Janus Dousa
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Bibliothecaire (a partir de ), homme politique, poete, diplomate, historien, ecrivain, traducteur |
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Haut Conseil de Hollande, Zelande et Frise occidentale (a partir de ) Universite de Leyde (a partir de ) |
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Johan van der Does, dit Janus Dousa, seigneur de Noordwijk, ne le a Noordwijk ou il est mort le , est un magistrat, philologue, historien, poete et patriote neerlandais qui a puissamment contribue a l'independance des Provinces-Unies.
Biographie
[modifier | modifier le code]Orphelin de pere et de mere des l'age de cinq ans, Dousa fut d'abord confie a son aieul maternel Frans van Nijenrode et, a la mort de celui-ci, a son oncle Werner van der Does, seigneur de Kattendijke qui, a sa mort sans enfants, l'institua son heritier. Age de dix ans, il commenca ses humanites a Lier, en Brabant. En 1560, il fut rappele en Hollande et confie aux soins de Adriaen de Jonghe, dont l'ecole jouissait a Delft d'une grande consideration. Il fit de rapides progres sous ce maitre. De Delft, Dousa passa a l'universite de Louvain, et deux ans apres il alla etudier le droit a l'universite de Douai. La il devint l'ami de Luc Fruytiers, dit Fruterius, plus age que lui de cinq ans, mais anime de la meme passion pour l'etude. Dousa l'engagea a l'accompagner a Paris, en 1564. En meme temps qu'il se perfectionnait dans le grec, sous Jean Dorat, professeur au college royal, il se lia avec plusieurs Parisiens des plus distingues, tels que le chancelier de l'Hospital, Turnebe, Passerat, Florent Chrestien, Ronsard, Baif, Lambin, etc.
Siege de Leyde
[modifier | modifier le code]De retour en Hollande, Dousa y epousa, en 1565, Elisabeth van Zuylen, dont il eut douze enfants. Ayant herite de la seigneurie de Noordwijk de son pere et de la seigneurie de Kattendijke de son oncle Werner, il retourna dans ses terres en 1566, l'annee de la fureur iconoclaste, alors que les Pays-Bas etaient au seuil d'une nouvelle periode de leur histoire avec la revolte des gueux. Dousa ne parait pas, au premier abord, avoir ete tres desireux de s'engager aux cotes de Guillaume le Taciturne, mais apres choisi son camp, il se jeta corps et ame dans la lutte pour la liberte contre les Espagnols. Dans sa seigneurie, il a adopte une politique moderee de tolerance religieuse, autorisant le catholicisme et le protestantisme. En tant que membre de la noblesse, il rejoignit le Compromis des nobles (1566), la confederation des nobles contre la politique religieuse de Philippe II d'Espagne. En 1570, il est devenu hoogheemraad (inspecteur des digues) et membre des Etats de Hollande, au nom de la noblesse. Lorsque, en 1572, la revolte a officiellement debute avec la premiere reunion independante des Etats-Generaux, Dousa le rejoint. Dans la meme annee, il se montra comme homme public en allant, a la tete d'une ambassade de cinq personnes, en Angleterre, pour interesser la reine Elisabeth au succes du patriotisme hollandais en l'engageant a se declarer en faveur des Hollandais contre les Espagnols. En 1574, la ville de Leyde ayant ete assiegee par les Espagnols, c'est a lui que le commandement en fut confie. Il montra, lors du siege de Leyde une intelligence, une fermete, un courage toujours superieurs aux dangers face aux atrocites de la famine et de la peste reunies aux dissensions intestines tandis que la ruse et la corruption conspiraient contre elle au dehors. A des promesses insidieuses de Francisco de Valdez qui commandait le siege, il repondit un jour par ce vers tire des Distiques de Caton : << Fistula dulce canit, volucrem dum decipit auceps[1]. >> Dousa se servait de colombes dressees pour sa correspondance avec les liberateurs dont il attendait le secours[2]. Bien que n'occupant aucun poste au sein du gouvernement et non forme aux armes, il prit, lorsque le besoin s'en fit sentir, le commandement d'une compagnie de troupes, encourageant par sa propre resolution les regents et les citoyens a prolonger la defense de la ville. Il soutint avec fermete les assauts que les Espagnols livrerent a la ville, les forcant a lever, le , le siege et contribuant, par ses services civils et militaires, a l'affranchissement des Pays-Bas. Cet evenement est a l'origine d'une dette de la ville de Leyde envers Dousa lorsque Guillaume Ier la dedommagea des souffrances qu'elle avait endure lors du siege : les citoyens qui avaient resiste au siege en inondant leurs champs, solliciterent la creation d'une universite, qui fut fondee l'annee suivante. Dousa etait dans le comite de preparation de la fondation de cette universite devenue, par la suite, l'une des plus celebres d'Europe et il en fut le premier curateur, poste qu'il conserva 29 ans. Ses relations avec les savants etrangers servirent a y attirer de tous les cotes les professeurs les plus distingues, dont Joseph Juste Scaliger. Nomme en 1574 conservateur des archives hollandaises, il puisa dans les titres originaux les materiaux d'un important ouvrage historique.
Conservateur des archives hollandaises
[modifier | modifier le code]Lorsque le , Guillaume Ier fut assassine, Dousa, comprenant toute l'etendue de ce revers, fit secretement un voyage en Angleterre pour y chercher, aupres de la reine Elisabeth, un puissant appui a la liberte de sa patrie. Il recut, l'annee suivante, une mission officielle pour le meme objet. Dans le courant de la meme annee, il fut nomme conservateur des archives hollandaises, poste qui le mit a portee de connaitre parfaitement les titres originaux et les sources ou il avait a puiser pour les Annales de la Hollande depuis l'an 898 jusqu'en 1218, qu'il redigea en latin, et sous deux formes : elles parurent en 1599 en vers elegiaques composees de dix livres, qui retracent l'histoire des comtes de Hollande, depuis Thierry Ier, en 898 jusqu'a la comtesse Ada, en 1818, et, deux ans apres, en prose, egalement en dix livres. Dousa n'y a ete que le continuateur de son fils aine Jean Dousa. Ce dernier et le pere ont egalement concouru a la redaction, le premier livre, qui remonte aux temps les plus anciens, est tout entier de la main du fils. Le dixieme descend jusqu'a la mort du comte Florent le Gros, en 1122. Le merite essentiel des travaux de Dousa en histoire hollandaise, est dans la recherche des titres originaux, recherche qui l'a conduit a elaguer un grand nombre de fables, accreditees jusqu'a lui. Il ne trouvait pas la meme sagesse dans son contemporain Pieter Cornelisz. Bockenberg, parvenu au poste d'historiographe de Hollande, que Dousa avait sollicite pour Dominique Baudier. Il se mit alors a le harceler, en vers et en prose, dans ses diatribes ou il passait souvent les bornes de la moderation, peut-etre meme les lois de la justice. Quoi qu'il en puisse etre de ce tort, ainsi que de certains reproches faits a la latinite de Dousa, ses deux ouvrages historiques ajouterent beaucoup a sa renommee litteraire. Les plus eminents erudits de son temps le comblerent d'eloges. De leur cote, les Etats de Hollande lui exprimerent leur satisfaction en lui offrant une chaine d'or.
Conseiller de la cour
[modifier | modifier le code]De 1585 a 1588, le gouvernement du favori d'Elisabeth Ire Robert Dudley, pesa singulierement sur les Pays-Bas, et malgre son penchant avoue pour l'Angleterre, Dousa se conduisit avec beaucoup de mesure pendant ces jours difficiles. Nomme en 1591, conseiller de la cour souveraine de Hollande, il s'etablit a La Haye. Il semble avoir remis, en cette occasion, la gestion de la bibliotheque que Guillaume Ier avait attachee a l'universite de Leyde, et qu'il avait administree jusque-la, entre les mains de son fils aine, dont il eut cependant bientot a deplorer la mort. Inconsolable, il ne put prendre la moindre nourriture pendant trois jours. Tout ce qu'il a ecrit par la suite, est empreint de sa profonde douleur. Trois ans plus tard, il commencait a peine a se remettre de ce deuil que survenait la mort, non moins precoce de son second fils, George. Des douze enfants qu'il avait eus, seuls neuf d'entre eux, sept fils et deux filles, avaient atteint l'age adulte. Tous ses fils ont acquis une reputation d'erudition, particulierement l'aine, qui le preceda malheureusement dans la tombe de huit ans, mais egalement George Dousa, son deuxieme fils, Francois Dousa, son quatrieme fils et Theodore Dousa. Il eprouvait toutefois un chagrin plus poignant encore avec son huitieme fils, Jacques, dont l'inconduite lui empoisonnait la vie : << Vix tanti Janum progenuisse fuit ! >> s'ecrie-t-il avec amertume.
OEuvre
[modifier | modifier le code]Etant alle voir une fille mariee en Frise, il y tomba malade. Ramene de cette province a Noordwijk, il y succomba a sa maladie, affirmant, jusqu'a son dernier soupir, son attachement a la reforme protestante a laquelle il avait adhere, comme la plupart des patriotes neerlandais. Il fut tres regrette. Deux orateurs distingues, Daniel Heinsius et Pierre Bertius, le premier par ordre des curateurs de l'universite de Leyde, prononcerent son oraison funebre. Une medaille, decrite par Gerard van Loon (nl) dans son Histoire numismatique des Pays-Bas, a ete frappee en son honneur. Il fut enterre a la Haye ou Gerlach Jan Doys van der Does, seigneur de Noordwijk, a fait placer en 1792, dans le temple du lieu, un mausolee a la gloire de son illustre aieul. A l'epoque moderne, plusieurs plumes hollandaises l'ont celebre a l'envi. Enfin, en 1810, le professeur Siegenbeek (en), qui a ete le premier professeur de neerlandais a l'universite de Leyde, a prononce dans une solennite academique une Laudatio Jani Dousae, qu'il a publiee en 1812 cum subjunctis annotationibus, Leyde, Vincent Herdingh, 1812, in-8deg. Ceux qui ont connu Dousa, l'ont decrit comme unissant une grande simplicite a beaucoup de grandeur d'ame. Doue dans son interieur de toutes les vertus privees, il etait ferme, loyal, courageux et incorruptible dans les affaires publiques. Se consacrant habituellement a l'histoire et a la philologie, la poesie latine constituait son delassement favori, mis il ne negligeait pas tout a fait la poesie hollandaise, alors a ses debuts. Sa devise etait Dulces ante omnia musce[ref. necessaire], et les nombreuses productions litteraires qu'il a laissees, jointes a celles dont il a soigne ou encourage la publication, prouvent qu'il y etait fidele.
Publications
[modifier | modifier le code]Ouvrages historiques
[modifier | modifier le code]- Bataviae hollandiaeque annales, Leyde, 1601, in-4deg.
- Epistolae apologeticae duae, Leyde, 1593
- Quelques Lettres latines disseminees dans divers recueils.
Ouvrages philologiques
[modifier | modifier le code]- In novam Q. Horatii Flacci editionem commentariolus, Anvers, 1580, in-16.Il y donna un appendix en 1582 ; le tout parut ensemble en 1597, et a ete reuni depuis a l'Horace de Cruquius.
- Praecidanea pro Q. Valerio Catullo, Anvers, 1581, in-16.
- Praecidanea pro Aulo Albio Tibullo, Anvers, 1582, in-16.
- Pro satyrico Petronii Arbilri praecidaneorum libri tres, Leyde, 1582, petit in-16.
- Centurionatus, sive Plautinarum explicationum libri quatuor, Leyde, 1587, in-16.
- Poetae satyrici minores, cum Jani Dousae et C. Barthii commentariis, ed. Boxhorn, Leyde, 1632, in-16.
Jean Dousa fils a ajoute a son edition de Properce, de Catulle et de Tibulle, quelques notes de son pere sur le premier de ces poetes, Leyde, 1592.
Ouvrages poetiques
[modifier | modifier le code]Les diverses editions de ses vers latins sont plus ou moins completes. La premiere est de 1569, a Anvers, in-12; elle contient deux livres d'epigrammes, un d'elegies, deux de satires, un de sylves. Il en a paru une nouvelle edition a Leyde, In novs academia nostra, 1575 ou 1576 ; elle est considerablement enrichie.
- Annales rerum, a primis Hollandiae comitibus per 346 annos gestarum, in unum metricae historiae corpus libris decem redacti. Epodon ex puris iambis libri duo, Leyde, 1584.
- Odarum britannicarum liber, ad Elizabetham reginam, Francois Ravlenghien, Leyde, 1586.
- Echo, sive lusus imaginis jocosae, Leyde, 1603, in-4deg.
- Manes Dousiani, 2 livres.Il s'agit de complaintes de la tendresse paternelle. Le recueil que Scriverius a publie a Leyde, en 1609, sous le titre de Jani Dousae poemata pleraque selceta, outre qu'il est fort incomplet, laisse beaucoup a desirer pour le choix. Dousa possedait a un haut degre le talent de la poesie latine, bien qu'il manque parfois de clarte et de gout.
En collaboration
[modifier | modifier le code]- L'Ancienne chronique rimee hollandaise de l'ecrivain neerlandais du XIIIe siecle Melis Stoke. Dousa la publia, avec Henri Spiegel, a Amsterdam, en 1591, petit in-fdeg.Cette edition a presque entierement ete brulee.
- Inscriptions recueillies en Italie, par Martin Smetius.Les hasards de la guerre en avaient fait tomber le manuscrit entre les mains d'un Anglais qui l'avait emporte chez lui. Les curateurs de l'universite de Leyde le racheterent, et Juste Lipse le publia a Leyde, en 1584, in-fdeg.
- Lucae Fruterii, Brugensis, librorum qui recuperari potuerunt reliquiae, Anvers, 1584 ; Leyde, 1585, in-12.Cette publication lui fit un ennemi mortel d'Hubert van Giffen, qui, en retenant les manuscrits du philologue belge Lucas Fruytiers, realisait la fable du geai se parant des plumes du paon.
Notes et references
[modifier | modifier le code]- | << La flute chante doucement tandis que l'oiseleur trompe l'oiseau. >>
- | Il a exprime, dans sa poesie, sa reconnaissance pour ces oiseaux.
Sources
[modifier | modifier le code]- << Janus Dousa >>, dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabetique de la vie publique et privee de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et litterateurs francais ou etrangers, 2e edition, 1843-1865 [detail de l'edition]
- Jean Jacques Altmeyer, Les precurseurs de la reforme aux Pays-Bas, t. 2, W.-P. Van Stockum & fils, , p. 242.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Historien neerlandais
- Poete neerlandais du XVIe siecle
- Poete neerlandais du XVIIe siecle
- Bibliothecaire neerlandais
- Ecrivain neerlandais de langue latine
- Personnalite de la guerre de Quatre-Vingts Ans
- Etudiant de l'universite de Douai
- Etudiant de l'universite de Louvain (1425-1797)
- Naissance a Noordwijk
- Naissance en decembre 1545
- Mort de la peste
- Deces en octobre 1604
- Deces a Noordwijk
- Deces a 58 ans