et p 189
  8. | Dans L'aventure coloniale, Daniel Boorstin (Les Americains, Collection Robert Laffont, 1991) decrit les difficultes materielles specifiques des imprimeurs dans les colonies britanniques, a commencer par le manque de caracteres typographiques (dont la fabrication est strictement controlee par le pouvoir britannique), la mediocre qualite du papier et de l'encre d'imprimerie, de meme que le manque de presse (p. 314 et suivantes).
  9. | a et b Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maconnerie, Paris, Presses universitaires de France, , 5e ed. (1re ed. 1986) (ISBN 978-2-13-055094-5 et 2-13-055094-0), << Franklin (Benjamin) >>, p. 476-477.
  10. | "Le Monde maconnique Revue de la Franc-Maconnerie Francaise et Etrangere Vingt sixieme annee - Tome Vingt-Sixieme mai 1884 - avril 1885."
  11. | Les pompiers benevoles aux Etats-Unis, 6 janvier 2012
  12. | (en) Gordon S. Wood, The American Revolution, A History. New York, Modern Library, 2002 (ISBN 0-8129-7041-1), p. 14
  13. | a b et c Marine Jeannin, << Qui etait Benjamin Franklin, un homme des Lumieres americain ? >> [archive], sur geo.fr, (consulte le )
  14. | a b c et d (de) Stefan Hunglinger, << (S+) Deutsche Integrationsverweigerer in den USA um 1750: >>Nur wenige ihrer Kinder lernen Englisch<< >>, Der Spiegel, (ISSN 2195-1349, lire en ligne , consulte le )
  15. | (en-US) E. Conutryman, The American Revolution, Penguin, 1986, p. 73
  16. | (en-US) Gordon S. Wood, The American Revolution, A History, New York, Modern Library, 2002 (ISBN 0-8129-7041-1), p. 82.
  17. | Le quai de la rive gauche de la riviere d'Auray s'appelle encore << quai Franklin >> en sa memoire.
  18. | << Rue Raynouard >>, Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Editions de minuit, septieme edition, 1963, tome 2 (<< L-Z >>), p. 324.
  19. | Texte du traite de Paris.
  20. | Texte de la Constitution des Etats-Unis.
  21. | Le premier voyage aerien raconte par Benjamin Franklin, la Nature
  22. | Melanie Traversier, L'harmonica de verre et miss Davies : essai sur la mecanique du succes au siecle des Lumieres, , 512 p. (ISBN 978-2-02-145145-0 et 2-02-145145-3)
  23. | Bruno Voituriez, Le Gulf Stream, Paris, UNESCO, (ISBN 2-7467-0234-7), p. 19
  24. | Isaacson 2004, p. 2.
  25. | M. A. Van Beek, << Memoire sur la propriete des huiles de calmer les flots, et de rendre la surface de l'eau parfaitement transparente >>, J. Pharm. Chim., vol. 1, no 2, , p. 46-52 (ISSN 0368-3591, lire en ligne)
  26. | (en) << Benjamin Franklin's Essay on Daylight Saving Letter to the Editor of the Journal of Paris, 1784 >> (consulte le )
  27. | Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquite a nos jours, Paris, Le livre de poche, , 319 p. (ISBN 2-253-90593-3), p. 22
  28. | (en) << Benjamin Franklin's Anti-Slavery Petitions to Congress >>, sur National Archives, (consulte le )
  29. | Elise Marienstras, Naomi Wulf, Revoltes et revolutions en Amerique, Atlande, 2005, (ISBN 2350300153), p. 126
  30. | (en) Epitaphe
  31. | (en) site presentant le manuscrit de l'epitaphe

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Bibliographie

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  • Memoires et OEuvres completes en dix volumes.
  • Augustin-Charles Renouard, Franklin : 1706-1790, dans Les bienfaiteurs de l'Humanite : Etudes biographiques, Paris : Librairie Paul Ducrocq, 1878, p. 19-59
  • Andre Maurois, Franklin, la vie d'un optimiste, Librairie Artheme Fayard, Paris, 1946, 80 pages. Dessin H. Simon.
  • Benjamin Franklin. Un Americain a Paris (1776-1785), Paris-Musees, 2007. Catalogue d'une exposition du musee Carnavalet.
  • Jacques Ahrweiler, Benjamin Franklin, premier savant americain, collection savants du monde entier, editions Seghers, Paris, 1965, 190 pages.
  • Axel Poniatowski et Cecile Maisonneuve, Benjamin Franklin, Paris, Le Grand Livre du Mois, , 348 p. (ISBN 978-2-286-04115-1, BNF 41248150)
  • Tugdual de Langlais, L'armateur prefere de Beaumarchais Jean Peltier Dudoyer, de Nantes a l'Isle de France, Ed. Coiffard, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280).
  • (en) Walter Isaacson, Benjamin Franklin : An american life, Simon & Schuster, , 586 p. (ISBN 978 - 0 - 7432 - 5807 - 4)
  • Melanie Traversier, L'harmonica de verre et miss Davies, Paris, Seuil, , 512 p. (ISBN 978-2-02-145145-0)

Dans la fiction

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Articles connexes

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Liens externes

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Bases de donnees et dictionnaires

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v * m
v * m
Signataires de la Constitution des Etats-Unis
v * m
Envoyes Benjamin Franklin, Arthur Lee, Silas Deane (remplace par John Adams en 1778) (1776-1779)
Ministres plenipotentiaires
Envoyes extraordinaires et ministres plenipotentiaires
Ambassadeurs extraordinaires et plenipotentiaires